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Lost River

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 8 avril 2015
 
Réalisateur: Ryan Gosling
 
Acteur: Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain De Caestecker, Matt Smith
 
Nationalité: Américain
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Des images hypnotiques et un casting en or donne à ce cauchemar éveillé une réelle intensité

C'est un peu faible...


Fable tortueuse, conte décalé, il faut jouer le jeu pour entrer dans la tête de monsieur Gosling...


0
Posté le 9 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

Dans une ville en ruine, une mère et son fils adolescent s’efforcent de garder leur maison alors que toute valeur disparaît autour d’eux… L’enfant chéri du cinéma audacieux passe derrière la caméra, et ne nous déçoit pas. Son film est hanté, intense, outrancier, riche de personnages puissants. Une fable noire dotée d’un réel sens de l’image. Ryan Gosling n’a pas fini de nous surprendre…

B

illy et ses deux fils sont parmi les derniers habitants de cette ville moribonde. Alors que les maisons disparaissent, ravagées par les bulldozers ou éventrées par les incendies, Billy veut garder sa maison. Mais l’argent manque, et pour payer ses dettes, elle sera prête à pénétrer les cercles les plus inquiétants. Son fils aîné Bones cherche lui aussi à survivre. Et dans ce champ de ruines et de menaces, il trouve l’origine de la malédiction : une ville sous les eaux… On peut dresser la liste des références qui s’imposent à l’esprit, creuser les choix pour y chercher les influences de Lynch, Kubrick, Refn, Noé, et de quelques dizaines d’autres. Ce qui s’impose avec Lost River, c’est la différence extrême qui existe entre la référence que l’on impose pour se placer, et ce que l’on a appris et fait sien. Gosling ouvre une fenêtre fascinante sur univers torturé, poétique, violent, et infiniment personnel. Et lorsqu’il présente son scénario comme une version sombre de Goonies, ça n’est pas une boutade. Il y a dans la quête de Bones toute la ferveur d’une initiation adolescente pour sauver les siens et sa maison. Mais dans une société où Twin Peaks a remplacé E.T., et Katrina a noyé les illusions qui restaient. De fait, si l’acteur est passé derrière la caméra, ça n’est pas pour une question d’ego, mais pour répondre à une urgence.

Il s’en explique volontiers, avec une passion vibrante. Bouleversé par le cimetière du rêve américain qu’est devenu Detroit, conscient que ce spectacle de désolation était un épisode essentiel à sauvegarder, il est régulièrement venu prendre des images avant même de songer à la réalisation. Témoigner de ce désastre, rendre hommage aux quelques naufragés survivant encore dans ce no man’s land est ensuite devenu viscéral. Et la sincérité de son approche fait tout le succès de sa première réalisation. L’excellent Reda Kateb, le chauffeur de taxi et chevalier servant de ce conte noir et pervers, met judicieusement cette particularité en valeur lorsqu’il explique que Lost River n’est pas un film qui s’est imposé dans un lieu, lui superposant sa vision, sa fiction. Au contraire, le tournage a pris place parmi les habitants, avec leur complicité, leur participation impromptue parfois. Un pacte de confiance qui a aussi concerné le casting, invité à s’approprier les personnages, à improviser autant que nécessaire. Cette liberté, cette indépendance tirent le meilleur d’un casting impeccable. Christina Hendricks est admirable, Matt Smith méconnaissable de folie, et Ben Mendelsohn flippant à souhait. Lost River est un train fantôme à travers la torpeur de l’humain, quand il se noie, perd ses repères, ses racines. Déroutant, hypnotique, inquiétant, un film qui ne peut pas plaire à tout le monde. La définition même du cinéma indépendant.

Informations supplémentaires

Lost RIver Affiche
L’Avis du margouillat : 
Ryan Gosling est doué, on le savait. Mais passer derrière la caméra est un pari osé. Au-delà des références qu’il revendique, sa direction d’acteur et son sens de l’image nourrissent une vraie personnalité, un évident talent pour évoquer autant que raconter. Même s’il n’avait pas été signé d’un nom aussi célèbre, Lost River se serait imposé comme une révélation, un premier film extrêmement prometteur.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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