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Mustang

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 17 juin 2015
 
Réalisateur: Deniz Gamze Ergüven
 
Acteur: Erol Afsin, Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Tuğba Sunguroğlu...
 
Nationalité: français, allemand, turc
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


On est immédiatement touché par la grâce de ces 5 soeurs, avant d'être emballé par l'habileté du propos

C'est un peu faible...


Une critique? Difficile! Même la musique de Warren Ellis est juste...


0
Posté le 18 juin 2015 par

 
Chronique
 
 

MustangAfficheTrop belles, trop libres, cinq sœurs sont enfermées et condamnées par la tradition à devenir des épouses. Un isolement toujours plus cruel qu’elles n’auront de cesse de détourner… Vision intime d’un choc culturel ravageur, ce lumineux portrait de cinq sœurs unies renvoie l’image d’une Turquie déchirée quant à la place de la femme. Un premier film fort, beau, d’une grande richesse émotionnelle et portée par 5 jeunes filles d’un naturel et d’une grâce touchante.

E

lles sont cinq, radieuses, belles comme le jour, et le monde leur appartient. C’est ainsi que Lale voit ses quatre grandes sœurs. Et les garçons du village ne les voient pas différemment. Mais dans une Turquie écrasée par ses traditions, leur liberté n’est pas du goût de tous. Élevée par leur grand-mère dans la maison de leur Oncle, la peur des commérages amène des conséquences spectaculaires : la maison devient une prison, l’école est remplacée par l’apprentissage des taches ménagères, chacune étant promise à un mariage arrangé. Les cinq sœurs n’oublient pas le monde extérieur pour autant… Partagée entre France et Turquie depuis l’enfance, Deniz Gamze Ergüven signe un premier long métrage extrêmement personnel, abordant de front des thèmes brûlants. De l’éducation à la tradition du mariage forcé, Mustang pointe avec une rare intelligence la question même de la place de la femme dans la société turque. Plutôt que de revendiquer, de dénoncer, la réalisatrice a préféré s’inspirer de sa propre expérience, et construire grâce à l’innocence et l’intelligence de Lale, la benjamine, une sorte de conte qui permet de tout évoquer, de tout montrer, sans jamais s’enfermer dans des sanctions ou des certitudes.

Mustang n’est pas la vision d’un drame, mais le reflet d’une réalité, vécue de l’intérieur par le prisme de cette « sororité » de conte. Cinq sœurs orphelines de parents, qui parce qu’elles sont ensemble possèdent une force et une vitalité qui fait trembler les traditions. Un récit où chaque étape à les vertus symboliques d’une fable, mais qui conserve son intensité. Parce que, attachée à l’innocente et la soif de vivre des cinq héroïnes, leur histoire balance entre la beauté des bonheurs partagés et les drames les plus noirs qui se dessinent, les rires pleins de vie et les vilains secrets qui gâchent tout. De l’image d’une jeunesse solaire à la tension du suspens, la gamme d’émotions est étonnante, traitée avec beaucoup de finesse par une caméra complice et discrète. Mustang fait un bel usage de ce soleil d’été, de ces décors de rêve. Une magie portée par cinq jeunes actrices qui se complètent à merveille, fortes d’une complicité qui ne peut être fictive. Entre toute cette innocence, cette fougue, et la rudesse du propos, traité sans détour, Mustang s’impose comme un film aussi bouleversant dans sa forme qu’il est pointu par son traitement. Un cri d’indignation qui ne prend vraiment forme qu’à sa conclusion, mais marque par sa tendresse dès ses premières images.


watchingmachine

 
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Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.


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