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L’île de Giovanni

 
ile de giovanni
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Fiche Technique
 

Millésime: 28 mai 2014
 
Réalisateur: Mizuho Nishikubo
 
Nationalité: Japonais
 
Genre: ,
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Animation au top, personnages attachants, récit puissant : l’émotion ne triche pas.


0
Posté le 28 mai 2014 par

 
Chronique
 
 

L’ile de Giovanni prouve à nouveau à quel point l’animation peut transcender les récits les plus délicats. Sur un sujet toujours épineux, respectueux des témoignages, Nichikubo compose un récit initiatique bouleversant. Cette page de l’Histoire, écrite par un enfant plein d’espoir, est une réussite.

A

lors que le Japon ne s’est pas encore remis de sa défaite, le petit Junpei voit son île isolée tomber aux mains de la Russie. Avec l’énergie de l’enfance, il s’efforce de trouver sa place dans ce destin terrible… L’île de Giovanni aborde une question encore épineuse, celle des îles Kourile, cédées à la Russie à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont le Japon réclame toujours la restitution. Pour traiter un sujet aussi délicat, le réalisateur aurait pu se concentrer uniquement sur l’aspect historique, d’autant plus passionnant qu’il nous est presque inconnu, ou laisser s’exprimer un réflexe patriotique encore très fort. Le projet d’un film live fut d’ailleurs évoqué, mais abandonné en raison de l’ampleur de la reconstitution qu’il nécessitait. C’est en utilisant la richesse narrative de l’animation que le récit trouve la distance de traitement idéale. Une réussite qui révèle enfin au grand public un des directeurs de l’animation les plus réputés du Japon, Mizuho Nishikubo. Que les amateurs connaissent sous son vrai nom, Toshihiko Nishikubo, pour être le collaborateur fidèle de Mamoru Oshii depuis Patlabor 2. Séduit par les recherches d’un étudiant américain, le scénario de Shigemichi Sugita a pris une dimension véritablement humaine grâce au témoignage de Hiroshi Tokuno, un natif de Shikotan qui inspira directement le personnage de Junpei. Pour contrebalancer les évènements racontés, souvent terribles, le réalisateur joue du filtre de l’enfance en ajoutant l’onirisme. Une dimension magique inspirée par un conte de référence, « Train de nuit dans la Voie lactée » du poète et auteur Kenji Myazawa,à qui l’on doit aussi Goshu le violoncelliste, magnifiquement adapté par Isao Takahata. C’est aux personnages du livre de Myazawa que le film doit la consonance occidentale de son titre.

Avec beaucoup de finesse, sans jamais perdre la pertinence historique d’un récit très juste, le réalisateur joue de cette dualité complémentaire jusque dans son graphisme. Si le présent relève d’une animation précise et classique, l’enfance de Junpei profite d’une liberté graphique très vivante, confiée au grand Nobutaka Ito (Arne et Yuki, Steamboy, Samurai Champloo, Ghost in the Shell 2…)  qui a aussi créé les personnages. Un idéal esthétique très cohérent qui profite pleinement des décors de l’argentin et français d’adoption Santiago Montiel. D’épreuves en plages de douceur, L’île de Giovanni raconte et évoque avec une richesse émotionnelle à même de conquérir tous les publics, y compris celui des enfants en dépit de l’intensité dramatique de certaines situations. Par son exigence esthétique et le caractère de son traitement, ce film se hisse aisément parmi la fine fleur de l’animation japonaise et, parce qu’il ne le copie en rien, n’a pas à rougir d’une comparaison avec la référence absolue qu’est Le Tombeau des Lucioles. Revendiquant un message d’espoir, le terrible et magnifique destin de Junpei possède cette résonance universelle rare qu’autorise l’animation à son meilleur niveau.

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

ile de giovanniL’avis du Margouillat : Avec délicatesse et inspiration, Nishikubo ressuscite une page méconnue de l’après-guerre, et en fait une célébration de l’enfance et de l’espoir face à la cruauté de l’Histoire. Le récit est très fort, servi par une animation japonaise exemplaire. À ne pas rater.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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