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Maestro

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 23 juillet 2014
 
Réalisateur: Léa Fazer
 
Acteur: Pio Marmaï, Michael Lonsdale, Déborah François, Alice Belaïdi…
 
Nationalité: Française
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Sous couvert d’une comédie amusante, Maestro parle ingénieusement de passion pour le cinéma et invite avec chaleur à s’ouvrir à une culture qui nous fait trop souvent défaut.

C'est un peu faible...


Les inconditionnels de Rohmer pourront trouver l’image donnée par ce tournage caricaturale et irrespectueuse, mais qu’ils se rassurent, on ne se moque ici que pour mieux honorer.


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Posté le 29 août 2014 par

 
Chronique
 
 

Dans une société qui privilégie plus que jamais l’immédiat et les certitudes, seule la culture peut permettre à chacun de s’enrichir et se découvrir. Judicieuse et sincère, cette comédie s’amuse des clichés pour mieux nous faire comprendre la révélation qu’a vécu Jocelyn Quivrin en travaillant avec Rohmer. Un film intelligent, attachant, et inspirant.

U

n jeune acteur décroche un rôle dans le prochain film d’un vieux maitre du film d’auteur. Loin des paillettes, la production est fauchée et le tournage surréaliste. Mais il bouleversera le jeune homme… Si la promotion du film met en avant la genèse bien particulière de ce film, il faut saluer le choix de Léa Fazer d’avoir gardé pour le générique de fin cette parenté intime. L’évocation de l’engagement de Jocelyn Quivrin et la valeur de sa rencontre avec l’univers d’Eric Rohmer n’en est que plus forte, et l’émotion plus juste. Car Maestro surprend d’entrée par la légèreté de son ton et une tonalité comique débridée. Toute la première partie du film prend un malin plaisir à saisir les aspects les plus surréalistes et savoureux de ces tournages aux budgets symboliques, où la débrouille et la passion sont essentielles.  C’est d’ailleurs le premier hommage qui touche, et rappelle des souvenirs à tous ceux qui ont eu l’occasion s’égarer sur un plateau de tournage. Ce premier hommage va à ces « fous filmant », ces caractères que rien n’atteint dans leur volonté de réaliser un rêve aussi surréaliste, aussi décalé, aussi déraisonnable soit-il. Inviter des fans de Gran Turismo à tourner en toge dans la nature en déclamant un texte classique peut vite passer du désuet au ridicule. Mais il y ce personnage d’exception, ce faiseur paisible derrière sa caméra, assurément le seul à savoir ce que la caméra saisit et ce qu’il pourra en faire. Incarné par l’immense Michael Lonsdale, cet énigmatique intello devient vite un père spirituel attachant, attentif à son équipe, à qui rien n’échappe. Et c’est par lui que le miracle n’arrive.

À force de se retrouver aux limites de son univers, le jeune Henri – excellent Pio Marmaï -, en découvre un autre, dont il s’approprie peu à peu l’énergie. Il se découvre dans son propre jeu, dans le regard de l’autre, et perçoit le plaisir unique de repousser ses limites. Un gout qui ne vous quitte plus, et vous incite ensuite à lire, découvrir, expérimenter toujours plus. Lorsque Lea Fazer parle de la génération d’Henri, celle de Jocelyn Quivirin donc, elle parle d’orphelins de culture. C’est très vrai. Et la révélation de cet acteur, sa découverte d’un potentiel qu’il ignore chez lui comme chez les autres, c’est une invitation à s’ouvrir à d’autres expressions, même lorsqu’elles sont dénigrées, dépassées, marquées de clichés. Cette envie qui pousse à voir et entendre, à se frotter à l’excellence des autres, c’est ni plus ni moins l’accès à la culture. Avec beaucoup d’humour et sans arrogance, Maestro illustre cette divine tentation pour le plus large public. Ce qui rend plus chaleureux encore l’hommage qu’incarne le film pour ceux qui l’ont motivé : la rencontre du jeune comédien Jocelyn Quivrin et du vieux maître de la Nouvelle Vague, Eric Rohmer. Un choc de génération inattendu qui avait tant motivé l’acteur qu’il avait entrepris d’en raconter l’aventure. Décédé accidentellement en pleine écriture, c’est sa coscénariste et amie fidèle qui a finalisé l’écriture et entreprit de le réaliser. Le résultat est particulièrement touchant. Moqueuse et tendre, la comédie nourrit une passion sincère, qui donne une vraie envie de pousser la porte d’un théâtre, de dévaliser une libraire. Et s’impose ainsi comme un hommage touchant de simplicité pour Jocelyn Quivrin et Eric Rohmer, les deux anges gardiens de cette attachante entreprise.

Informations supplémentaires et l’avis Attention Ingmar du Margouillat

maestroL’avis du Margouillat : Parce que le film choisit l’humour, il transmet intelligemment au plus large public ce qui avait tant impressionné l’acteur Jocelyn Quivrin en travaillant avec Eric Rohmer : l’accès à une sensibilité différente, l’envie d’explorer et d’oser. Une révélation qui se résume par l’accès à la culture, et pas seulement celle qui a les honneurs du prime time. Par son humour, la légèreté de son émotion et sa malice, Maestro est une belle surprise.

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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