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Maggie

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 27 mai 20105
 
Réalisateur: Henri Hobston
 
Acteur: Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson, Laura Cayouette...
 
Nationalité: américain, suisse
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
3 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Original, sensible, prenant, touchant, et un Arnold qui joue plus de sa présence que de ses muscles. On apprécie!

C'est un peu faible...


On aurait pu s'attacher encore plus aux personnages s'ils avaient été plus fouillés


0
Posté le 26 mai 2015 par

 
Chronique
 
 

maggieafficheMaggie est infectée, son sort est inéluctable. Mais son père ne peut l’abandonner. Il la ramène à la maison… Pour son premier film, Henry Hobson détourne intelligemment la thématique rabâchée du zombie. Il filme patiemment une apocalypse intime, lente et douloureuse, qui parle bien plus de vie que de mort. En fille et père, Abigail Breslin et Schwarzy sont poignants.

A

près deux semaines de recherche, Wade retrouve enfin sa fille Maggie. Et il ne se fait aucune illusion : elle est infectée par cette maladie qui ravage l’humanité. Son temps est compté, mais d’ici qu’elle devienne une créature sans âme et affamée de chair, il va la garder avec lui… C’est notre grand guignol moderne, notre Halloween au quotidien. Fascinés jusqu’au malsain par cette fin du monde que nous rejouons chaque soir aux infos, nous avons fait d’une frayeur ancestrale une star du box-office. Les morts-vivants sont devenus notre marotte. Mais le truc est un classique : pour diminuer la peur, il faut en faire l’expérience encore et encore… au point que cela devient totalement artificiel. Dans ce registre, l’annonce d’un film de zombie avec Arnold Schwarzenegger n’avait étonné personne. Et pourtant. Avec son petit budget, le premier film de Henry Hobson invite le mort-vivant dans le registre du drame. On pourra lui reprocher de très peu creuser ses personnages, de ne faire qu’ébaucher les relations qui nous les auraient rendus encore plus attachants, de laisser passer de nombreuses occasions de pimenter le récit. Mais ça n’est pas son but. S’il utilise habilement certains effets horrifiques pour taquiner le frisson, Hobson ne nous parle jamais que d’une maladie fatale, d’une malade condamnée, et de ceux qui sont contraints de la laisser partir…

Les insatiables du carnage post-apo façon Walking Dead en seront pour leurs frais : Maggie est un film tendre qui ne parle que d’amour. Pire encore : l’histoire est une ligne droite, assumée, qui ne laisse aucun doute quant à son issue. Et c’est tout son intérêt. Avec une certaine pudeur, sans abuser de l’imagerie du zombie, Maggie raconte jour après jour ce compte à rebours morbide, la dégénérescence du corps plus rapide que celle des sentiments, la peur qui s’insinue, l’évidence de la fin. Avec une lenteur assumée, Maggie esquisse le chemin du deuil quand le destin n’a plus de mystère, et qu’il faut l’affronter en toute connaissance, en toute conscience. Mise en image avec application, cette chronique d’une fin annoncée joue ingénieusement sur le suspens. De beaux maquillages bien maîtrisés ajoutent une note horrifique sans trop en faire. On aurait presque pu imaginer cette tragédie jouée sur les planches tant elle peut se passer d’artifice. Seule la sensibilité de l’interprétation est indispensable, et celle-ci est réussie. En tête d’un casting court mais convaincant, Abigail Breslin compose une Maggie touchante, très crédible, et Schwarzy opère avec son rôle de papa bouleversé un judicieux virage. Sa composition fait plaisir à voir, et tous deux s’accordent parfaitement. Certaines scènes, comme celle du baiser sur le front, ont une intensité indéniable. Maggie ne révolutionne ni l’horreur, ni le drame, mais à sa façon, le film remet quelques pendules à l’heure. Il réduit le fatras horrifique dont on nous abreuve à des notions très simples, très douloureuses. Une fin du monde peut se jouer en silence, dans un lit d’hôpital. Et l’ultime geste d’amour pour ceux qui restent, c’est d’accompagner celui que l’on aime jusqu’à sa fin…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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