Nos actus
 

Nos étoiles contraires

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 20 août 2014
 
Réalisateur: Josh Boone
 
Acteur: Shailene Woodley, Ansel Elgort, Nat Wolff, Willem Dafoe...
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
3 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Des personnages forts, parfaitement incarnés, et un ton qui réconcilie avec le mélo

C'est un peu faible...


Il y a bien quelques effets convenus, mais l’économie d’émotion est facile est évidente


0
Posté le 29 août 2014 par

 
Chronique
 
 

L’amour et la maladie sont les deux ingrédients adorés d’un mélodrame pas toujours très raffiné. Rajeuni par le caractère de ses héros, ce mélo trouve sa différence, respectueuse du livre. Sans chercher la larme facile, ce récit romantique un peu particulier y gagne en qualité et en sincérité. Les cœurs de pierre n’y résisteront pas facilement.

H

azel rencontre Gus lors d’un groupe de soutien pour ado atteint du cancer. Chacun doté d’un sacré tempérament, ils vont se découvrir et s’aimer… Si la littérature ciblant les ados a bien souvent fait le bonheur des grands studios de cinéma, certains de ces best-sellers se démarquent de la concurrence par leur qualité d’écriture, et l’originalité de leur ton. C’est le cas pour Nos étoiles contraires de John Green. Reprenant la partition éprouvée de Love Story, ce premier amour sur fond de cancer avait su emporter un vaste public, se jouant des clichés du mélo en présentant la maladie sous un jour réaliste et moins respectueux des conventions. Partagée par une très vaste communauté de fan dépassant l’unique ciblage ado, les attentes pour son adaptation sur grand écran n’en étaient que plus fortes. Et en seulement deux longs métrages, celui-ci inclus, le réalisateur Josh Boone fait preuve d’une réelle finesse dans un genre qui croule trop souvent sous les archétypes. Après un portrait de famille très attachant, Stuck in love, que le spectateur français n’a découvert qu’en DVD, Boone réussi une adaptation respectueuse du livre de Green, soignant ses personnages et leurs dialogues jusqu’à insuffler une réelle fraicheur dans un cadre qui avait tout pour rebuter les meilleures volontés. Une sensibilité qui se retrouve notamment dans la façon de jouer sur les ruptures de rythme et d’utiliser la stratégique bande originale, très réussie.

Évitant le piège caractéristique du tire-larme, réservant les effets de l’émotion avec un sens habile du timing, son film retrouve l’une des forces du livre : au-delà de la situation de ses amoureux, il invite à dépasser le drame pour pointer le caractère précieux de la vie, dans ce qu’elle a de plus simple, et de plus essentiel. Sans jamais prétendre à donner de leçon sur tout ce que la maladie implique, le film aborde avec honnêteté des points précieux. La façon dont Hazel se présente, une grenade prête à tout dévaster sur son passage, illustre très justement les conséquences de la maladie sur l’entourage d’un malade. Confrontés dès leur plus jeune âge à la mort, nos deux héros en esquissent une notion lucide, apaisée, et par leur attitude peu conventionnelle, ils consacrent l’urgence non pas à cette issue inévitable, mais à tout ce qui peut être vécu avant cela. La douleur est évoquée, la peur aussi, mais tenue à distance par un humour souvent savoureux. Une jolie histoire d’amour, qui trouve son rythme et gagne le public avec facilité, d’autant que les évènements offrent un contraste parfois saisissant, tordant le cou à toute tentation de guimauve trop prononcée. Le personnage de Peter Van Houten, parfaitement incarné par le génial Willem Dafoe, est exemplaire à ce titre. Des dialogues enlevés plutôt que des effets d’émotion, de rares ralentis mesurés plutôt que des envolées de violon, ce mélo dénote et séduit, assuré il est vrai d’un atout essentiel : la qualité de son casting. Dans les rôles de Hazel et Gus, Shailene Woodley et Ansel Elgort font preuve d’une belle maturité de jeu. Que l’on ait apprécié ou pas leurs précédentes prestations, ils sont cette fois parfaits. Si l’usage du mouchoir est conseillé, l’émotion est de qualité.

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

nosetoilesL’avis du Margouillat : Si le livre a fait un carton chez les ados, le film, fidèlement adapté, rappelle que lorsqu’un écrit est de qualité, il peut toucher tous les publics. Avec cette love story plus originale, habilement mise en forme et particulièrement bien interprétée, le mélo cesse de s’enliser dans le piège de la larme facile pour s’occuper d’émotion juste et de portraits crédibles. On y gagne.

Site


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)