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La Tortue Rouge

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 29 juin 2016
 
Réalisateur: Michael Dudok de Wit
 
Nationalité: français, belge
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.5
8.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Il fallait un univers vraiment à part pour que Ghibli produisent pour la première fois un artistes européen ! Une fable/ parabole qui vous emporte loin de vos soucis...

C'est un peu faible...


Le rythme est étrange, très lent pour certains. A moins que l'important soit ailleurs...


0
Posté le 24 septembre 2016 par

 
Chronique
 
 

tortueAffiche

E

n deux courts métrages, Le moine et le poisson, César 1996 nommé à l’Oscar puis Father and daughter, oscarisé en 2001, Michael Dudok de Wit s’est fait une place bien à part dans l’univers de l’animation. Celle d’un esthète de l’épure, doté d’une capacité bien particulière à suspendre le temps. Un talent de conteur si fascinant que c’est le studio Ghibli, le temple de l’animation nippone, qui a approché le réalisateur pour coproduire, avec les Français de Wild Bunch et Why Not Productions, son premier long métrage. Un développement effectué dans des conditions spécifiques, équipe japonaise et française mettant en avant le respect et l’intégrité de l’auteur face à son œuvre. C’est donc à la tête d’une équipe réduite, et après deux années de développement, et seulement 651 plans ciselés dans le moindre détail, que De Witt livre son premier long, bien loin de la logique qui mène les grands studios. Et le résultat ne déçoit pas. Seul face à une nature aussi belle que cruelle, un homme survit et trouve la ressource de poursuivre son histoire grâce à une Tortue Rouge, magique messager du destin. D’une survivance à la Robinson Crusoé, notre naufragé nous emporte vers une fable philosophique racontée avec une grâce esthétique bouleversante, et cela sans jamais prononcer le moindre mot. Une magie universelle, jouant tout en nuance sur la rigueur d’une animation méticuleuse, la maîtrise des lumières et des couleurs, et cette notion étonnement zen du temps. Un monde à part qui revient à l’essence du conte, porté par la musique de Laurent Perez del Mar. Même s’il tempère l’importance de son rôle, l’immense Isao Takahata apparaît comme directeur artistique au générique. Et il ne fait aucun doute que la maison de Totoro est une influence marquante sur le développement de ce film. Cette collaboration exceptionnelle, nourrie d’un grand respect mutuel, donne matière à un film d’auteur qui n’a rien d’une copie d’animation japonaise. En revanche, on retrouve la prédominance de la nature, le sens de la parabole, et une aventure esthétique et narrative où tout est dans l’interprétation et le ressentit. La tortue rouge nous emporte dans une bulle en dehors du temps, un voyage dont la beauté agit comme un charme mystique et nous invite à la réflexion avec une admirable économie d’artifices. Une audace artistique que Pixar ou Bluesky, en dépit de leurs incroyables talents, seraient probablement incapables de concevoir sous cette forme. Un film comme une grande respiration…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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