Nos actus
 

L’aube rouge

 
L aube rouge
L aube rouge
L aube rouge

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Dan Bradley
 
Acteur: Chris Hemsworth, Josh Peck, Adrianne Palicki, Josh Hutcherson, Isabel Lucas, Jeffrey Dean Morgan
 
Nationalité: Américaine
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.5


 
Scénario
2.0


 
Musique
5.5


 
Emotion
2.0


 
Notre note
4.3
4.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Honnêtement mené, le film d'action se suit sans ennui, porté par des acteurs qui ont depuis fait leur chemin.

C'est un peu faible...


On est très loin de l'impact de la version originale, signe des temps et des bouleversements politiques.


Posté le 2 septembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Remake sympathique bien que d’un intérêt relatif d’un film culte aux USA, cette sage adaptation se voit avant tout pour ses scènes d’action et son casting. Et peut-être pour ce qu’il révèle sur l’état d’esprit de l’Amérique d’aujourd’hui…

M

ilitaire en permission dans sa famille à Spokane, Jed assiste au match de son petit frère. Indiscipliné, Matt est une tête brûlée qui n’accepte pas les remarques de son grand frère, dont il n’a toujours pas excusé le départ à la mort de leur mère. Jed se console en retrouvant son père, le shérif de la ville, et croise par hasard la belle Toni qu’il a connu au lycée. Mais il n’a guère le temps d’en profiter. Les deux frères sont réveillés au petit matin par un vacarme inhabituel : le ciel est obscurci d’avions d’où sautent des grappes de parachutistes. C’est impossible, ça n’a pas de sens, mais Jed comprend vite qu’ils sont envahis par une armée parfaitement organisée. Retrouvant leur père au milieu de ce chaos, Jed et Matt respectent son ordre et s’enfuient vers les montagnes, emportant avec eux tout ceux qui ont le temps de sauter dans leur camionnette. Gagnant la cabane de chasse familiale, les jeunes gens réalisent que tout le territoire des États-Unis est en cours d’invasion…

Pour saisir l’importance de ce remake, il faut parler de l’original. Sorti en 1984, en pleine guerre froide, L’aube rouge imaginait une invasion Russe de l’Amérique, une troisième guerre mondiale vécue par de jeunes américains isolés s’organisant pour résister. Un film qui bénéficiait de solides atouts. D’après une histoire de Kevin Reynolds, le futur réalisateur de Robin des bois, le scénario était signé et réalisé par John Milius, scénariste de Apocalypse Now, Conan le Barbare et Jeremiah Johnson. Réunissant un jeune casting très attrayant – Patrick Swayze, Thomas C Howell et un inconnu, Charlie Sheen – il était aussi efficace dans l’action que par son message. Car le film ne cachait pas les opinions conservatrices de son réalisateur, militariste convaincu et grand collectionneur de flingues. Décrochant une interdiction aux plus jeunes en raison d’un nombre de scènes de violence lui valant d’apparaître au Livre des Records, le film reflétait l’angoisse et la paranoïa d’un pays. Le succès fut énorme et le film devint culte, volontiers accaparé par les courants politiques les plus extrêmes comme objet de propagande patriotique. Au-delà de son indiscutable succès commercial, faire un remake de L’aube rouge n’est donc pas anodin…

 Comme si du côté d’Hollywood et d’un certain imaginaire collectif, on souffrait de la nostalgie d’un passé où le mal était identifié, revendiqué, diabolisé, et instrumentalisé à loisir

Pris dans les soucis d’argent de la MGM, ce remake est un miraculé : tourné en 2009, il n’a été montré au public qu’à partir de 2012. Ce qui nous permet de découvrir un casting de talents prometteurs… qui pour certains ont depuis fait leur chemin ! Le futur Thor, Chris Hemsworth, fait un excellent Jed, Adrianne Palicki et Josh Hutcherson sont convaincants. On regrettera en revanche que Josh Peck en face vraiment trop… Misant tout sur l’action, c’est le premier film d’un réalisateur pas du tout novice : cascadeur de formation, Dan Bradley est un réalisateur de seconde équipe réputé, qui a officié pour Quantum of Solace, Spider man 3 et les Jason Bourne. L’action est donc de bonne tenue et l’ensemble agréable. Reste la motivation de ce remake. Avec des héros surtout concernés par les liens de la famille et les affaires de cœur, l’ensemble est nettement moins militariste et nationaliste qu’on ne le craignait. Une Aube qui peut cette fois compter sur une armurerie richement achalandée, l’action ne se situant plus dans la nature, mais dans une ville bénie par la NRA. Et quelle ville : c’est à Detroit, la ville en faillite, que le tournage a trouvé l’espace idéal pour ses belles explosions. Tout un symbole. Et que dire du méchant ! Pour des raisons commerciales, le vilain envahisseur chinois, redevenu gentil spectateur, a laissé au dernier moment son rôle à une armée nord-coréenne jamais clairement identifiée à l’image. Un envahisseur rigoureux à l’efficacité de robot, mais sans débordement de sadisme particulier. Et la présence d’anciens des commandos soviétiques n’y fait rien. Bien que secouée de renvois nationalistes, la Russie n’est plus l’URSS, et la dernière quête du mal a laissé un goût amer au gendarme du monde. La haine n’y est plus, l’ennemi non plus, et l’étendard patriotique a laissé place à un gentil film d’action. On ne s’en plaindra pas, mais nos jeunes héros s’en trouvent curieusement désemparés, orphelin d’un confortable manichéisme. Comme si du côté d’Hollywood et d’un certain imaginaire collectif, on souffrait de la nostalgie d’un passé où le mal était identifié, revendiqué, diabolisé, et instrumentalisé à loisir. Du coup, on la voit drôlement moins rouge cette Aube.

Informations supplémentaire et l’avis du Margouillat

L'aube rouge L’avis du Margouillat :  La Corée du nord est bien utile pour incarner la menace, mais les enjeux apparaissent bien transparents…

Site : http://www.reddawnmovienews.com/

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...