Nos actus
 

Le grand jeu

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 16 décembre 2015
 
Réalisateur: Nicolas Pariser
 
Acteur: Melvil Poupaud, André Dussollier, Clémence Poésy, Sophie Cattani, Antoine Chappey
 
Nationalité: Français
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Un film attirant et piégeant, qui refuse la facilité mais sait jouer de ses charmes.

C'est un peu faible...


Tout n'y est pas pour que nous soyons rassasié, mais cette complexité fait aussi partie du caractère de ce premier long.


0
Posté le 16 décembre 2015 par

 
Chronique
 
 

Grandjeuaffiche

M

agouilles et traquenards, chausse-trappes et sales coups, les noirs dessous du pouvoir fascinent. Leurs vilains secrets surtout. Stratégie des influences, services rendus, arrangements avec la vérité ou destins forcés, c’est le grand jeu. Celui de ceux qui dans l’ombre tissent les complots et les alliances, abusent les médias et font disparaître le compromettant. Le vrai pouvoir qui se dissimule, que jamais la lumière de la vérité n’atteint. C’est cette dimension fantasmatique que Le grand jeu, inspiré par un fait divers, s’efforce de cerner. Car le premier long métrage de Nicolas Pariser n’entend pas nous faire un exposé pédagogique sur les coulisses poisseuses de la gouvernance, mais nous faire goûter le vertige de cette démesure ou rien n’est ce qui semble, ou la conscience n’a pas cours, et où la vie n’a guère de valeur. Peu à peu se mettent en place les pièces d‘un puzzle que l’on ne peut jamais saisir dans son ensemble. Des pièces si fuyantes, si incertaines, que toute certitude est impossible. Le film se joue des genres, entre portraits de société et thriller, nous laissant dans l’expectative. Car l’intrigue se double de portraits d’hommes dont on fait des héros de roman. Mais, autre jeu d’illusion, ils se montrent d’une immaturité sidérante. Il y a cet écrivain dilettante qui vit sa vie comme un badaud cynique, accroché à une gloire éteinte et à son ex, la seule femme de sa vie. Et puis cet homme de pouvoir, le vrai pouvoir, stratège des coulisses qui fait et défait les destins en toute impunité. Obnubilé par le privilège de son pouvoir, lui non plus n’a pas conscience des conséquences de ses actes. Attachant par leur fantaisie et leur charme, chacun se montre au final effrayant dans sa légèreté, une inconscience dont le prix peut être terrible. Célébration de notre fantasme paranoïaque favori, regard glaçant sur les dessous de la politique et l’illusion du pouvoir, la tonalité du drame se trouve complètement renversé par la légèreté d’un portrait de sentiments. Surprenant, imprévisible, prenant, intrigant, frustrant aussi, le rythme flottant du film est solidement tenu par un beau trio d’acteur. Clémence Poésy joue de son caractère captivant pour le rôle clef de Laura. Impérial comme toujours, tantôt implacable, tantôt fragile, André Dussolier est forcément parfait, jouant de la distance du doute avec saveur. Étonnant, menant ce personnage épouvantable avec une assurance séductrice, c’est Melvil Poupaud qui confère au récit une réalité tangible, sa crédibilité. Un grand jeu qui sait vous attraper et vous surprendre…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)