Nos actus
 

Le monde de Nathan

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 10 juin 2015
 
Réalisateur: Morgan Matthews
 
Acteur: Asa Butterfield, Rafe Spall, Sally Hawkins, Eddie Marsan...
 
Nationalité: Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Une vision de l'autisme qui mise sur la justesse, au profit d'une fiction très touchante.

C'est un peu faible...


on aurait voulu se consacrer au cadre de la compétition tant les personnages qu'on y croise sont fascinants...


0
Posté le 10 juin 2015 par

 
Chronique
 
 

Lemonde de nathanAutiste, Nathan communique difficilement, mais s’épanouit avec génie dans les chiffres. Au point d’être choisi pour rejoindre l’équipe britannique de mathématique… Le cadre est fascinant et donne une image pertinente de ces « différences », même à l’usage d’une fiction touchante. L’interprétation impeccable y contribue grandement.

N

athan souffre de troubles autistiques, et ne trouve la paix que lorsqu’il s’immerge dans le monde des mathématiques. Il fait alors preuve d’un tel génie que son école lui attribue l’attention d’un professeur, jadis enfant prodige lui-même. Le très original Mr Humphreys va devenir son mentor et complice… Notre regard sur l’autisme a changé. Plus nous avançons dans la connaissance de ce trouble, plus son ampleur nous est révélée, et plus nous sommes partagés entre la fascination des capacités qu’il révèle, et bouleversées par les barrières qu’il dresse. Le monde de Nathan est le premier film de Morgan Matthews, déjà plusieurs fois récompensé pour ses documentaires. Mais le monde de Nathan est une fiction, et c’est bien ainsi qu’il faut l’aborder, au risque de mal saisir l’intention du réalisateur. Le monde de Nathan est d’abord une illustration d’un autisme répandu, qui permet de vivre dans la société en dépit de grandes difficultés. Nathan n’est pas tendre. Entrer en contact avec un inconnu est pour lui un problème, le toucher impossible. Et même l’affection sincère de sa mère semble être un obstacle aux routines qui le rassurent. Nathan est coupé du monde depuis la disparition brutale de son père, le seul qui savait naturellement l’apaiser. Et c’est là que la fiction prend le pas sur le portrait « clinique », devenant un ingrédient d’une histoire touchante : la possibilité évoquée d’une renaissance d’un jeune garçon piégé dans sa peur, et pourtant capable de trouver partout une incroyable beauté. La façon dont le film tente de montrer le point de vue de Nathan est d’ailleurs plutôt réussie. Mais l’élément déterminant de l’histoire est bien son cadre.

Pour avoir réalisé des reportages sur des compétitions scolaires, Matthews connaissait l’incroyable potentiel narratif des jeunes candidats. Parmi d’autres petits génies, Nathan n’est plus si différent. Chacun pousse si loin l’excellence qu’ils sont tous dans un autre monde. C’est là que le portrait des différences est cinglant, féroce. Martin McCann, dans le rôle de Michael l’obsessionnel, est impressionnant. La scène où il tente de communiquer avec l’humour des Monty Python est absolument bouleversante. Un multiple portrait si convaincant que lorsque la romance vient bousculer les sentiments, mettant la compétition au second plan, on peut être tenté de voir l’autisme comme instrumentalisé pour servir un récit plus classique. Mais ce serait injuste : Le monde de Nathan est une fiction basée sur une recherche approfondie, et un réalisme convaincant. L’excellent casting se charge d’ailleurs de nous faire dépasser cette nuance. En prof et ami, Rafe Spall fait une belle composition, rejoint par le grand Eddie Marsan en capitaine d’équipe. Dans le rôle difficile de la mère de Nathan, Sally Hawkins est d’une tendresse sans faille, et d’une belle justesse. Et pour le rôle de Nathan, peu d’acteurs de cet âge pouvaient comme Asa Butterfield s’exprimer avec une telle économie. Le monde de Nathan n’est pas un documentaire sur l’autisme, mais l’histoire belle et attachante d’un autiste qui se bat avec un esprit magnifique contre ses limites. À ce titre, il nous touche droit au coeur.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)