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Le vent se lève

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 22 janvier 2014
 
Réalisateur: Hayao Miyazaki
 
Nationalité: Japonnaise
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.5
8.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Hayao Miyazaki. Est-il vraiment nécessaire d'en rajouter ?

C'est un peu faible...


On sort du domaine du conte fantastique. Mais le talent est le même…


Posté le 22 janvier 2014 par

 
Chronique
 
 

Pour son dernier long métrage, le maître Miyazaki abandonne les territoires de l’enfance et du fantastique pour remonter dans la récente histoire du Japon. Élégante et raffinée, son évocation de la passion nous le dévoile sous un autre jour, mais un même génie.

Fasciné par l’ingénieur Caproni, un jeune japonais rêve du plus beau des avions. Il accomplira son destin en temps de guerre, sans jamais perdre son idéal. Et seule Nahoko aura pu le détourner de sa passion… À 72 ans, Hayao Miyazaki se lance pour la dernière fois dans la conception d’un long métrage d’animation. Une œuvre à part dans la filmographie du maître de l’animation japonaise, autant par ses partis pris que ses ambitions. On retrouve la grâce et l’élégance de l’animation, le soin apporté au détail du quotidien, cette attirance viscérale pour la beauté de la nature, sa fascination pour les voyages aériens, tous ces ingrédients indissociables de la patte du maître signent son œuvre. Il n’y manque guère qu’une cité engloutie… Mais on découvre vite que ce conte ne ressemble à aucun autre. S’inscrivant dans la chronologie historique du Japon, l’intrigue ne met pas en vedette d’enfant, et n’a rien de fantastique, sinon l’intervention onirique d’un Giovanni Caproni intemporel, venant discuter dans les rêves de son fils spirituel. Jiro Horikoshi, le héros, est un personnage inventé, mais inspiré par deux héros forts de l’histoire récente du Japon : Hirokoshi l’ingénieur aéronautique concepteur du fameux Zero, et le romancier Tatsui Hori, témoin de son temps. L’ingénieur et l’écrivain, le raconteur et le faiseur, deux entités indissociables de l’inspiration de Miyazaki. Ainsi représenté dans ce voyage vers le passé, le réalisateur féru d’histoire se tourne autant vers son propre parcours que celui de son pays, et se dévoile avec un raffinement qui n’appartient qu’à lui.

La magie du conte, c’est d’évoquer plus que sa propre intrigue, d’illustrer plus loin que le seul destin de ses personnages. Et Miyazaki est un maître du conte. S’il a changé de registre en adoptant un cadre historique réaliste, désirant même que les bruitages soient faits avec la voix, sa démarche n’a rien perdu de sa richesse avec ce récit qu’il entendait à l’origine dessiner dans une série de manga. Sans juger, racontant sous un jour inédit, il évoque l’éveil d’un Japon moderne, l’entrée en guerre, ainsi que les évènements majeurs qui ont marqué l’existence de son double personnage. Mais au final, si l’intrigue raconte l’histoire avec des ellipses parfois abruptes, le sujet central s’impose comme la passion elle-même, que seul l’amour pour Nahoko peut concurrencer. Cette passion qui permet à un dessinateur de révolutionner l’animation mondiale, ou mène un concepteur génial à réaliser son rêve même si l’aboutissement de son travail est un avion de guerre. Une passion dévorante, viscérale qui vous habite, vous mène, même s’il faut parfois lui faire de terribles sacrifices. Illustrée par ses fantasmes, sa passion pour les autres cultures – dans ce dessin animé, on parle aussi français, allemand, italien…- c’est la puissance de sa propre vocation que Miyazaki illustre au travers de celle de Jiro. Un voyage évocateur, plus complexe qu’il n’en a l’air, et qui permet aussi à Miyazaki de réunir autour de lui des fidèles. Joe Hisaishi à la musique, forcément, mais aussi le producteur Stephen Alpert, responsable du département international de Ghibli et qui a donné la matière du personnage de Castrop, ou encore Hideoki Anno, animateur formé chez Miyazaki et devenu réalisateur de la série des Evangelion, qui fait ici ses débuts de doubleur pour le rôle de Jiro. On peut voir Le vent se lève comme une épopée romantique, d’une élégance fascinante, mais aussi comme un message d’amour au cours duquel Miyazaki remercie sa muse, sans ignorer ce qu’elle a pu lui coûter. Une œuvre qui ne met pas un point final à une carrière d’exception, mais au contraire l’ouvre sur d’autres horizons. À voir, et revoir…

Informations supplémentaires et l’avis Totoro du Margouillat

le-vent-se-leve-afficheL’avis du Margouillat : Pour son dernier film annoncé, Miyazaki change la donne, s’emparant du cadre historique pour évoquer la cruauté des destins, le prix à payer pour la passion. Une œuvre romanesque plus complexe, et riche de cette maîtrise de l’animation qui ne cesse de nous fasciner. Magique.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...