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L’incomprise

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 26 novembre 2014
 
Réalisateur: Asia Argento
 
Acteur: Giulia Salerno, Charlotte Gainsbourg, Gabriel Garko, Carolina Poccioni…
 
Nationalité: Française, Italienne
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


La vison de l’enfance est juste, donne autant a rire qu’à pleurer ou s’émouvoir. Et la petite Giulia est formidable.

C'est un peu faible...


les personnages des adultes sont parfois si caricaturaux qu’ils penchent vers la farce… ce qui apporte cependant une respiration appréciable au récit !


0
Posté le 26 novembre 2014 par

 
Chronique
 
 

L’enfance malheureuse peut-être un constat affligeant, ou un portrait poignant. Sincère et décidément douée pour diriger de jeunes acteurs, Asia Argento s’inscrit dans la seconde catégorie. Son portrait de la petite Aria est lucide sur l’injustice et la douleur, mais préfère montrer la lumière dans ce petit cœur balloté.

A

sia a des parents célèbres. Deux stars des années 80, deux monstres d’égocentrisme qui s’affrontent sans cesse, chacun se réfugiant ensuite auprès de leur premier enfant, issu d’un précédent mariage. Aria, elle, à la malchance d’avoir été l’enfant de leur amour à tous deux. Ballotée de l’un à l’autre, bataillant contre les jalousies et les vacheries de ses demi-sœurs, elle navigue dans ce chaos de sentiments jusqu’à l’explosion inévitable : le grand acteur superstitieux et la musicienne extravertie se séparent avec fracas. Chacun emporte sa fille, se refait une vie, un domicile. Entre lesquels Aria navigue de plus belle, sac au dos et cage à chat au bout du bras… Asia Argento le précise tout de suite : la vie d’Aria n’a rien d’autobiographique. Mais comme Asia et des millions d’autres, Aria est une enfant du divorce, des familles recomposées, une belle âme pleine de rêves qui a le sentiment d’être quantité négligeable, oubliée jusqu’à disparaitre dans l’ombre des enfants préférés par leurs parents. Aria est une malaimée universelle, mais qui se bat.

Avec les couleurs électriques des années 80, la réalisatrice imagine un conte tendre et cruel, l’expérience d’une enfance à hauteur de fillette. Puisque les adultes sont incapables de regarder à la bonne hauteur pour réaliser la beauté de cette personnalité en train d’éclore. La filiation avec le classique de Comencini s’arrête au titre, présenté par la réalisatrice comme une marque de respect pour ce mélo remarquable qui la fit tant pleurer. Mais il y a pourtant un point commun entre Asia Argento et l’immense Comencini : un goût revendiqué à travailler avec les enfants, et un réel talent à y parvenir. La réalisatrice est déjà parvenue à obtenir de très jeunes interprètes des performances remarquables. Dans Le livre de Jérémie, une histoire autrement plus terrible, elle avait su parfaitement employer le talent de Jimmy Bennett (Super Hero Family, Esther, Perception…) et des jumeaux Sprouse (depuis annihilés par leur carrière de Zack et Cody pour Disney Channel…). Asia Argento déclare vouloir préserver sa part d’enfance en travaillant avec eux, mais c’est plus fort que cela. Sans quoi elle ne parviendrait pas aussi bien à préserver leur candeur tout en les débarrassant des clichés dont les adultes les affublent.

Il faut dire que son interprète, Giulia Salerno, l’actrice la plus expérimentée parmi le casting d’enfants, est étonnante. Jouant de sa fragilité, elle révèle une présence et une force de caractère peu commune. Asia Argento trouve là une petite sœur de fiction qu’elle dirige avec amour. Un don pour la direction d’acteur qui se retrouve aussi pour les adultes. Loin des rôles de bellâtres pour petit écran qui font sa célébrité en Italie, Gabriel Garko compose une star risible à force de manies, mais qui sait aussi en quelques secondes devenir touchant quand il laisse parler son cœur. Tout aussi surprenante, Charlotte Gainsbourg est parfaitement crédible dans ce rôle d’artiste fantasque qui parfois s’efforce d’être mère. Avec un terrible naturel, elle est parfois proprement détestable. L’Incomprise est un tendre plaidoyer pour l’enfance qui ne tombe pas dans la complainte de la victime. Au contraire, Aria revendique la force des enfants, leur résistance au mépris, aux déceptions. Aussi loin que la mène le drame, il ne faut pas la plaindre, mais l’admirer. Ceux qui sont à plaindre, ce sont ces adultes, si pathétiques, si aveugle du haut de leur arrogance et de leurs certitudes qu’ils ne voient même pas le trésor à leur pied. Et bien qu’Aria ne soit en aucune façon Asia, il faut bien avoir vécu ces sentiments avec force pour les exprimer aussi bien…

Informations supplémentaires et l’avis Effronté du Margouillat

LINCOMPRISE-afficheL’avis du Margouillat : La mise en image est réussie, alerte, et repose sur une direction d’acteur épatante, riche du talent de la toute jeune Giulia Salerno. Un portrait d’enfance vivifiant, évoquant avec la cruauté nécessaire les égarements des grands et la solitude des petits. Et parce que Asia Argento parle plus de la force de ces incompris que de leur désarrois, elle nous gagne sans mal.

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Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.


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