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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Marc Boreal, Thibaut Chatel
 
Acteur: Marc Lavoine, Julie Depardieu,
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
8.5


 
Scénario
9.0


 
Musique
8.5


 
Emotion
9.5


 
Notre note
8.9
8.9/10


Note des lecteurs
4 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Un dessin animé riche de charme et de délicatesse.

C'est un peu faible...


Drôle, charmant, comment lui reprocher quoi que ce soit.


Posté le 29 octobre 2013 par

 
Chronique
 
 

S’inspirant de sa propre histoire, Jean Regnaud a écrit une bande dessinée délicieuse sur son enfance sans maman. Une réussite qui donne ici matière à une adaptation méticuleuse, doucement nostalgique et pleine de vie.

J

ean à six ans, un petit frère envahissant, un papa qui travaille sans arrêt, une nounou formidable qui s’appelle Yvette, un meilleur copain qui s’appelle Alain et une confidente secrète, Michèle, qui lui fait la lecture en attendant qu’il puisse le faire lui-même. Mais pas de maman. Celle-ci est sans arrêt en balade aux quatre coins du monde, et lui raconte ses aventures par carte postale interposée. C’est son entrée au cours préparatoire qui fait prendre conscience au petit garçon de sa différence. Alors le moment venu, il s’invente une maman secrétaire, et se pose des questions sur la sienne…

Jean Regnaud a écrit avec Stéphane Bernasconi une transposition exemplaire, effaçant le rôle du narrateur pour mieux immerger les spectateurs de toute age dans le quotidien du petit garçon

Raconteur d’histoire depuis que la vocation lui est venue, à 3 ans, par la découverte de l’écriture grâce aux blagues Carambar, précision donnée par l’auteur lui-même, Jean Regnaud aura attendu longtemps avant que son talent ne s’applique à ses propre souvenirs. Le petit héros de « Ma maman est Amérique… » s’appelle Jean Regnaud, c’est tout dire. Et il fut d’abord un héros de papier. Illustré avec une sensibilité idéale par Emile Bravo, la BD se tailla vite une belle réputation en dehors des frontières françaises, collectionnant les prix de Montreuil a Angoulême et jusqu’en Allemagne. C’est qu’en racontant à hauteur de bout de choux ce morceau d’enfance, le livre abordait avec beaucoup de sensibilité des thèmes aussi délicat que l’absence d’une maman, la notion du deuil, de la différence. Pour adapter une telle réussite en film, il fallait employer autant d’ingéniosité dans l’adaptation que de délicatesse dans le trait. Retrouvant l’authenticité de cette enfance entre mélancolie et joie de vivre, la vision subtile des adultes par les yeux d’un gamin touchant, le film est une réussite à son tour.

Convaincu que l’animation était la seule façon d’adapter une histoire si intime sur grand écran, Jean Regnaud a écrit avec Stéphane Bernasconi une transposition exemplaire, effaçant le rôle du narrateur pour mieux immerger les spectateurs de toute age dans le quotidien du petit garçon. S’il perd la première personne, le récit n’en est pas moins fidèle, l’animation s’inspirant directement du style de Emile Bravo. Trait fort et précis d’une ligne claire vivante, couleurs claires et pleines, animation fluide et gracieuse, l’esthétique joue avec naïveté d’un réalisme qui fonctionne à merveille. Il laisse place à notre imaginaire mais recrée avec une efficacité épatante les années soixante dix, avec ses couleurs et ses formes. Surtout connu pour des séries plus remuantes, comme Kangoo Junior et Kung Foot, c’est le premier long métrage produit par Label Anim. Un très beau début dans la catégorie, qui consacre aussi un réalisateur novice, mais pas amateur. Le nom de Marc Boreal est déjà inscrit aux génériques de nombreuses séries (Corto Maltese, MOT, L’historie sans fin…) et de films tels que Astérix et le coup du menhir ou Big Bang de Picha. Sur un thème aussi délicat que le deuil et l’enfance, il est intéressant de comparer ce film avec l’approche japonaise du récent Lettre à Momo, dans la mesure où nous n’avons pas une mythologie d’esprits pour communiquer avec ce qui n’est plus. Très inspirée, l’histoire du petit Jean et de sa maman rêvée a de quoi toucher le cœur de tous les publics. Et par la tendresse qu’expriment les personnages, on en sort avec le sourire.

Informations supplémentaires et l’avis Plein de tendresse du Margouillat

ma-maman-est-en-ameriqueL’avis du Margouillat : La BD de Regnaud et Bravo est un genre de référence, le passage en film restait délicat. Reconstruisant intelligemment le récit sans rien perdre de ce doux portrait d’enfance, reprenant le trait de l’illustrateur pour une animation traditionnelle soignée, le résultat est très convaincant. Savamment nostalgique, le film évite le mélodrame et nous offre un morceau de vie adorable.

 

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...