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Ne m’oublie pas

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: David Sieveking
 
Acteur: Gretel Sieveking, Malte Sieveking, Margarete Sieveking
 
Nationalité: Allemande
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.5


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.4
8.4/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Ça n'est pas la maladie qui a la vedette, mais la personnalité de la malade, célébrée avec la tendresse d'un fils.

C'est un peu faible...


Certains lui reprocheront quelques valeurs morales (amour libre et militantisme d'extrême gauche).


Posté le 30 septembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Regard juste porté sur la maladie, message d’amour poignant, ce documentaire est empreint d’une dignité, d’une tendresse et d’une humanité bouleversantes.

David Sieveking est le benjamin de la famille fondée par Gretel et Malte. Intellectuels allemands engagés dans les combats politiques des années 60, ces deux caractères ont toujours revendiqué leur indépendance, même au sein de leur famille. Jusqu’au soir d’un réveillon de Noël où Gretel sert une simple soupe, et oublie les cadeaux. Toute la famille se trouve confrontée aux effets d’un Alzheimer qui va continuer de détruire la mémoire et l’esprit de Gretel. Pour retarder autant que possible cette disparition annoncée, David décide de filmer le quotidien avec Gretel. Un tournage impossible à planifier, totalement dépendant de l’état de sa mère, qui va se prolonger sur six mois, à l’affût des opportunités, des moments de lucidité…

« Comment peut-on aider quelqu’un quand on voudrait, en fait, simplement pleurer ? » se demande le réalisateur en se lançant dans cette aventure.

Si l’intention du fils tient de la plus douloureuse évidence, ce cri d’amour n’a rien de désespéré. Au contraire. Le tournage en lui-même va s’avérer une motivation pour tous. Pour Gretel qui va faire des efforts, intriguée par cette petite équipe que l’on doit lui présenter à nouveau chaque matin. Mais aussi pour les autres membres de la famille, dont Malte, plus enclin à prendre en charge les tâches du quotidien. Juste témoignage sur la maladie d’Alzheimer, préservant avec un humour parfois inattendu la dignité de Gretel, Ne m’oublie pas dépasse vite son statut de portrait d’une mère.

Il y a d’abord un volet d’investigation. Gretel était une femme discrète sur son passé, ses expériences. Pour pouvoir la raconter, David Sieveking va devoir se souvenir à sa place. Et découvrir ainsi qu’elle fut engagée au point d’être fichée et surveillée par les autorités suisses. Il va aussi découvrir à quel point le couple de ses parents, avare en tendresse, avait appliqué dans la réalité la liberté des mœurs qu’il préconisait. Tandis que la personnalité de Gretel et Malte se précise aux yeux de leur fils, la maladie elle-même intervient dans ce portrait. Les concepts abstraits, les conventions échappent à Gretel, qui exprime ses sentiments plus simplement, plus crûment que jamais. Elle tient la main de Malte, spectacle auquel leur fils n’avait que rarement assisté. Et Malte y prend goût. Chaque matin, Gretel et Malte se retrouvent, remettent des mots et des attentions pour illustrer leur amour. C’est toute la famille qui se redécouvre ainsi. « Comment peut-on aider quelqu’un quand on voudrait, en fait, simplement pleurer ? » se demande le réalisateur en se lançant dans cette aventure. Sieveking y est parvenu avec sa caméra, trouvant la distance juste dans cette intimité, partageant ses frustrations et ses angoisses. Mais avec une telle simplicité, une élégance telle qu’il parvient à conférer à son témoignage un optimisme, un amour de la vie inespéré dans ces conditions. De nombreuses fois récompensé, Grand prix de la critique à Locarno, Ne m’oublie pas est exemplaire en bien des points, notamment dans sa façon de présenter la maladie d’Alzheimer.

Informations supplémentaires et l’avis Ça parle de quoi déjà ? du Margouillat

ne m'oublie pasL’avis du Margouillat : Le thème fait frémir. Le ton donné par ce portrait pourtant sans concession a donc de quoi surprendre. Ça n’est pas la maladie qui a la vedette, mais la personnalité de la malade, célébrée avec la tendresse d’un fils. Et plus les symptômes s’aggravent, plus l’amour et la vie s’imposent. On en sort bouleversé.

Site : Ne m’oublie pas

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...