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Le voyage d’Arlo

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 25 novembre 2015
 
Réalisateur: Peter Sohn
 
Nationalité: Américain
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Un conte initiatique parfait pour le jeune public, avec des dinos craquants et de superbes paysages.

C'est un peu faible...


Si la qualité de l'image est là, la profondeur du récit peut décevoir les plus exigeants.


0
Posté le 2 décembre 2015 par

 
Chronique
 
 

Arlo AfficheLa météorite qui éradique les dinosaures et laisse place nette pour nos ancêtres mammifères fonce sur la terre… et la loupe. Tout l’intérêt du Voyage d’Arlo tient en ce pitch excitant et prometteur. Mais en même temps assez périlleux. Au point de faire vaciller Pixar sur le piédestal de son excellence ? Un peu, il faut l‘avouer. De prime abord, ce film fait un double pari : mettre en vedette des personnages à trogne de cartoon, et les faire vivre dans des décors d’un réalisme total. Sur ces deux points, pourtant difficilement conciliables, Arlo se ballade. Si les bouilles rigolotes d’Arlo et ses semblables dénotent au tout début, on se fait vite à leur allure grâce au savoir-faire des animateurs à donner des attitudes de vérités aux plus improbables anatomies. Les personnages fonctionnent vite et bien. Pour ce qui est du décor, le bluff est total. Qu’il s’agisse des forêts magnifiques, des montagnes ou des torrents furieux, il est impossible de deviner où s’arrête l’animation et où commence l’image réelle, s’il y en a… La nature se voit ici utilisée comme personnage à part entière. C’est pour l’histoire, de nombreuses fois remaniée au fil d’une production compliquée, que certains vont tiquer. Un monde de dinos où les humains sont une espèce peu évoluée, voilà qui est appétissant. Mais cet idéal perd l’essentiel de son attrait quand on découvre que les dinos incarnent un copié-collé de l’évolution humaine. Les herbivores sont devenus des fermiers, transposition des pionniers chers à la conquête de l’ouest, les carnivores se faisant cow-boys éleveurs de bétail. « L’anthropomorphisme » est ici scénaristique, et peut décevoir. Même s’il provoque une inversion de situation savoureuse : un jeune dino maladroit en mal de personnalité se retrouve perdu dans la nature sauvage, uniquement épaulé par une drôle de bestiole, un petit d’homme qui a tout du diable de Tasmanie. Le duo fonctionne parfaitement, et le jeune public se voit offrir un pur plaisir : il peut aisément s’identifier avec le héros et son compagnon à quatre pattes… d’autant que la répartition de ces rôles classiques est ici des plus incertaine ! Entre gags, péripéties et de jolies pointes d’émotion, cette aventure initiatique fonctionne fort bien, abordant avec finesse les thèmes du deuil, de la maturité, de l’amitié. Du sur mesure pour le public familial. Le public plus adulte, plus exigeant, pourra lui ressentir une certaine frustration. Le spectacle est beau et la fantaisie de l’inversion des rôles fonctionne, mais il nous manque une réponse à une question essentielle : pourquoi ? Quel intérêt à chambouler l’ordre de l’évolution si c’est pour réécrire exactement la même histoire, en inversant simplement les rôles ? Le voyage d’Arlo souffre d’être le Pixar le moins original et le plus référencé. Mais l’excellence de son exécution minimise grandement la souffrance de son visionnage. Obligation pour en profiter pleinement : retomber en enfance…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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