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Le prophète

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2 décembre 2015
 
Réalisateur: Roger Allers, Tomm Moore, Joan Sfar, Bill Plympton...
 
Nationalité: Américain , canadien , libanais , qatarien
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Par la beauté des différentes interventions, cette promenade philosophique trouve une cohérence et un charme évident.

C'est un peu faible...


L'aller-retour artistique et narratif entre le récit guide et l'illustration des poèmes, parfois exigeant, peut égarer une part du public...


0
Posté le 2 décembre 2015 par

 
Chronique
 
 

propheteAffiche

S

i l’animation est sans le moindre doute le mode d’expression le mieux adapté à cette expérience, Le Prophète ne pouvait pas être un dessin animé conventionnel. Il s’agit de rendre accessible à tous une œuvre phare de la poésie contemporaine, l’authentique « best-seller » du Libanais Khalil Gibran, sans cesse réédité depuis sa parution en 1923. Une œuvre à part qui ne raconte pas une histoire, mais rapporte en 17 textes les conseils d’un sage attendant son bateau pour quitter la ville fictive de Orphalese. Voilà Le Prophète : un personnage, une somme de philosophie existentielle à la croisée des religions et des civilisations, mais aussi une langue, un choix des mots, l’auteur écrivant ce livre non en arabe, mais en anglais. Guère plus. Cela revient à restituer en film le rapport spécifique à la poésie. Trouver un rythme décalé qui puisse offrir des décrochages, restituer l’intimité de cette expérience, le rapport intime aux mots – ou aux images- que l’on s’efforce de s’approprier. Porté par l’actrice Salma Hayek, le projet a pris une forme déterminante sous la plume du réalisateur Roger Allers, coréalisateur du Roi Lion et scénariste de Aladin et La belle et la bête. Allers a imaginé une continuité crédible, entraînante, mais pas encombrante. Une histoire mettant en scène un poète populaire, en résidence surveillée depuis plusieurs années qui, le jour de sa rencontre avec une petite fille rebelle qui ne parle plus, apprend qu’on le libère enfin. Sur le chemin qui le mène au port, il délivre sa parole à ceux qui le croisent. Tandis que la fillette devine que cette libération cache d’autres manœuvres. La fiction est ingénieuse, les personnages attachants, et le défilé de personnages, s’il est typique, est utilisé de façon avisée, autant pour soutenir les réflexions du sage qu’illustrer les réactions des villageois. Un fil rouge malin, pas trop alourdi de symbolique, et ménageant régulièrement un espace autonome aux poèmes de Gibran. Chacun étant confié à un animateur différent. Et quels animateurs ! De Saed Harib à Socha en passant par Tomm Moore, Bill Plympton ou Joann Sfar, qui orchestre un remarquable tango, les sensibilités artistiques tranchées se rejoignent sur cette illustration des mots, offrant des respirations fascinantes, chacune véhiculant à sa façon les enseignements de Gibran. À l’histoire de la fillette et du poète de redonner son rythme à l’ensemble sitôt l’espace du poème clôt. C’est très gonflé et, emporté par l’image, il peut-être parfois difficile de se concentrer sur le sens, surtout lorsque l’on est accroché par la fiction qui les relie. Mais le principe est ingénieux, très élégant, et fonctionne par l’impressionnant talent de ceux qui y participent. Destiné à tous les publics même s’il peut s’avérer très dense pour certains, Le Prophète est une œuvre audacieuse, inspirante, et fascinante. Et un hommage aussi sincère que vibrant à l’œuvre de Khalil Gibran.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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