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L’écume des jours

 
l ecume des jours
l ecume des jours
l ecume des jours

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Michel Gondry
 
Acteur: Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy
 
Nationalité: Française
 
Genre: ,
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.8
8.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Il trahit sans doute un peu l'oeuvre. What else ? dirait Georges. Laissons nous bercer par cette adorable fantaisie.

C'est un peu faible...


Ne pas voir l'intégralité du matériau d'origine décevra les fidèles lecteurs de Vian. Tant pis pour eux.


Posté le 26 avril 2013 par

 
Chronique
 
 

Qui d’autre que Michel Gondry pouvait être assez fou pour retrouver la verve de Boris Vian sans la dénaturer ? Avec audace et tendresse, emportant dans sa légèreté un casting conquis, il ose un film audacieux, vibrant de poésie, un ovni dévoué qui brille par sa singularité.

C

olin a une vie joyeuse. Il a son grand appartement lumineux, ses inventions folles, son fidèle Nicolas, à la fois cuisinier émérite, avocat dévoué et confident attentif, et puis des amis comme le lunaire Chick, adorateur inconditionnel de tout ce qui concerne son idole, le philosophe Jean Sol Partre. Mais à la différence de ce dernier, Colin n’a pas d’amoureuse. Ce qui ne saurait durer. C’est une fois de plus Nicolas qui va l’aider dans cette voie, le conviant à une fête des plus dansantes au cours de laquelle il rencontre la délicieuse, la piquante Chloé. Ces deux là se sont trouvés pour ne plus jamais se quitter. Le coup de foudre est magnifique, et tout ce qui le suit est baigné de la même lumière radieuse. Le couple ne tarde pas à s’unir devant tous au cours d’un mariage épique. Mais qui aurait pu prédire que, si vite, un simple coup de froid aurait amené un vilain nénuphar à se nicher dans un des poumons de la douce Chloé…

Pour retrouver ne serait-ce que quelques miettes de ses envolées surréalistes, il fallait en suggérer la folie absurde, la liberté incorrecte, le jubilatoire jeu des mots.

L’idée d’un Boris Vian rendu aux arguments d’un cinéma commercial, devenu docile à la narration des médiocres, formaté aux arguments des insatiables du numérique est abjecte. Pour imaginer une adaptation de L’écume des jours qui ne soit indécente, retrouver ne serait-ce que quelques miettes de ses envolées surréalistes, il fallait en suggérer la folie absurde, la liberté incorrecte, le jubilatoire jeu des mots. Transcender une telle chimie n’est à la portée que de très peu d’artistes. Michel Gondry s’impose dans la catégorie, et le génial bricoleur, descendant direct de Mélies et Jean-Christophe Averty, s’illustre à nouveau dans son défi assurément le plus osé. Avec légèreté, une grande fidélité et cette inventivité artisanale qui le rend unique, bataillant pour retrouver les émotions adolescentes de sa première lecture du roman, il compose un poème filmique délirant et léger, servi par un casting totalement conquis par sa passion. Romain Duris est formidable dans le rôle de Colin, Audrey Tautou toujours bouleversante en Chloé, Gad Elmaleh méconnaissable en Chick et Omar Sy immédiatement irremplaçable en Nicolas. Pour ne citer que le quatuor de stars. Ils sont tous gagnés par l’énergie vandale et tendre, si décalée que l’étrange musique de la voix de Gondry en personne résonne dans le monde de Colin et Chloé de façon parfaitement posée et cohérente lorsqu’il enfile la blouse du médecin de l’histoire…

L’écume des jours est plus qu’une déchirante histoire d’amour. La démarche de Boris Vian saisit la douleur de la maturité venant à la jeunesse, à l’heure où les émotions commandent à l’apprentissage. Foncièrement allergique aux dictats des autorités, le monde du travail comme la religion mercantile s’en prenant plein la poire, l’amour terrible de Colin et Chloé illustre aussi la force des passions qui, jusqu’à l’idolâtrie et l’accoutumance, vous amènent aux pires trahisons. Et puis bien sûr, lorsque le malheur gagne sur la lumière, c’est l’apprentissage du sacrifice des idéaux, le rapport si encombrant à l’indispensable argent, et puis la découverte de la douleur. Rares sont ceux qui comme Vian ont su traduire les ravages de la maladie qui gangrène tout autour du malade, la taille des murs comme la couleur du ciel… Une question s’impose forcément : faut-il avoir lu le livre pour apprécier le film ? Il est évident que d’avoir garder en soi l’expérience unique de cette lecture est un tremplin magique pour plonger dans l’univers de Gondry. Pour qui n’a jamais regardé que la couverture du livre, ces conversations incompréhensibles, la géométrie insensée des lieux, l’attention détournée par les milles inventions du réalisateur peuvent déboussoler, déranger. Mais après tout, le choc n’en est que plus grand et la découverte plus forte. L’écume des jours est une ivresse que Gondry, sincère et inspiré, a su retrouver en partie. Même le plus rétif à ce récit apparemment décousu en gardera en mémoire des images étonnantes.

Informations supplémentaires et l’avis onirique du Margouillat

l ecume des joursL’avis du Margouillat : Gondry se moque de l’infaisable et fait confiance à son imagination. Il a tellement raison.

Site : http://www.michelgondry.com/


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...