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Le conte de la princesse Kaguya

 
Kaguya
Kaguya
Kaguya

 
Fiche Technique
 

Millésime: 25 juin 2014
 
Réalisateur: Isao Takahata
 
Nationalité: Japonaise
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.5
8.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Takahata est un maitre. Sa vision d’un conte classique s’impose immédiatement comme un classique de l’animation

C'est un peu faible...


à condition de ne pas être allergique à l’animation à son plus haut niveau, rien de négatif !


0
Posté le 25 juin 2014 par

 
Chronique
 
 

Il fallait un maître de l’animation pour donner vie à la princesse Kaguya, héroïne d’un conte fondateur de la littérature japonaise. Puriste et lyrique, Isao Takahata fait la démonstration de son savoir-faire et de son talent. Un vrai bijou.

U

n vieux couple de paysans recueille un bébé découvert dans un bambou. Le bébé grandit très vite et devient une belle jeune fille, auquel l’humble coupeur de bambou promet un avenir de princesse… Isao Takahata est intimement lié à l’avènement du long métrage d’animation japonais. Avant même de devenir l’alter ego de Hayao Miyazaki et de fonder avec lui les studios Ghibli, Takahata aura signé des films majeurs comme Horus, prince du soleil en 1968, Kié la petite peste et Goshu le violoncelliste en 1981. Une maitrise narrative qui s’imposera avec l’absolu chef-d’œuvre qu’est Le tombeau des lucioles. À la différence de son vieux complice, Takahata ne dessine pas. Lorsque Miyazaki explore avec expertise son talent et son univers personnel, Takahata s’efface derrière le récit et la technique narrative qui de son point de vue convient le mieux. C’est ainsi que, esthétiquement libre, Takahata ne cesse de renouveler son art, s’imposant comme un conteur absolu. 14 ans après l’étonnant Mes voisins les Yamada, Takahata revient à la réalisation d’un long métrage en adaptant une œuvre fondatrice de la littérature Japonaise, Le conte du coupeur de bambou. Et pour illustrer ce classique magique, il fait le choix d’un autre retour aux sources, l’animation retrouvant la finesse du pinceau et la légèreté de l’aquarelle, caractéristiques de l’estampe. L’immersion dans ces images épurées, ces cadrages abandonnant de grands espaces au blanc, n’en est que plus efficace.

Dégagé des obligations graphiques conventionnelles, Takahata s’offre les libertés et l’énergie de l’illustration qu’il avait exploré avec les Yamada, mais cultivant cette fois l’acuité d’une composition de tableau pour diriger son histoire. La richesse des expressions des visages se contente de tracés parfois épurés à l’extrême, mais toujours avec une exigence artistique qui nous ramène vers un lointain passé. Que l’on connaisse ce conte, extrêmement populaire en Asie, ou qu’on le découvre avec ravissement, la magie opère avec un raffinement et une habileté remarquable. Lorsque la princesse, éprise de liberté, impose à ses prétendants d’impossibles épreuves, l’intrigue se teinte d’un humour étonnant, et en même temps dépeint par touches délicates une société japonaise d’un autre temps dans ses douleurs, ses excès, ses conventions et ses croyances. N’oublions pas la qualité stratégique d’une BO magnifique, signée par le grand Joe Hisaishi. À 78 ans, Takahata conçoit un conte fondamentalement nippon, mais parfaitement universel. Une œuvre pure, une source d’inspiration qui a même emporté son acolyte. A 73 ans, Hayao Miyazaki avait annoncé que Le vent se lève serait sa dernière réalisation. La découverte de Princesse Kaguya l’aurait convaincu de tempérer cette décision. Le site de Ghibli Museum a même annoncé que d’ici 5 ans, Miyazaki ferait un retour à la réalisation ! Et s’employait déjà à explorer la démarche graphique de ce film avec un court métrage de 3 minutes… Merci monsieur Takahata !

Informations supplémentaires et l’avis Emerveillé du Margouillat

KaguyaL’avis du Margouillat : Il n’y a pas que Miyazaki dans l’univers d’excellence des studios Ghibli. Après 14 longues années, Isao Takahata nous revient au sommet de son art avec un conte universel, raffiné comme une estampe. Une réussite qui s’impose comme une nouvelle référence esthétique. Magique.

Site 

L’interview en haut de page a été réalisé par le festival d’Annecy


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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