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L’idéal

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 15 juin 2016
 
Réalisateur: Frédéric Beigbeder
 
Acteur: Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Anamaria Vartolomei, Jonathan Lambert,
 
Nationalité: Français
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
6.0


 
Notre note
6.5
6.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Joliment doté en sarcasmes et en pointes de délire, ce portrait du monde de la beauté par Beigbeder est sans pitié, mais drôle et plutôt pertinent...

C'est un peu faible...


Les allergiques à Beigbeder sont priés de faire un détour...


0
Posté le 24 septembre 2016 par

 
Chronique
 
 

idealAffiche

B

eigbeder est une personnalité trop encombrante pour que l’on ne songe pas à s’en défier avant toute autre considération. L’Idéal est-il boursouflé de suffisance et de posture ? Le film ne manque sûrement pas de clichés et respecte le cahier des charges des morceaux d’anatomies et autres indécences fortunés qu’il convient d’exhiber pour caractériser une fête de VIP. Tout cela est-il, comme certains le psalmodient déjà, une insulte au septième art ? Ce le serait si la salle entière ne rigolait en même temps aux vacheries qui fusent. Et si ce cousin très éloigné de 99 francs ne se trouvait une douceur inattendue, fruit de la maturité de son auteur et réalisateur… L’Idéal, c’est une vision sacro-sainte et dictatoriale de la beauté, fixée par certains industriels pour que toutes les consommatrices s’évertuent en vain à l’atteindre. L’Idéal, c’est aussi cette prestigieuse marque de référence du cosmétique et de la beauté, qui impose sa suprématie de par le monde. Un empire du glamour qui vacille soudain, la faute à une vilaine « sextape » de son égérie. Il faut changer de visage pour retrouver la face ! C’est pour cela que l’on convoque Octave Parango, dénicheur de mannequins qui passe l’intégralité de son temps à faire la fête et forniquer avec les très jeunes beautés qu’il est censé recruter pour son employeur, un milliardaire russe. Pour redonner une virginité à Idéal, il faut trouver un visage qui soit d’une pureté et d’une jeunesse absolues. Un visage qui n’existe que dans les contes, mais pour raconter des bobards, Parango est un expert. Sauf qu’on lui impose une compagnie explosive, la « directrice visuelle » de la revue maison, l’insupportable Valentine Winfeld… Retrouvant son héros de 99 Francs, revisitant avec appétit son propre livre, Beigbeder se donne les moyens de faire beau, et s’en amuse sans retenue. Assumant sourire aux lèvres le goût de la caricature, il nourrit ce nettoyage à l’acide d’une industrie parfaitement futile avec une inspiration directement puisée dans sa longue expérience de la pub à côtoyer les agences de mannequins. Car plus le ton est violent, plus il est proche de la réalité. On vous l’assure par expérience, les passages les plus excessifs sont aussi les plus véridiques ! Ce qui est amusant avec Beigbeder, c’est qu’il est trop vieux pour boire sa vodka d’un trait. Il jongle ainsi de cette nostalgie trempée de lucidité sur la démesure de fête cinglée, à une réelle tendresse pour toutes ces filles sublimes que l’on bazarde comme des bibelots, recrutées au cœur de l’adolescence la plus fragile pour finir sur des affiches de sites pornos. Déplaçant sa cible de la pub vers le monde de la beauté, mais gardant toujours au centre de ses préoccupations la gent féminine, Beigbeder est sincère, sans quoi l’histoire serait futile et creuse. Comme il sait donner de l’épaisseur à ses héros, son humour corrosif se régénère de scène en scène, et résonne bien dans la bouche de Gaspard Proust, son alter ego sur écran. Très à l’aise, Audrey Fleurot apporte avec entrain son énergie à la farce. Quant à la performance de Jonathan Lambert en tycoon trans de l’empire fashion, elle ne fait qu’ajouter à notre impatience de voir ce trublion dévoiler toujours plus son énorme talent… Malin et plaisant,  juste assez habile pour faire de la provoc pas bête, mais baigné d’envie de douceur familiale, L’Idéal est un film qui ne manque pas d’allure, sait s’en moquer, et invite à réfléchir en s’amusant plutôt qu’asséner de grandes leçons sous prétexte de satire. Ce qui ne manque pas d’une certaine élégance.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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