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La tribu des fourmis

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 6 mai 2015
 
Réalisateur: Huilong Yang
 
Acteur: Kailin Tang, Shu Yao, Daotie Wang, Yin Shanshan
 
Nationalité: Chinois
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.8
6.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Une plongée dans la survie des oubliés de la réussite chinoise aussi pertinente qu'inattendue

C'est un peu faible...


Quelque longueurs et juste un flash-back final superflu


0
Posté le 5 mai 2015 par

 
Chronique
 
 

tribufourmisafficheDiplômés et sans emploi, trois jeunes gens cherchent leur place dans le ghetto des banlieues de Beijing… Doté d’un vrai sens de l’image, le récit nous emmène au cœur des banlieues-dortoirs, saisissant l’espoir des « fourmis », ces générations sacrifiées sur l’autel de la Chine nouvelle. Une belle découverte et un témoignage précieux.

I

ls sont trois amis, deux garçons et une fille entre 20 et 30 ans, cultivés et courageux, diplômés mais sans travail à la mesure de leurs capacités. Se repassant petits boulots et combines, ils vivotent dans l’immense ghetto de Tang Jia Ling, « village » insalubre reculant toujours plus devant la mégapole de Beijing. Avec des prix qui flambent, la menace de la mafia locale, trouver à se loger est un vrai défi. Mais sans commune mesure avec leur plus grande bataille : ne pas perdre leurs rêves… La tribu des fourmis est une chance rare. En suivant le destin de ces trois jeunes amis, nous nous glissons dans l’envers du décor de la métamorphose chinoise. Avec une démarche de documentaire, mais reposant sur une vision esthétique solide, ce premier film nous dévoile une réalité rarement montrée, ou même évoquée. La tribu des fourmis, c’est cet immense réservoir d‘espoir que sont les ghettos autour de grandes villes comme Beijing, la « capitale de tous les désirs ». C’est dans ces banlieues insalubres, à la merci des corruptions en tout genre, que se débattent des générations entières de jeunes diplômés, qui ne trouvent pas de métier à la hauteur de leur qualification et se retrouvent à vivre dans l’incertitude et la précarité. Mais s’accrochant malgré tout à l’espoir de trouver enfin leur bonheur.

Joliment servie par de jeunes acteurs sincères, cette chronique du quotidien sait évoquer toutes les facettes de cette survie sans s’abandonner au misérabilisme, sans jamais oublier ce qui les fait tous tenir. Une vision de l’intérieur, livrée par un jeune réalisateur qui en connait toutes les douleurs. Cette angoisse perpétuelle, ces humiliations, Huilong Yang les a vécus dans les ruelles de Tang Jia Ling, au nord-ouest de Beijing. Et si son film a été tourné dans le ghetto de Xi Sihuan, dans la banlieue ouest, c’est le même décor, que l’on retrouve partout autour des grandes villes. Le réalisateur précise que toutes les scènes présentes dans le film reflètent des scènes dont il a été témoin, qu’il a vécu. « Montrer la réalité est ma priorité ». Et cette exigence et ce courage – Huilong Yang a sacrifié tout ce qu’il possède pour financer son film- habitent toute son entreprise. Sans besoin de dramatiser à outrance, son film est juste et raconte, dénonce aussi, mais surtout replace l’espoir et la force de caractère au centre de combat de tous les jours. Avec une liberté de ton et une tendresse pour ses antihéros qui ajoute à la vérité de sa peinture. Une découverte conseillée.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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