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May in the summer

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 07 mai 2014
 
Réalisateur: Cherien Dabis
 
Acteur: Cherien Dabis, Hiam Abbas, Bill Pullman, Alia Shawkat…
 
Nationalité: Américaine, Jordanienne, Qatarienne
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.8
6.8/10


Note des lecteurs
6 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Sur une tonalité féminine pétillante, le film nous montre la Jordanie sans complexe ni cliché

C'est un peu faible...


Un regard moins anecdotique que sur une société que l’on connaît si mal


0
Posté le 7 mai 2014 par

 
Chronique
 
 

Témoin de son temps et de la pluralité culturelle, Cherien Dabis s’investit devant et derrière la caméra pour raconter son pays d’origine, esquissant pour cela d’attachants portraits de femmes.

N

ew-yorkaise d’adoption, May revient dans sa Jordanie natale pour organiser son mariage. Mais son futur compagnon étant musulman, sa mère chrétienne pratiquante ne cache pas son désaccord. Heureusement, May peut compter sur ses sœurs… Cherien Dabis a réalisé plusieurs courts métrages et écrit pour la série L World avant que son premier film, Amerrika, ne la révèle au grand public. Après avoir raconté l’Amérique par les yeux d’une Palestinienne arrivant aux États-Unis à l’heure de la guerre en Irak, la réalisatrice accomplit en quelque sorte le chemin inverse en retournant sur les traces de son passé et de son identité. Née à New York, d’origine palestino-jordanienne, Cherien Dabis a passé la plupart de ses étés en Jordanie. Pour son second long-métrage, elle retrouve donc ces lieux familiers pour dépeindre une société jordanienne qu’elle connaît bien, et brosser le portrait de la femme dans sa belle variété. Elle-même enfant de couple divorcé, le choix de mettre en scène une famille séparée lui permet de consacrer toute son attention à un casting féminin. Avec un futur mari resté aux USA, la seule présence masculine est le père divorcé, un diplomate américain incarné par un Bill Pullman touchant. Un père qui est à la fois la cause de la séparation, et l’incarnation d’une culture américaine dont la Jordanie se défie autant qu’elle la fascine.

Jouant volontiers de la comédie pour dépeindre les rapports détonants de cette famille remuante, Cherien Dabis utilise les personnalités bien marquées de chacune d’entre elles pour composer une image vivante et variée de la femme moderne en Jordanie. Entre May, femme libérée ayant adopté le modèle occidental non sans une certaine provocation et sa mère, fidèle en religion et attachée aux traditions, parfaitement interprétée par Hiam Habbas, la vision qui nous est donnée de la Jordanie est assez inhabituelle. Un choc sentimental, amoureux et culturel plein d’énergie qui pour autant ne se détourne pas des enjeux idéologiques ou religieux. Et qui met en avant un autre personnage, rarement montré, la ville d’Amman et la beauté des paysages de Jordanie. Avec ce portrait chorale, Cherien Dabis joue habilement de l’instantané de société, du questionnement identitaire. Mais sa plus grande audace est sûrement, pour la première fois, d’être passée devant la caméra en assurant le rôle de May. La réalisatrice s’est préparée pendant un an et demi pour cette expérience qu’elle craignait beaucoup. May in the summer a de quoi la rassurer : si son film est réussi et attachant, c’est notamment grâce à sa prestation pleine de charme et sa présence solaire. Cherien Dabis n’a donc pas fini de nous surprendre.

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

may in the summerafficheL’avis du Margouillat : Cherien Dabis démontre avec talent qu’elle n’est pas la réalisatrice d’un seul film. En tournant son regard inspiré vers ses origines, son portrait de femmes pluriel raconte la Jordanie comme on l’a rarement vu. Et sa première prestation d’actrice est prometteuse.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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