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La vie des gens

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 4 mars 2015
 
Réalisateur: Olivier Ducray
 
Nationalité: Français
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un sujet très dur, traité avec autant de tendresse que de lucidité

C'est un peu faible...


Il est toujours désagréable de contempler ce que l’on s’efforce de ne pas voir…


0
Posté le 4 mars 2015 par

 
Chronique
 
 

D’un 31 décembre à l’autre, une caméra discrète suit une infirmière à domicile qui se consacre avec une motivation pétillante à des personnes âgées souvent seules. Un regard sans détour sur la vieillesse, mais chargé d’amour, et qui aborde les questions essentielles de la dépendance, de la fin de vie. Un doc qui va droit au cœur.

Q

uand la fête est finie, au petit matin d’un 1er janvier, une trottinette file d’une solitude à une autre au travers des rues de Lyon. Infirmière à domicile dotée d’une énergie inépuisable, Françoise fait sa tournée du matin. Une tournée qui finit souvent à 16 h de l’après-midi, parce que cette passionnée d’humanité envisage son métier comme celui d’un paysan qui ne compte pas ses heures : soigner surtout, mais prendre son temps avec chacun. C’est « l’étoile filante » comme l’appelle l’une de ses habituées. Une bourrasque qui est attendue, familière dans le plus pétillant sens du terme, et qui passe ainsi d’une intimité à une autre en l’éclairant un peu, allégeant pour quelques minutes les amertumes et les douleurs, secouant au besoin. Une vocation avec une bataille à mener: réussir la vieillesse des gens. La clef pour Françoise est claire : rester chez soi tant que l’on a sa tête. « Quand ils meurent chez eux, c’est un beau cadeau » dit-elle. Mary Poppins à roulette, Françoise file de l’un à l’autre, et en voit souvent qui « démissionnent de la vie ». Pour autant, pas question de détourner les yeux : surtout ne jamais tricher, tourner le dos à la mort qui plane. Et continuer de profiter des petits instants.

Dans la même phrase, dire du fond du cœur que l’on en a marre de vivre, puis éclater de rire. Voilà ce qui ressemble à une petite victoire pour Françoise. Et c’est le point fort du film. Il n’y a pas de recette miracle, d’issue magique à la vieillesse. Juste un lien à entretenir, un respect à conserver, une dignité à partager aussi longtemps que possible. La longévité décuplée fait du « grand âge » une donnée majeure de nos sociétés, une évolution dont la mesure n’est pas encore prise. A sa façon, la vie des gens replace avec simplicité les enjeux, les faits. Inspirée par cette infirmière épatante, la caméra de Olivier Ducray filme la vieillesse avec tendresse, s’attachant aux détails. Mais elle le fait bien en face, sans chercher les larmes comme ces fontaines artificielles d’émotion qui encombrent nos petits écrans, sans les fausses hypocrisies des bons sentiments confortables. Il le fait avec lucidité, humour, douceur. Et une tendresse énorme qui transpire de chaque image, parce que cette vieillesse est intime à nos familles, et est aussi une promesse à prendre à la première personne. Témoignage aussi sincère que simple, illustration poignante mais économe en formules toutes faites, La vie des gens est un message d’amour que se partagent les personnes âgées et leurs infirmières. Un film à l’image de sa très belle affiche. Et si une larme vous vient par inadvertance, au moins, elle sera de qualité.

Informations supplémentaires et un margouillat ému

LaviedesgensAffiche
L’avis du margouillat : 
 Faut vieillir un petit peu. Mais pas trop… » Entre les paroles souvent très fortes des « anciens », et l’énergie magnifique de Françoise l’infirmière, La vie des gens nous emmène à la frontière de la vie, sans manière, sans moralisme. Une réalité toute nue qui touche avec une précieuse retenue.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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