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Operacion E

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2012
 
Réalisateur: Miquel Courtois Paternina
 
Acteur: Luis Tosar, Martina Garcia, Gilberto Ramirez, Sigifredo Vega…
 
Nationalité: Française, Espagnole, Colombienne
 
Genre:
 
Mise en scène
8.5


 
Scénario
9.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.5


 
Notre note
8.8
8.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Une histoire bouleversante dans un conflit dont beaucoup de villageois ne comprenait même pas les enjeux.

C'est un peu faible...


Même le plus bileux des Margouillats n'aurait envie de reprocher quoi que ce soit à ce film bouleversant.


0
Posté le 9 janvier 2013 par

 
Chronique
 
 

Une aventure humaine poignante qui dévoile avec intelligence la réalité d’une Colombie déchirée.

U

n bébé naît en pleine jungle, au milieu des affrontements entre les FARC et l’armée colombienne. José Crisanto, sa toute jeune femme et ses nombreux enfants vivent aussi dans la jungle, dans la partie contrôlée par la guérilla. Ce petit producteur de coca est tout entier à la merci des FARC, à qui il revend sa production, soutenant la cause pour éviter que ses enfants ne soient enrôlés de force. Parce que le père de sa femme est un indien guérisseur, c’est à lui que s’adresse un officier des FARC, lui donnant pour mission de soigner et de s’occuper d’un bébé très mal en point. Impossible de refuser, et gare à lui si le bébé ne s’en sort pas. Ignorant tout du nourrisson, le paysan va s’efforcer de lui sauver la vie, sans perdre la sienne ni celle de sa famille…

ce suspens était l’opportunité de raconter la vie de ces anonymes qui n’ont d’autres choix que de se soumettre pour survivre.

Operacion E pour Emmanuel, du nom du fils de Clara Rojas, détenue par les FARC et qui donna naissance à son fils en captivité. Cet enfant cristallisa l’affrontement médiatique entre guérilla et gouvernement, à l’heure où la situation politique devenait extrême entre la Colombie et son voisin le Vénézuela. La libération de l’enfant devint le symbole de cette guerre des nerfs, et les reports de libération de Emmanuel ne cessèrent pendant des années d’exacerber tensions et menaces. Ce que l’on ignorait, c’est que les FARC avait tout bonnement perdu leur précieux otage, abandonné à un simple paysan, lui-même contraint de fuir sa jungle pour sauver les siens. C’est cette odyssée incroyable que Miguel Courtois Paternina (El Lobo, Preuve d’amour, GAL…) s’emploie à nous raconter. Invité par son producteur Ariel Zeitoun à s’intéresser à cette histoire, le réalisateur franco-espagnol a vite découvert l’incroyable potentiel de ce drame méconnu. Car au-delà du fait divers qui trouva un écho international à une étape majeure des relations entre gouvernement Colombien et FARC, ce suspens étonnant était aussi l’opportunité de raconter la vie de ceux qui se trouvent du mauvais côté, de ces anonymes qui n’ont d’autres choix que de se soumettre pour survivre, quitte à devenir complice d’enjeux qui les dépassent totalement.

Le réalisateur et son scénariste se sont attachés à coller au plus prêt des faits, ne s’autorisant que de rares libertés avec des personnages existants. Une volonté de crédibilité qui les a amené à tourner autant que possible sur les lieux même du drame et dans des conditions particulièrement difficiles. Le résultat est payant. Immergé dans le quotidien de cauchemar de cette famille prise au piège d’un pays en plein chaos, la peur filtre de chaque relation, de chaque rencontre. En écho au destin du petit Emmanuel, véritable « Moïse sauvé des eaux » comme le dit le réalisateur, l’histoire de la famille Crisanto est édifiante et bouleversante. Choisissant ses acteurs en Colombie, le réalisateur n’a fait qu’une seule entorse à cette règle : c’est l’acteur espagnol Luis Tosar qui incarne José Crisanto. Passionné par le rôle, l’acteur s’est aussi engagé comme producteur. Et sa prestation est formidable : parvenant à illustrer l’absurde presque comique de situations épouvantables, son personnage illumine par son humanité toute la cruauté de l’Histoire. Un film qui a reçu peut-être la plus belle récompense : le tournage attirant l’attention sur l’affaire, la procédure judiciaire s’est accélérée et les tribunaux ont innocenté le vrai José Crisanto, libéré après 6 ans de détention, validant ainsi la thèse exposée par le film. Menacé par les FARC, il s’efforcerait de réunir sa famille avant de quitter la Colombie…

Informations supplémentaires et l’avis redoutable du Margouillat

operacion-eL’avis du Margouillat : Europa est à l’initiative de ce film poignant. Il était utile de le souligner à tous ceux qui imaginent que la french major recycle toujours des scénarii à coup de tueurs solitaire, flics vilain pas beau, et coup de tatane en guise de négociation. Ce qui, au passage, n’est pas totalement inexacte !

Site :   http://operacione.com/en 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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