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Metro Manila

 
Metro-Manila
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Sean Ellis
 
Acteur: Jake Macapagal, Althea Vega, John Arcilla
 
Nationalité: Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.5


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.5


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Un vision trash, poétique et toujours pertinente de Manille.

C'est un peu faible...


La plastique exceptionnelle du film, parfois un peu en décalage par rapport au sujet. Mais on chipote. Courrez !


Posté le 31 juillet 2013 par

 
Chronique
 
 

Sean Ellis s’expatrie à Manille et tourne avec des acteurs philippins un suspens sur fond de peinture sociale désespérée. Dépouillé, intense et prenant.

O

scar Ramirez n’en peut plus. Sa dernière récolte ne va même pas lui permettre d’acheter les semences pour la prochaine saison. Emmenant sa femme et ses deux enfants, il se résout à s’en remettre au rêve de tous les Philippins de la campagne : faire fortune à la capitale, la tentaculaire Metro Manila. A peine arrivé, le paysan découvre vite que la misère est un commerce qui fait la fortune de Manille et de ses innombrables parasites. De la pauvreté des montagnes du Nord, Oscar et les siens tombent dans celle des taudis insalubres. Foncièrement honnête, Oscar se démène pour trouver d’urgence un métier. Son passé dans l’armée va lui donner une chance de décrocher l’un des jobs les plus périlleux de cette ville ultra-violente : convoyeur de fonds. Il pourra compter sur son co-équipier, Ong, un convoyeur d’expérience…

Maniant intelligemment la steadycam, assumant une image dépouillée parfois proche du documentaire, il boucle en 30 jours son tournage

Nous avions découvert le britannique Sean Ellis avec le fascinant Cashback, un essai parfaitement maîtrisé et presque transformé avec l’intrigant et soigné The Broken. Pour son troisième long métrage, désireux de changer totalement de démarche, Ellis abandonne toute sophistication pour s’attaquer à un tournage lui demandant un investissement personnel maximum. Marqué par une violente altercation entre deux convoyeurs de fonds lors d’un voyage à Manille, le réalisateur a imaginé une histoire lui permettant de parler de cette ville hors norme et de la pauvreté qui y règne. Mais pas question de tricher avec son sujet : assumant lui-même direction, cadre et prise de son, il réunit un casting d’acteurs philippins pour tourner dans leur langue avec un budget minimum. Maniant intelligemment la steadycam, assumant une image dépouillée parfois proche du documentaire, il boucle en 30 jours son tournage, parfois au prix de scènes « volées » à défaut d’obtenir les autorisations pour certains décors. Débutant comme un mélo social, Metro Manila ajoute à son juste portrait de la misère une dimension de suspens qui, sitôt que l’action s’intègre à Manille, ne cesse de gagner en intensité.

S’offrant des passages d’une réelle poésie, et grâce à une bonne connaissance de la ville, Ellis parvient à présenter une vision pertinente de Manille, personnage à part entière de l’intrigue. Dès lors, le suspens allie avec réussite une vision humaniste des personnages et un timing de polar nourri plus de tension que d’action. La référence à Training Day s’impose, notamment pour le duo de collègues entre le novice et le vétéran. Il faut préciser que le casting, que l’on vous invite vivement à découvrir en VO sous-titrée, se montre particulièrement convaincant. Venu à l’origine pour organiser le casting du film, l’acteur Jake Macapagal s’est vu offrir le rôle de Oscar. Fébrile et émouvante, sa performance est particulièrement convaincante. Une sensibilité qui s’accorde parfaitement avec l’humanité que dégage la star Philippine John Arcilla dans le rôle de Ong. Mélo qui se fait chronique citadine de la violence et de la misère, Metro Manila cache bien son jeu, et fait monter la tension sans cesser d’évoquer sans concession la misère et la peur, l’insécurité et la précarité, qu’il s’agisse de morale ou de survie. De ce genre de film qui pourrait passer inaperçu dans l’avalanche de sortie de ce mercredi, et ce serait bien dommage. Prix du public à Sundance.

Informations supplémentaires et l’avis boulot, dodo du Margouillat

metro manilaL’avis du Margouillat : Drame de la misère et de la survie, Metro Manila se teinte des nuances d’un suspens avant de nous surprendre d’un polar habile.

Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...