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Ningen

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 1 avril 2015
 
Réalisateur: Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti
 
Acteur: Masahiro Yoshino, Megumi Ayukawa, Xiao Mu Lee, Masako Wajma...
 
Nationalité: Turc, français, japonais
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
00


 
Emotion
7.0


 
Notre note
5.0
5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


L'engagement d'un casting amateur stupéfiant, la force d'un récit, l'audace de la mise en scène: du cinéma à part.

C'est un peu faible...


Du cinéma d'auteur qui fixe ses propres règles du jeu. Certains peuvent être réfractaires.


0
Posté le 7 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

Mr Yoshino ne sait plus quoi faire pour sauver son entreprise. Une pression telle qu’il cède et se réfugie dans la solitude de sa folie… Ningen est vraiment un film à part. Difficile de croire que ce morceau intime d’un Japon en crise soit le travail de deux réalisateurs occidentaux en résidence, travaillant avec un casting non professionnel… Un cinéma certes exigeant, mais le thème est fort et les acteurs excellents.

P

DG de la vieille école, Mr Yoshino s’efforce de garder bonne figure, mais son entreprise périclite dramatiquement. S’il n’y avait ce propriétaire de restaurant bon vivant, qui l’accueille toujours chaleureusement pour noyer sa nostalgie de l’amour perdu, M Yoshino serait seul. Seul pour garder la face, seul pour se battre et trouver de l’argent. Seul pour vieillir irrémédiablement. Tous ses employés et leur famille comptent sur lui. Sa femme aussi. La pression est telle que, peu à peu, le vieil homme sombre… Ningen est vraiment un film très surprenant. Il résonne des valeurs japonaises, d’une sensibilité très nippone aux légendes et au mystique, alors qu’il a été réalisé par deux Occidentaux. Complices depuis 8 ans, Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti sont des habitués des festivals avec leurs courts métrages primés de nombreuses fois. Et c’est après avoir été primés pour leur court Ata qu’ils ont saisi l’opportunité d’un voyage au Japon, qui donna lieu à un autre tournage… qui leur ouvrit toutes grandes les portes de la Villa Kujoyama à Kyoto pour 6 mois de résidence. Ningen est le fruit de cette immersion dans la société japonaise, portée par une méthode de travail totalement fascinante.


Ningen (bande-annonce) par IsabelleBuron

Pour construire leurs fictions, courtes ou longues, Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti choisissent des acteurs non professionnels, et s’inspirent de leur vie pour écrire leur scénario. Ce PDG qui manque de perdre la raison après la faillite de son entreprise, qui surnage à la dépression par l’amitié d’un patron chinois du quartier rouge, c’est ce qu’a vécu Masahiro Yoshino, rencontré à l’occasion d’un de leurs courts métrages. Et c’est son ami Xiao Mu Lee qui joue son propre rôle, ou du moins son reflet très ressemblant de fiction. On retrouve ainsi dans le casting des employées de Yoshino, des amis de l’équipe technique… Et c’est dans une institution psychiatrique, celle-là même où est interné le personnage de Yoshino, que le duo a trouvé l’autre partie de son casting. Un tournage dans l’ordre chronologique des scènes, mais sans scénario annoncé, invitant chacun à s’investir autant que possible, notamment pour revisiter les dialogues. Un mélange de confiance et de respect
qui nourrit une émulation stupéfiante. Rétrospectivement, il est difficile de croire que tous ceux qui apparaissent à l’écran, si sincères dans l’émotion, sont des amateurs… La construction du film en chapitre permet de bâtir la fable sans trop l’intellectualiser, et s’il faut faire un petit effort pour saisir le rapport entre l’expérience de Yoshino et deux antiques légendes japonaises, le résultat est vraiment unique, et marquant. Un cinéma d’auteur multiculturel, et pourtant très fidèle. Et plus facile à appréhender qu’il n’y paraît.

Informations supplémentaires et l’avis du margouillat

Ningen_Front_A4_CMJN_SEND

L’avis du margouillat : Après le fascinant De l’autre coté de la porte, c’est la seconde fois que des réalisateurs occidentaux parviennent à donner du sens à une fiction sincère, respectueuse de la culture japonaise. Une narration fouillée sur des thèmes universels : la crise économique, la vieillesse, la quête d’un amour que l’on a toujours eu ses côtés… Le résultat emporte le suffrage grâce à l’engagement d’un casting non professionnel assez stupéfiant.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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