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Le dos rouge

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 22 avril 2015
 
Réalisateur: Antoine Barraud
 
Acteur: Bertrand Bonello, Jeanne Balibar, Geraldine Pailhas, Barbet Schroeder, Pascal Gregory...
 
Nationalité: français
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
6.0


 
Notre note
6.3
6.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un cinéma libéré de tout cadre, une audace non sans risque

C'est un peu faible...


Avec 2 heures d'errance, la notion de créativité peut parfois prendre des allures de prétention...


0
Posté le 24 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

ldr_aff_400x533_ok.inddEn quête de son prochain film, un réalisateur cherche son inspiration dans les musées, et les femmes qui le guident… Le dos rouge est un film exigeant. Une rencontre et une aventure, une fiction qui s’est presque improvisée en lieu et place d’un portrait, et qui a toutes les qualités de ses défauts. Des thèmes passionnants juste esquissés, des acteurs en libertés, des genres qui se contrarient, et des partis-pris qui peuvent rebuter. Un film « d’auteurs », chacun apportant sa pierre à ce dédale intellectuel.

É

levé dans les musées, Bertrand y cherche la matière de son prochain film. Réalisateur reconnu, il en est encore au stade de fouiller son propos. Il espère trouver dans les salles assoupies des magnifiques musées parisiens la représentation de la monstruosité qui lui montrera le chemin. Pour cela, il entre en contact avec Célia, critique d’art à la personnalité insaisissable… Passionné par le travail de Bertrand Bonello, Antoine Barraud voulait lui consacrer l’un de ses portraits de réalisateur. La rencontre entre les deux hommes à fait évoluer le projet vers une fiction étrange, un croisement de thématiques servant de base à des rencontres d’acteurs, pour un film tourné sur trois ans, sans cesse réécrit, chaque interruption de tournage laissant planer le doute de pouvoir un jour finir le film. Comme Bertrand dans le film, Le dos rouge semble se chercher tout du long, esquissant le portrait tourmenté de ce réalisateur qui s’intéresse plus aux questions qu’aux réponses. L’approche est déroutante, et les moins patients pourront vite se lasser. Pour peu que l’on joue à ce jeu de pistes, Le dos rouge surprend par son foisonnement d’idée. Autant qu’il peut exaspérer pour ses partis pris.

Le dos rouge sème des thèmes passionnants, parfois des images fortes, mais nous les abandonne très vite sans y revenir. Ce qui n’est pas sans rappeler la motivation de départ de Barraud : lors d’une exposition, un visiteur ne passerait pas plus de 20 secondes devant chaque œuvre. Bertrand le cinéaste nous invite à l’inverse : lui ne cherche qu’une œuvre, une seule, jusqu’à l’obsession. Et permet à la caméra de s’attarder sur chaque œuvre étudiée. Une quête où s’entremêle des fantasmes fascinants, comme le dédoublement, la notion du monstre suivant le regard porté, la parano de la menace d’une marque sur la peau. Le dos rouge s’amuse des genres sans en adopter un seul et, perpétuellement dans le flou, suggère des interprétations sans en consacrer aucune. Certains passages, comme les visites avec Jeanne Balibar, ont une légèreté savoureuse. D’autres scènes, évoquant quelques soirées platement torrides, semblent vaines, fabriquées. Entre ces deux extrêmes, chacun fait son choix, son chemin, comme au fil d’une exposition. Peut-être n’est-il pas nécessaire de tout aimer pour apprécier la vocation de ce portrait détourné. Peut-être que la frustration de ne pas revenir à certains points si étonnants est le fondement même de ce puzzle, volontairement sans cadre. Peut-être que la matière de Le dos rouge ne prend forme qu’aux yeux de ceux qui se l’approprient. Comme un tableau.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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