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Lone Ranger, naissance d’un héros

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Gore Verbinski
 
Acteur: Johnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson
 
Nationalité: Américain
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
8.5


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.5


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


La preuve que l'on peut faire un film divertissant, un blockbuster mené tombé tambour battant, tout en gardant un scénario prenant.

C'est un peu faible...


Cascades surréalistes pour qui rêve de retrouver les bon gros westerns d’antan.


Posté le 26 août 2013 par

 
Chronique
 
 

Cultissime aux USA, le Lone Ranger   est inconnu partout ailleurs. Pour l’adapter, l’équipe de Pirates des Caraïbes a donc tout osé, à la grande colère du public américain. Les autres devraient beaucoup s’amuser avec ce spectacle délirant, mené par un Johnny Depp en grande forme !

D

ans une foire itinérante, un gamin tout fier de son habit de cow-boy rentre dans une tente mettant en scène les grandes figures de l’Ouest. L’une d’entre elle est particulièrement étrange. C’est un vieil indien avec un corbeau mort sur la tête. Un indien statufié qui reprend vie pour tirer de sa mémoire vacillante une histoire que le gamin n’a jamais entendu nul part. L’histoire d’un certain John Reid, jeune procureur épris de justice venu dans l’ouest pour retrouver son frère Marshall. Des retrouvailles dramatiques qui précipiteront le destin de l’idéaliste, faisant de lui un justicier masqué. Un personnage mythique qui devra sa nouvelle existence au concours d’un cheval blanc aux étranges manières, et d’un indien fantasque qui deviendra son ami et compagnon de vengeance, le fameux Tonto…

Le résultat ne déçoit pas. Les chevaux galopent sur les toits, les locomotives volent dans les airs, Johnny Depp s’en donne à cœur joie dans l’absurde, rejoint par Arnie Hammer, excellent en Lone Ranger.

Le réalisateur Gore Verbinski, le producteur Jerry Bruckheimer, l’acteur producteur Johnny Depp, mais aussi les scénaristes Ted Elliott et Terry Rossio, et le superviseur d’effets spéciaux John Frazier : c’est la belle équipe des Pirates des Caraïbes qui se retrouve pour l’adaptation d’un autre incunable populaire américain. Après l’une des attractions favorites des visiteurs de Disneyland, c’est au tour d’un cow-boy de légende, l’incontournable Lone Ranger, de passer à une postérité cinématographique d’envergue internationale. Ce qui n’est pas du tout une évidence, dans la mesure où ce Ranger aux allures de Zorro n’a jamais connu de succès que sur le territoire américain. Si un spectateur français tempête, horrifié que l’on massacre l’idole de son enfance, sachez que vous avez affaire à un gros mythomane. Star de la radio (près de 3000 épisodes de 1933 à 1954), du comics (édité de 1938 à 1971) puis de la télé (de 1949 à 1957), Lone Ranger a été l’inspiration d’un petit neveu, un certain Brett Reid plus connu sous le nom de Frelon Vert. Mais il n’a jamais franchi l’Atlantique sous aucune de ces formes… À part une seule : des séries de jouets magnifiques à l’époque sacrée des figurines articulées, les années 80. Ils étaient souvent confondus par les petits veinards avec les cousins Big Jim de Mattel, à cause de la gamme western de Karl May et son Winnetou… Pour présenter Lone Ranger au monde, il fallait donc revoir la copie en profondeur. Encore que cette idole américaine avait un atout : la compagnie pas si courante dans les années 30 d’un amérindien fidèle et intelligent, le fameux Tonto. Un rôle en or pour un acteur d’origine amérindienne toujours en quête d’un numéro à sa mesure : Johnny Depp. Optant pour le spectaculaire à fond les ballons et une solide dose de délire, l’adaptation promettait de dépoussiérer le mythe…

Et le résultat ne déçoit pas. Les chevaux galopent sur les toits, les locomotives volent dans les airs, Johnny Depp s’en donne à cœur joie dans l’absurde, rejoint par Arnie Hammer, excellent en Lone Ranger. Un duo comique très réussi et soutenu dans leurs efforts à nous distraire par un casting savoureux : William Fichtner en sale gueule exemplaire, Tom Wilkinson en méchant d’envergure et l’épatante Helena Bonham Carter en tenancière pétaradante. Mais alors comment expliquer ce déchaînement critique outre-atlantique ? C’est assez simple. Lone Ranger est un cow-boy exemplaire de la conquête de l’ouest où la justice se fait pour l’homme blanc à coup de flingue, un cousin de John Wayne, une référence immaculée d’une conquête prodigieuse. La version du film nuance la chose : c’est Tonto, l’indien cinglé qui raconte et vole la vedette, rappelant à un gamin sidéré que l’Amérique a été bâtie par des entrepreneurs sans foi ni loi qui ont massacré les indiens et n’ont cessé de se parjurer, des entrepreneurs qui ont accompli la magnifique conquête du rail en épuisant des esclaves asiatiques corvéables à merci, une accumulation de crimes exécutés sous l’œil bienveillant d’une armée d’une lâcheté exceptionnelle qui n’a jamais assumé ses fautes. À la niche Rintintin ! Déconseillé aux moins de 13 ans aux USA, rappelons que c’est un film estampillé Disney. On comprend soudain beaucoup mieux que le public autochtone, venu pour une célébration d’une idole blanche, vengeresse et conquérante, en soit un poil ébranlé ! Et si Lone Ranger, naissance d’un héros, monstrueuse machine commerciale, était en fait l’un des films les plus foutraques, les plus audacieux du moment ? Venez en juger en salle avec cet esprit pernicieux qui caractérise les français. Mille fois plus Rango que Roy Rodger, ce Lone Ranger saura vous distraire !

Informations supplémentaires et l’avis à plume du Margouillat

lonerangerL’avis du Margouillat : On est loin, très loin du vengeur masqué qui a passionné le public américain ! Ici, c’est l’indien qui raconte, offrant à Johnny Deep une composition dont il a le secret, et la belle carte postale de la conquête de l’Ouest est sacrément revisitée à grand renfort d’humour délirant et de clins d’œil savoureux !

Sitehttp://www.disney.fr/lone-ranger/index.html

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...