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Lettre à Momo

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Hiroyuki Okiura
 
Acteur: Karen Miyama, Yûka, Toshiyuki Nishida
 
Nationalité: Japonaise
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.5


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.5


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Un résultat remarquable de réalisme et de pudeur.

C'est un peu faible...


Si peu à lui reprocher


Posté le 27 septembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Animée avec un raffinement délicieux, cette chronique de jeunesse séduit par sa sensibilité, sa douceur, et la fantaisie avec laquelle elle évoque la société des esprits, indissociable de la pensée japonaise. Un bijou.

P

as encore adolescente, plus tout à fait une enfant, Momo arrive avec sa mère sur l’île de Shio. Elle tient dans sa main une lettre où n’apparaît que son nom. Son père, océanographe, n’a jamais eu le temps de la finir avant de mourir au cours d’une mission. Sous le choc de cette disparition, elle est torturée de regrets, et ne pas savoir ce que son père voulait lui écrire la hante. Après cette disparition, la mère de Momo a décidé de quitter leur appartement en ville pour changer de vie. Le bateau les emmène vers la maison de ses grands-parents. Perdue dans ses pensées, elle ne remarque même pas trois gouttes d’eau tombées d’un ciel limpide, qui rebondissent sur son épaule avant d’atteindre le sol. Des gouttes d’eau qui, lorsque le bateau arrive à quai, roulent pour suivre la petite fille…

Le résultat est remarquable de réalisme et de pudeur pour aborder un thème aussi délicat que la mort d’un parent.

On peut à juste titre être ébloui par les prouesses des images de synthèses, lorsqu’elles se trouvent entre les mains de conteurs géniaux. Mais l’animation artisanale conserve une fraîcheur, une émotion unique. Lettre à Momo en fait à nouveau la démonstration, impressionnant par la grâce des attitudes, le soin apporté à chaque détail. Lettre à Momo est une référence de plus à ajouter à la grande tradition de l’animation japonaise traditionnelle. Il faut dire que son créateur n’est pas n’importe qui. Hiroyuki Okiura a associé son nom à plusieurs monuments de la japanim’, tels que Metropolis de Rintaro, Paprika de Satochi Kon ou Ghost in the Shell de Mamoru Oshii pour lequel il a supervisé l’animation des personnages. Le grand Oshii a signé le scénario de son premier long métrage, le puissant et brillant Jin-Roh, la brigade des loups. Il aura fallu attendre 13 années pour voir Okiura revenir à la réalisation, avec un sujet aux antipodes de la noirceur politique de Jin-Roh. Et pour la première fois, il signe le scénario. Fidèle lecteur de livres pour enfants, Hiroyuki Okiura songeait depuis longtemps à écrire une histoire qui puisse inspirer le plus large public, insuffler la joie de vivre et l’espoir au travers des épreuves. L’œuvre est donc nourrie d’expériences personnelles. La mer intérieure de Seto est un site remarquable qu’il chérit pour y avoir passé tous les étés de son enfance. Et si l’île de Shio est invention, celle de Osaki Shimojima est son modèle.

Après deux ans d’écriture, il aura fallu cinq années de plus pour que le projet arrive à son terme. Le résultat est remarquable de réalisme et de pudeur pour aborder un thème aussi délicat que la mort d’un parent. Instantané délicieux d’un bord de mer, regard émouvant sur une famille en reconstruction, portrait adorable et juste d’une fillette sortant de l’enfance, Lettre à Momo permet aussi au public occidental de se familiariser avec la notion des esprits, bienveillants, facétieux et innombrables, qui habitent les croyances et la philosophie japonaise. Comme le Kappa de Un été avec Coo, la Yokai Parade de Pompoko, Lettre à Momo nous donne d’autres clefs pour comprendre et apprécier. Okiura séduit d’autant plus qu’il se démarque des productions Ghibli. Et lorsqu’il revendique une référence avec admiration pour définir la notion de naturel de son héroïne, il cite un film de Isao Takahata, Kie la petite peste. D’un graphisme nettement plus caricatural que le fin réalisme de Lettre à Momo, le film de Takahata maniait avec brio l’équilibre entre un thème difficile et le ton de la comédie. La parenté s’établie donc en toute logique. Tout aussi logique cette liste encore inachevée de récompenses et de Grand Prix, récoltés dans la plupart des festivals internationaux, Lettre à Momo est une page de délicatesse et de savoir-faire à ne pas rater, et à déguster en famille.

Informations supplémentaires et l’avis Tramomo du Margouillat

lettre a momoInformations supplémentaires : Le thème est difficile, mais la grâce et la qualité de l’animation traditionnelle, la fantaisie des esprits et la sensibilité avec laquelle les personnages sont dépeints font de ce morceau de vie une émotion à ne pas rater.

Site : http://www.lesfilmsdupreau.com/prog.php?code=lam


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...