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Les amants électriques

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 23 Avril 2014
 
Réalisateur: Bill Plympton
 
Nationalité: Américaine
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Plympton ajoute une dose de romanesque à ses envolées crayonnées. Mais c’est toujours aussi ébouriffant !

C'est un peu faible...


Amateurs de mièvres amours platoniques et d’image numérique supra-réaliste, passez votre chemin !


Posté le 24 avril 2014 par

 
Chronique
 
 

Bill Plympton est à l’animation ce que le cinéma indépendant est aux majors. Un indispensable contrepoint d’une délirante inventivité, un empêcheur d’animer en rond qui profite de cette histoire d’amour fou pour fouiller un peu plus son coup de crayon unique. On se lève tous pour Bill !

U

n accident auto-tamponneuse révèle un détonnant coup de foudre. Ella et Jake sont beaux, jeunes et furieusement amoureux. Une passion débridée qui fait des jalouses. Et une goutte de jalousie suffit à changer la passion en haine… S’il n’en reste qu’un, ce sera probablement lui. Alors que les puristes débattent du risque d’uniformisation numérique de l’animation avec la généralisation de l’outil infographique, il nous reste un rebelle pour continuer, insatiable, de griffonner ses planches les unes après les autres. Comme le regard arrache un visage d’une foule en perpétuel mouvement, de sa patte faussement brouillonne naissent des expressions et des attitudes fascinantes, une vie délirante, savamment excessive. Une fougue graphique qui souvent se suffit à elle-même, libérée de l’histoire. Avec les Amants électriques, Plympton se montre plus accessible pour les plus rétifs, sans s’assagir pour autant. Fasciné par la capacité de l’amour à devenir haine, le voilà qui nous réinvente le couple idéal, perverti par une garce sulfureuse et le quiproquo de vilaines accusations. Il n’y manque plus que son alter ego, un magicien comme lui, capable d’envoyer notre héroïne dans le corps d’une autre pour le seul et éphémère plaisir d’ébats acrobatiques avec son homme devenu volage…Manège de Coney Islande et bellâtre du vieil Hollywood, intérieur fifties et « Gaz Station » à la Loewy, Plympton joue de son univers nostalgique pour mettre en vedette une femme, pour la première fois. Mais chaque nouveau Plympton est une première, marquée par une approche graphique particulière.

La somme de travail est toujours aussi effarante. 20 à 50 dessins pour des plans de 3 à 4 secondes, plus de 40 000 dessins en tout… Et cette fois, la satisfaction d’avoir retrouvé pour l’animation la technique qui a fait son succès d’illustrateur : l’aquarelle avec encre et crayon. Une option que lui autorise l’usage avisé… de l’infographie. Plympton adore les erreurs, les aléas si humains de ses animations, cette « saleté» qui va à l’encontre d’une perfection graphique pratiquée par les grands studios. Mais il n’est en aucune façon un artiste passéiste. Désireux de garder l’humain dans l’énergie du trait, il trouve là un compromis technique hautement satisfaisant. Les amants électriques est marqué par une autre satisfaction en relation avec les nouvelles technologies. En raison du supplément de travail et de collaborateurs qu’imposait cette numérisation des planches, le budget a dû être révisé à la hausse. Le réalisateur a donc pour la première fois fait appel à la plateforme Kickstarter. À la recherche de 75 000 dollars, il en a récolté plus de 100 000, dont une proportion inhabituelle de donateurs européens. Ça n’est pas si souvent que les fans peuvent exprimer de façon si pragmatique leur  fidélité. Pour un film qui parle d’amour, on ne pouvait pas rêver mieux…

Informations supplémentaires et l’avis Court-circuit du Margouillat

lesamantselectriquesL’avis du Margouillat : Chaque film de Bill Plympton est unique, et chaque retrouvaille un bonheur. Unique et inimitable, l’infatigable Plympton nous dessine les affres de la passion avec ce don unique pour l’excès et le délire graphique. On en redemande.

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Cyril Trigoust

 
Cyril Trigoust
Rédacteur en chef de Rock You, Pur Ciné (etc.), on me voit aujourd'hui dans Jeux Vidéo Magazine ou quelques pages de musiques et de nouvelles technologies. Chaque seconde encore disponible est consacrée à la direction de ce site et la motivation de l'équipe !