Nos actus
 

Les 8 salopards

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 6 janvier 2016
 
Réalisateur: Quentin Tarantino
 
Acteur: Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Tim Roth, Bruce Dern...
 
Nationalité: Américain
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Malicieux et vicelard, le western de Tarantino ne fait pas dans la dentelle, mais est bien plus subtil qu'on ne le croit...

C'est un peu faible...


Pas de gunfights délirants, de bastons sur 30 minutes. Celui-là est plus classique et cérébral...


0
Posté le 8 janvier 2016 par

 
Chronique
 
 

8saloAffiche

O

n ne va pas voir un Tarantino. On est en visite. Dans la tête du bonhomme, qui assemble avec jubilation ses passions, ses maîtres, ses fantasmes, et ses visions. Les 8 salopards en a surpris plus d’un, déçu certains, parce qu’il est bien plus un exercice d’écriture qu’un défoulement en image. De fait, Les 8 salopards pourrait être une pièce de théâtre d’enfer. Jeu de massacre mâtiné d’enquête à la Hercule Poirot, Les 8 salopards respecte les classiques, adopte les clichés du genre, et nous balade d’indices en coup de sang. Et si Tarantino plante son décor de grands espaces sauvages et enneigés, c’est pour mieux retrouver le confinement d’un Reservoir Dogs et enfermer son monde dans une seule et unique pièce. Porté par la magnifique musique de Ennio Morricone, Tarantino redonne vie au pur western, et sa version à lui est riche de personnages immenses, de longues conversations empilant les sous-entendus comme on charge patiemment le barillet d’un flingue, jonglant aussi facilement avec la farce que le gore. Et bien sûr, même si le casting s’élargit à de nouveaux visages, tout cela se fait en famille, sous le parrainage du mythique Bruce Dern. On est totalement ravi de voir au coté des indispensables tels que Tim Roth, Michael Madsen ou Samuel L. Jackson débarquer un Kurt Russel monumental, Channing Tatum, et plus encore que Walton Goggins exprime tout son talent. Pour ce qui est de Jennifer Jason Leigh, juste magistral, on a le sentiment qu’elle a depuis toujours fait parti du club. C’est le sentiment que laisse le film tout entier à sa conclusion : qu’il a toujours été là, taquinant les classiques. Et l’audace dans tout ça ? Elle brille entre les lignes de dialogues, les postures, les évocations. S’il semble un peu assagi, Tarantino n’est pas moins pertinent, et invite son fiel dans la carte postale du grand ouest héroïque, révélant les fiers pionniers comme une ribambelle de salopards assumant fièrement tous leurs actes. Pour peu qu’ils survivent assez longtemps, tous ceux qui montrent leur trogne dans ce huis clos prouvent à quel point ils sont détestables. Et Tarantino va plus loin avec cette parabole acide où l’on s’entretue par amour, par habitude ou pour l’argent, surtout pour l’argent. Alors que dehors souffle la tempête, l’Amérique se trouve coincée dans une baraque avec un énorme problème d’héritage raciste, de rancœurs et de vieux comptes à régler. Sans compter un sens de la justice un poil primaire, volontiers expéditif. Bercé par son amour des méchants, son goût de la violence et de ses idoles passées, l’Amérique de Tarantino, pas très éloignée des horreurs du monde réel, a tout d’une histoire qui ne peut finir que mal. Ce Tarantino-là pourra déstabiliser ou même fâcher ceux qui sont restés bloqués sur Kill Bill ou Django Unchained. Mais nous, il nous régale…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)