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Les voyages de Gulliver

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2 décembre 2015
 
Réalisateur: Dave Fleischer
 
Nationalité: Américain
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.8
6.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Même doté de moyens limités, les Fleischer imposent un savoir-faire qui fonctionne encore.

C'est un peu faible...


Le temps a passé. Forcément, on est très loin de la fluidité d'un Pixar...


0
Posté le 2 décembre 2015 par

 
Chronique
 
 

gulliverAfficheFacebook n’a pas inventé internet, MacDo n’a pas inventé le casse-croûte. Et Mickey n’a pas inventé l’animation. Il est précieux de remonter le temps pour s’en souvenir et mieux en apprécier les fruits. Grâce notamment a des archivistes dévoués comme Lobster, qui sous l’égide de l’infatigable Serge Bromberg, ressuscite sans cesse des merveilles abîmées par le temps et l’oubli. Cette fois, c’est un gros morceau qui retrouve des couleurs, une étape marquante dans l’animation maarquant le début d’une nouvelle ère, et la fin d’une autre… Géniaux précurseurs, les frères Fleischer ont conquis le grand public avec des personnages comme Betty Boop ou Popeye. Et ouvert la voix à une exploration artistique inouïe en mêlant image réelle et animation avec une cohérence sidérante (Koko le clown, précédemment réédité par les mêmes Lobster Films / Gebeka Films), ou avec leur technique de la rotoscopie, qui reprend image par image les attitudes humaines pour les intégrer à l’animation. Technique qui engendrera bien plus tard la Stop Motion… Mais en 1937, la sortie de Blanche Neige et les sept nains bouleverse la donne. Parlant, animé avec maestria, faisant un usage magistral de la rotoscopie mise au point par les Fleischer, Walt Disney donne ses lettres de noblesse au long métrage d’animation et connaît un succès international inédit. Pressés par la Paramount de contre-attaquer, les Fleischer (Max à la production et Dave à la réalisation) sont contraints de fabriquer au plus vite un concurrent avant que Disney ne sorte son deuxième chef-d’oeuvre, Pinocchio. Délais intenables, budget minimum, équipes de fortune, la mission est impossible et Les voyages de Gulliver, sorti en 1939,  sera le chant du cygne pour les Fleischer. Pour autant, ce film n’a rien d’une production mineure. Reprenant la première partie du roman de Jonathan Swift, l’aventure est mouvementée et émaillée de trouvailles, jouant de la rondeur des Toons et de cette élégance d’un autre temps. Et si les roucoulades chantées datent forcément le récit, la rotoscopie invite dans certaines scènes une stupéfiante modernité de l’animation. Un raffinement qui se retrouve dans les perspectives du court métrage introduisant le programme, Play Safe. Malin, pétillant d’énergie, ce Voyage assume ses années et reste pour tout public une ballade colorée dans la mémoire de l’animation.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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