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Mort à vendre

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Faouzi Bensaïdi
 
Acteur: Fehd Benchemsi, Fouad Labied, Mouhcine Malzi, Faouzi Bensaïdi
 
Nationalité: Française, Belge, Marocaine
 
Genre:
 
Mise en scène
7.5


 
Scénario
7.5


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.5


 
Notre note
7.6
7.6/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un film maîtrisé, solidement incarné, qui touche par sa sourde colère et sa lucidité. Un film qui séduit par son ambition.

C'est un peu faible...


Peut être un peu trop codifié, mais on chipote !


Posté le 21 août 2013 par

 
Chronique
 
 

Avec ce troisième film, Faouzi Bensaidi réunit tous les ingrédients caractéristiques de sa vision exigeante du cinéma. Un film cohérent et sombre qui manie polar noir et instantané social avec une efficacité indubitable.

A

llal sort de prison. Si c’est son père qui le prend dans ses bras, c’est avec ses amis de toujours qu’il file goûter l’air de la liberté. Traversant les rues animées de Tétouan, le trio inséparable se retrouve. Il y a Malik, chômeur chronique supportant difficilement la vie de famille avec son beau-père, boulanger médiocre, et le jeune Soufiane, un lycéen solitaire passant plus de temps dans la rue qu’en cours. Comme ses deux amis, Allal vit de petits larcins et de combines minables. Mais son séjour derrière les barreaux l’a changé. À 30 ans, il n’en peut plus de se faire virer des boîtes de nuit à la mode et de se faire traiter de voleur de poule. Il est temps de voir plus grand. Allal veut entraîner ses complices de toujours dans la vraie criminalité. Mais les évènements se précipitent, qui modifient leurs projets et vont changer profondément chacun des trois amis. Il y a notamment la belle Dounia, « danseuse » réservée aux cadors du coin, dont Malik tombe éperdument amoureux…

Sans quitter une vision très sociale de son Maroc, s’autorisant toujours des audaces de style, il s’empare cette fois d’un cadre occidental : le polar

On a découvert le talent de réalisateur de Faouzi Bensaidi en 2003 avec le très touchant Mille Mois, un talent confirmé trois ans plus tard par le formellement plus original WWW-What a Wonderful World. Si ce troisième film emprunte à des cadres plus classiques, il permet au réalisateur d’affiner plus encore sa démarche. Sans quitter une vision très sociale de son Maroc, s’autorisant toujours des audaces de style, il s’empare cette fois d’un cadre occidental : le polar. Visant un cinéma mature qui refuse la facilité des récits formatés, il utilise la trame du suspens pour saisir sous un autre angle le mal qui ronge la jeunesse de son pays. Très bien servi par un bon casting, il livre avec ce portrait des frustrations et de la désillusion un film authentiquement noir. Le parcours de chacun des trois amis va illustrer les dérives qui guettent les jeunes générations, et assomment de banalité les aînés. Entre celui qui veut assumer son destin de malfaiteur et celui qui cédera à la fascination religieuse, il y a bien la lumière du fragile bonheur de Malik, mais tout s’avère dévoyé, perverti. Ce triptyque de la désillusion et de la rage assume jusqu’au bout sa noirceur par la rigueur avec laquelle il réduit les espoirs à néant.

Une démarche construite et prenante, qui sait poser des images fortes tout au long du récit. Un vocabulaire cinématographique propre à Bensaidi, qui joue de façon personnelle avec les genres et ne souffre en fait que d’un seul vrai défaut : ce titre étrange, qu’il est difficile d’interpréter. Même pris dans son sens le plus simple et le plus désespéré concernant ses héros, il peine à coller à l’expérience du trio. Très bien servi par ses interprètes, saisissant le Tétouan de son enfance avec tendresse et mélancolie, Faouzi Bensaidi réunit autour de lui des collaborateurs fidèles et comme souvent, passe aussi devant la caméra en s’appropriant le rôle du flic. Individu infréquentable et inquiétant entre tous, ce second rôle est d’une grande importance, et Bensaidi s’emploie à merveille à en révéler la noirceur. Rageur et lucide, primé à Tanger et à la Berlinale, Mort à vendre impose avec force un cinéma du Maghreb original et en phase avec son temps. La confirmation du talent de Bensaidi incarne les espoirs que porte toute une nouvelle génération de réalisateurs d’Afrique du Nord. Ils ne sont pas si nombreux à pouvoir apposer sur leur affiche un commentaire aussi élogieux signé Scorcese…

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

mort a vendreL’avis du Margouillat : Entre polar prenant, étude sociale acide et histoire d’amour, Mort à vendre livre une vision contemporaine, pertinente et forte du Maroc et de sa jeunesse

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...