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Les Misérables

 
Les misérables
Les misérables
Les misérables

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Tom Hooper
 
Acteur: Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway
 
Nationalité: Américaine
 
Genre: ,
 
Mise en scène
5.0


 
Scénario
5.0


 
Musique
5.0


 
Emotion
4.0


 
Notre note
4.8
4.8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Anne Hathaway et Hugh Jackman arrivent à tirer leur épingle du jeu.

C'est un peu faible...


My god ! Ça chante, ça "sirupe" et ça "anachronise", et si Jean Valjean avait préféré le bagne ?


0
Posté le 14 février 2013 par

 
Chronique
 
 

Cette transposition cinématographique de LA comédie musicale culte pour les anglo-saxons séduit par certains de ses interprètes, mais pourra décevoir par ses choix de mise en scène…

1

815, bagne de Toulon. Le détenu 24601 est libéré après une peine de 19 ans. Jean Valjean retrouve une liberté toute relative : marqué par son passé, il est rejeté de tous et, privé d’espoir, vole l’évêque de Digne, le seul qui l’ait accueilli. Lorsque la maréchaussée le ramène au religieux, celui-ci ment pour sauver la tête du bagnard. Bouleversé, Valjean disparaît et devient Monsieur Madeleine, maire et industriel à l’âme noble. Un notable influent qui ne soupçonne pas le destin terrible que subit Fantine, l’une des employées de son usine. Alors que Javert le policier incorruptible remonte la piste perdu de Valjean jusqu’à Monsieur Madeleine, Valjean n’aura de cesse de payer sa dette à Fantine en s’engageant à sauver sa fillette, en garde chez les Thénardiers…

 l’émotion des compositions se perd trop dans cet exercice qui déçoit dans ses ambitions esthétiques

Que les puristes de Victor Hugo détournent le regard ! Cette grosse production n’est pas une adaptation du classique des classiques de la littérature française, mais bien celle du livret de la comédie musicale. Ecrit en 1980 par Alain Boublil – inspiré par « Oliver », véritable institution de la scène chantée britannique – et composé par Claude-Michel Schönberg, le spectacle est monté en France par Robert Hossein. Mais il ne prendra sa véritable dimension que deux ans plus tard lorsqu’il franchira la manche : Les Misérables revu par Cameron Mackintosh – celui-là même qui avait mis en scène le Oliver qui influença Boublil… – devient un classique incontournable, un succès mondial consacré par un record de longévité resté inégalé. Depuis presque trois décennies, on attendait une adaptation au cinéma de ce show culte. C’est au réalisateur du Discours du roi que revient ce privilège… qui est loin d’être un cadeau. Il s’agit de réduire l’architecture d’un spectacle basé sur des chansons cultes à un film de 2h30 sans perdre leur intensité, de composer un casting charismatique d’acteurs capables d’interpréter eux-mêmes leurs partitions, et de trouver un langage cinématographique à cette œuvre de scène…

Amputant certains thèmes fameux, rajoutant quelques arrangement et une chansons inédite qui n’apportent pas grand chose, l’émotion des compositions se perd trop dans cet exercice qui déçoit dans ses ambitions esthétiques. Les premières images tourmentées de bagnards tirant l’épave d’un navire sont extrêmement excitantes, une telle transposition étant l’opportunité de libérer les personnages des limites du théâtre. Mais le lyrisme de cette ouverture ne tient pas ses promesses, le choix étant fait au contraire de se concentrer au plus près des personnages. A ce jeu dangereux, qui pourra lasser les spectateurs peu habitués à des films entièrement chantés, tous ne s’en sortent pas indemne. Face à Russel Crowe, qui surprend mais peine à toujours nous convaincre en Javert, Hugh Jackman prouve par sa conviction que le rôle de Valjean était pour lui. Amanda Seyfreid et Fred Redmayne sont des Cosette/Marius des plus convaincants et, reprenant son rôle sur scène, Samantha Barks est une Eponine remarquable. Mais celle qui fait l’unanimité, poignante jusqu’au gros plan, c’est Anne Hataway. Sa composition de Fantine est LA grande réussite de cette adaptation. A leur côté, certains personnages parviennent à faire un peu respirer cette mise en image bien académique, comme l’énergie du petit Gavroche et surtout le numéro de franc cabotinage exécuté avec gourmandise par un duo qui s’accorde à merveille en Thénardier burlesques : Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter.

La vocation est belle et l’engagement sincère, mais peut légitimement frustrer à la fois les inconditionnels du « musical » culte et les néophytes en matière de comédie musicale. Fidèle au livret, Tom Hooper ne parvient pas à dégager une véritable dimension cinématographique, livrant un enchaînement de numéros chantés soignés mais verrouillés par un montage un peu sec. On aurait voulu que certains personnages s’emparent plus longuement de l’image, que certaines chansons soient mieux servies par une bande sonore trop neutre. On aurait voulu de la démesure. Au risque d’en effrayer certains, peut-être que une heure de plus aurait permis de ménager ampleur et émotions, se rapprochant ainsi des grandes heures des représentations théâtrales.

Informations supplémentaires et l’avis

LES-MISERABLESL’avis du Margouillat : Une expérience qui plaira aux amateurs d’acteurs/chanteurs, mais risque de frustrer les autres…

Site : Les misérables


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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