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Le grand homme

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 13 août 2014
 
Réalisateur: Sarah Leonor
 
Acteur: Jérémie Renier, Surho Sugaipov, Ramzan Idiev…
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Des personnages entiers, forcément crédibles, qui partagent leurs émotions sans en faire étalage. On est conquis.

C'est un peu faible...


C’est un film simple, dépouillé parfois. Pourtant, rien n’est faible ici…


0
Posté le 29 août 2014 par

 
Chronique
 
 

Il n’est pas si facile d’aborder l’amitié sans cliché, les sentiments sans excès, la mort sans devenir théâtral. Avec cette histoire de frères d’armes et de cœur, Sarah Léonor détourne les codes pour mieux parler d’identité, de paternité, et d’engagement. Trois personnages pour un portrait simple et fort, au point de faire preuve d’une vraie grâce.

L

orsque Hamilton tombe dans une embuscade, Markov n’hésite pas : il le sauve, quitte à devoir quitter la légion. Retourné à la vie civile d’apatride tchétchène et à son rôle de père, Hamilton sera là pour l’aider… Le grand Homme est un film fin, raffiné même. Ses personnages sont simples, les situations qu’ils traversent immédiatement accessibles. C’est ce qu’elles évoquent, ce que les personnages expriment qui donnent cette richesse de vécu, brute et pourtant si dense. Jouant d’une agréable note de suspens, cette apparente simplicité de narration repose sur une réflexion profonde, et infiniment personnelle. Bouleversée par la disparition subite de Guillaume Depardieu, son acteur de Au Voleur, survenue peu après le décès de son propre père, la réalisatrice se trouvait pour la première fois confrontée à la notion de mort. C’est dans une des plus antiques légendes qu’elle trouva le répit, la ressource pour aborder ce thème. La légende mésopotamienne de Gilgamesh raconte l’histoire d’un Roi guerrier qui refuse la mort, une vaine quête d’immortalité après la mort soudaine de son ami le plus cher. L’idée d’une mort inévitable devenait accessible, et le scénario transpose les éléments de la légende dans notre temps. La France en guise de royaume d’Uruk, la légion pour cadre contemporain des deux guerriers, et pour incarner cet ami venu de loin, un père tchétchène.

Au fil de la quête d’acteurs non professionnels tchétchènes pour incarner Markov et son fils Khadji, le récit s’est enrichi d’une culture différente, d’une autre façon d’exprimer les sentiments, d’une autre notion d’intimité. Une distance qui ajoute une pudeur supplémentaire à cette rencontre entre trois hommes. Trois solitudes, trois volontés, et qui n’ont pour seule vraie richesse que le lien qui existe enter eux, malgré tout. On se demande en fin de compte qui est ce grand Homme. Markov le sincère, qui sacrifie sa vocation de guerrier pour la vie de son ami, et bataille pour devenir un père. Hamilton, si sûr de lui sur le terrain de la guerre et si démuni parmi ses contemporains, mais qui assumera l’engagement de son amitié jusqu’à se trouver lui-même. Ou encore le petit Khadji, qui supporte et ne renonce pas, qui n’a besoin que d’une boussole pour retrouver sa vie. Chacun à sa façon, ce sont trois apatrides, par choix ou par destin, et c’est ensemble qu’ils vont trouver, ou mieux encore choisir leur identité. Surho Sugaipov et le jeune Ramzan Idiev sont de belles découvertes, et Jérémie Renier compose un personnage à l’étonnante fragilité. Un film fort, mais jamais démonstratif, qui finalement parle bien moins de la mort inéluctable que de la vie, radieuse et toujours à portée de notre volonté.

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

grand hommeafficheL’avis du Margouillat : La sensibilité de Sarah Leonor a déjà fait merveille avec la belle cavale de Au voleur. Cette fois, elle porte son attention pleine de pudeur à trois déracinés, qui n’ont pour survivre que l’affection qu’ils se portent. Deux adultes et un enfant, qui pourront se relever de tout en restant fidèle à leur cœur. C’est filmé avec soin, joué avec sincérité, alors forcément, on est touché et on s’attache énormément.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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