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Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 10 décembre 2014
 
Réalisateur: Peter Jackson
 
Acteur: Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Luke Evans…
 
Nationalité: Américaine, Néo-Zélandaise
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.5
8.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Les choix d’adaptation sont justifiés, le souffle de l’épopée, vivace, la qualité de ce final à la hauteur de notre impatience !

C'est un peu faible...


On devine plus facilement les portions écourtées ou manquantes. Ce qui nourrit les fantasmes sur la future version longue…


Posté le 7 décembre 2014 par

 
Chronique
 
 

Bilbon est le témoin privilégié du terrible pouvoir de l’or sur les peuples de la Terre du Milieu, et de l’avènement des armées du Nécromancien… Après une première trilogie élevée au rang de classique, Peter Jackson conclut son second cycle consacré à Tolkien avec la même réussite. Ce final est incontournable.

E

n regagnant leur fief de la Montagne Solitaire, les nains et leur allié Bilbon ont délogé Smaug. Furieux, le dragon déclenche sa colère sur Lac-Ville et les humains. Les hommes y perdront tout, mais gagneront enfin un chef, Bard. Lorsque les flammes s’éteindront, un autre feu s’éveillera en chacun : celui de l’or et des trésors promis. Bilbon sera le témoin privilégié de cet affrontement entre nains, elfes et humains, et trouvera encore la ressource de ne pas rester impuissant. Car au loin, la menace des armées du Nécromancien devient une réalité, une vague de mort qui s’apprête à ravager toute la terre du Milieu. Au pied de la montagne, la bataille des Cinq Armées se prépare… C’est Sacha Guitry qui avait lancé cette fameuse phrase, comme quoi le silence après Mozart est encore du Mozart. Et bien lors de la projection de presse du troisième volet du Hobbit, le très étrange silence qui accompagnait le début du générique de fin était lui aussi, encore, du Peter Jackson. Une retenue inhabituelle qui reflétait un désarroi bien réel : selon toute vraisemblance, Peter Jackson à boucler son incroyable boucle cinématographique consacrée à Tolkien. Certains s’accrochent déjà au doux espoir lancé aux fans par Gandalf en personne, comme quoi la conclusion du Hobbit ne signifie pas la fin des adaptations, et que d’autres développements pourraient suivre. Mais ne nous emballons pas. Car nous mesurons désormais pleinement l’envergure d’une pareille entreprise, maintenant que la prouesse exceptionnelle de Peter Jackson nous apparait toute entière. Un triomphe consacré par des salles pleines à chaque sortie, et qui trouve là une conclusion à sa mesure.  Les évènements se précipitent, les batailles s’enchainent, les morceaux de bravoure aussi, et tandis que chaque personnage retrouve sa place dans la saga, la jonction s’effectue avec beaucoup d’élégance avec la trilogie de la Communauté de l’anneau. La bataille des cinq armées est une réussite de plus.

En même temps, une déception nous gagne. Il nous manque l’éclat d’un autre Minas Thirit pour conclure cette trilogie-là en apothéose. Et puis les regrets s’accumulent. L’armée de Bolg aurait mérité bien plus d’espace pour ses carnages. Et le combat du conseil blanc nous apparait comme tronqué. Même s’il nous permet de retrouver un Saroumane magnifique et Elrond en pleine action. Cette conclusion n’est pourtant pas décevante, loin de là. La folie de l’or qui frappe les meilleurs est parfaitement mise en image, les duels charismatiques sont redoutables, et en dépit de cette profusion de personnages, le discret Bilbon parvient à rester au-devant de la scène. Une sacrée prouesse en soit. Sans parler des surprises délicieuses : que ces Mangeurs de terre sont beaux ! C’est dans cette nuance toute passionnelle que l’on doit saluer les choix de Peter Jackson, qui ont été pour cet opus surement plus cruel que pour aucun autre. C’est qu’il affrontait en toute connaissance un double écueil redoutable. D’une part, jamais la communauté des fans de Tolkien n’a été aussi vaste, aussi pointue, aussi érudite et exigeante. D’autre part, le réalisateur est pris au piège par une échelle de la surenchère qu’il a lui-même instituée. Repoussant toujours plus loin le niveau de réalisme des batailles, l’envergure des assauts, cette science des issues se succédant les unes après les autres au fil des enjeux qui trouvent leur conclusion…  À mettre la barre toujours plus haute, Peter Jackson nous a donné des habitudes de luxe, qui sont de plus en plus difficiles à satisfaire. La bataille des cinq armées ne peut être à la hauteur de ce que l’on a tous imaginé en une décennie d‘exploits sur écran…

Soyons clairs : l’émotion et la satisfaction marquent ce final en salle. Car la saveur de l’épopée n’a pas failli, et la satisfaction de voir un pari impossible trouver sa fin avec tant de classe est un bonheur complet. Peter Jackson a réussi l’un des plus grands exploits du septième art, sans se trahir ni s’y perdre. Et pour ce qui aurait pu s’y trouver et nous manque, il nous reste encore un joker sur lequel de plus en plus d’espoirs se fondent : une version longue qui promet de belles surprises. Encore une audace folle que l’on doit à maître Jackson. Lorsque La bataille des cinq armées aura fait le plein en salle, et cela, nous n’en doutons pas une seconde, les nostalgiques de cette saga magique verront leur petit cœur se regonfler à l’arrivée de minutes supplémentaires. Et dans la mesure où cet ultime opus est le plus court de tous, avec « seulement » 2h24, on peut s’attendre à tout… Car ces choix de montage, que l’on devine parfois au fil du film, impliquent parfois des coupes conséquentes, qui seraient autant de divins plaisirs pour les accrocs que nous sommes ! Un bonheur qui commence avec ce chaînon qui n’est désormais plus manquant, un Hobbit 3 dont se repaître en salle, devant un écran aussi immense que possible…

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

Le hobbitL’avis du Margouillat : Cette conclusion du Hobbit, tous les fans en avaient une idée, forcément supérieure à tout ce que Peter Jackson a déjà accompli. Et si chacun aura ses regrets, ses déceptions peut-être, il est difficile de ne pas trouver un énorme plaisir à la découverte de ce qui donne un point final à l’aventure de Bilbon, et annonce celle de Frodon. La Bataille des Cinq Armées est un spectacle qui fait honneur au reste de la saga.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...