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Leave it on the floor

 
Leave It On The Floor
Leave It On The Floor
Leave It On The Floor

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2012
 
Réalisateur: Sheldon Larry
 
Acteur: Ephraim Sykes, Barbie-Q, Andre Myers
 
Nationalité: Américaine, Canadienne
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.5


 
Musique
6.5


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Des personnalités hautes en couleurs mènent la danse !

C'est un peu faible...


Manque de budget équivaut ici à manque de souffle. L'ensemble est parfois maladroit.


Posté le 19 août 2013 par

 
Chronique
 
 

Dénonçant le rejet subit par de nombreux jeunes homosexuels, Leave it on the floor glorifie en musique une société underground méconnue, celle des « Ballrooms » et des Maisons, dont l’influence artistique ne cesse de grandir. Peu de moyens, mais de sacrés personnalités.

Il aura suffit de quelques images saisies sur Internet pour que Deondra découvre que son fils est homosexuel. La dispute qui s’en suit est terrible et définitive : elle chasse son fils de la maison. Celui-ci a juste le temps de prendre la voiture avant de s’en aller. Condamné à la survie dans les rues et aux idées les plus noires, Brad croise dans une épicerie une étrange fille… qui lui fauche son portefeuille. C’est en voulant la rattraper qu’il arrive dans un curieux club où des « maisons » aux noms évocateurs de luxe s’affrontent devant un jury au fil de défilés à thème et de chorégraphies spectaculaires. Il y fait la connaissance de Princess Eminence, qui lui fait comprendre que Carter, la jeune fille tentatrice, est aussi un garçon. Et c’est Princess qui le présente à Queef Latina, icône des ballroom, prêtresse du voguin, et Maîtresse de leur « Maison », une famille reconstituée où Brad pourrait enfin trouver un peu de paix et construire sa personnalité…

Cette société underground s’est développée dans les grandes villes américaines, et l’impact de leur avant-gardisme, s’il reste confidentiel, est indéniable

3000 jeunes homosexuels vivent dans les rues de Los Angeles. Le taux de suicide des jeunes homosexuels est douze fois supérieur à celui des jeunes hétérosexuels. En dépit des avancées idéologiques et sociales, la situation de cette communauté est toujours aussi délicate. Et c’est conscient de ces faits que Sheldon Larry, professeur de cinéma, metteur en scène de théâtre et de télévision, a enquêté sur la « ball culture ». Le réalisateur à découvert cette culture fascinante, née à New York dans les années 80, grâce à Paris is burning, un film sorti en 1990. Réunissant de jeunes homosexuels au sein de familles, ces communautés s’affrontent pour le prestige de trophées, pour une reconnaissance qu’on leur refuse ailleurs, au cours de défilés et de joutes dansées pour lesquelles ils doivent exploiter toute leur créativité et leur talent. Cette société underground s’est développée dans les grandes villes américaines, et l’impact de leur avant-gardisme, s’il reste confidentiel, est indéniable. Qu’il s’agisse de Lady Gaga ou du Vogue de Madonna, directement inspiré des performances dansées du « Voguing » pratiqué dans les Ballroom. Composant son scénario à base d’histoire vraies, et recourant à la comédie musicale pour libérer les expressions, Sheldon Larry consacre son premier film à cette sous-culture étonnante, reflet d’un culte de la célébrité et du succès au service de personnalités en quête d’identité.

Sachant qu’aucun studio ne voudrait investir un centime dans un film sur les Ballroom, Sheldon Larry a usé au mieux d’un micro-budget, mais a surtout pu compter sur des étudiants passionnés de l’USC School of Cinematic et des professionnels très motivés. Kimberly Burse a composé la musique, mobilisant les musiciens de Beyoncé et son chorégraphe attitré, le très recherché Franck Gatson Jr. Si les compositions sont parfois inégales (on pourra préférer nettement la construction puissante du face à face dans l’église à la gentille mélodie sur le suicide…), la conviction du casting l’emporte sans mal. On y trouve des visages connus, comme l’excellent danseur Ephraïm Sykes, très juste dans le rôle de Brad, le danseur et acteur André Carter, l’acteur et chorégraphe James Aslop, et l’on découvre quelques figures de la scène « ball ». Citons Miss Barbie-Q, incontournable drag queen, actrice, journaliste et femme de spectacle aux multiples talents, parfaite dans le rôle de Queef Latina puisque possédant sa propre « Maison » depuis 1992, ou encore Phillip Evelyn, dont la plastique incroyable fait merveille dans le rôle de Princess Eminence. Fait de « bouts de ficelle », le projet Leave it on the floor a abouti par miracle, et si le manque de moyens limite parfois des personnalités qui ne demandent qu’à envahir l’écran, Sheldon Larry a su communiquer l’énergie de ces communautés au-delà des caricatures et des excès, présentant le rôle essentiel que ces maisons jouent auprès de jeunes homosexuels rejetés. Une comédie musicale à petit budget qui tient la note et le tempo !

Informations supplémentaires et l’avis chanté du margouillat

AFF_LEAVEITONTHELOOR_A4.inddL’avis du Margouillat : Bien servi par un casting qui fait le spectacle, le film évoque bien la dimension dramatique des destinées qui se croisent dans les Ballroom. Entraînant et attachant.

Site : http://www.ballmusical.com/ 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...