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Palo Alto

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 11 juin 2014
 
Réalisateur: Gila Coppola
 
Acteur: Emma Roberts, Jack Kilmer, James Franco, Nat Wolff…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Des personnages consistants, attachants, qui donnent une vraie crédibilité à ce portrait d’adolescence

C'est un peu faible...


Quelques longueurs contemplatives qui ne vont cependant pas jusqu’à l’autosatisfaction.


0
Posté le 13 juin 2014 par

 
Chronique
 
 

L’adolescence est aussi délicate à traverser qu’à décrire. Pour son premier film, Gila Coppola en livre une vision très crédible, personnelle et dépourvue d’arrogance. Une sensibilité séduisante qui lui ouvre toutes grandes les portes du septième art. Vraiment prometteur.

D

ans la banlieue tranquille de Palo Alto, Teddy, April, Fred et Emily ne manquent de rien. Sinon de repère pour trouver leur place dans ce monde qu’ils explorent maladroitement avec leurs moyens… Porter le nom d’une sommité du cinéma n’a jamais été une garantie de talent. Et lorsque l’on est la petite fille de Francis Ford et la nièce de Sofia, s’appeler Coppola n’est pas sans inconvénient. Surtout lorsque l’on signe son premier long métrage sans avoir acquis d’expérience sur de nombreux autres plateaux. C’est avec une belle humilité et une timidité des plus touchantes que Gia Coppola est venue en personne nous présenter sa première expérience en tant que réalisatrice et scénariste. Et la découverte est d’autant plus belle qu’elle s’attaque avec réussite à un thème des plus classiques : l’adolescence. Chaque génération en a livré sa vision cinématographique et trop souvent, plus la distance est grande entre les faits et celui qui s’en souvient, plus elle est idéalisée, instrumentalisée, caricaturale. Profitant d’en être encore proche, et bien qu’elle n’estime pas avoir trouvé l’expérience particulièrement épanouissante, Gila Coppola a eu envie d’en livrer sa vision, si loin des clichés commerciaux et des archétypes affligeants des séries télé. Une crédibilité qui a commencé avec des mots, ceux de l’acteur James Franco dans son premier recueil de nouvelles, Palo Alto. Véritable parrain de toute l’entreprise, Franco a fait toute confiance à la novice pour écrire son premier scénario, inspiré de plusieurs de ses histoires, et l’a encouragé pour qu’elle le réalise elle-même. Il avait parfaitement raison. Armée d’une solide culture et de quelques conseils de son grand-père, elle a su tirer profit des limites d’une petite production pour signer un instantané d’adolescence particulièrement séduisant.

Joliment inspiré, son récit pointe avec tendresse et pertinence, par petites touches, les indécisions et les maladresses de personnages dotés d’une vraie consistance. Décidées à employer des acteurs de l’âge de leur personnage, elle fait preuve dès cette première expérience d’un usage très maitrisé de l’improvisation, nécessaire pour que son jeune casting s’approprie avec justesse les personnages. Jamais cette liberté ne nuit à l’ensemble. Une connivence qui implique au contraire de belles découvertes. Si, du haut de ses 21 ans, Emma Roberts fait une exception pleine de sens dans le rôle de April, Jack Kilmer est une vraie révélation. Fils de Val, qui fait une savoureuse apparition, Jack n’avait aucune intention de se frotter au métier d’acteur avant que Gia, qu’il connait depuis l’enfance, ne le lui propose. Et le naturel du jeune homme fonctionne parfaitement à l’image. Dans le rôle de son ami Fred, la belle performance de Nat Wolf fait aussi figure de révélation. À la tête de The Naked Brother Band dès l’âge de 13 ans, le jeune musicien et acteur a longtemps été prisonnier de productions pour ados guère ambitieuses avant de tenter de s’en démarquer. Voilà qui est fait définitivement. Avec une direction d‘acteur très intuitive, sa sincère tendresse pour ses personnages, Gila Coppola négocie avec intelligence les passages les plus délicats, comme les scènes de sexes qui l’intimidaient beaucoup. Posée, cohérente, elle montre la crudité sans en faire usage. Attentive à sa narration, elle se consacre toute entière à ses personnages et nous épargne les artifices de réalisation que l’on pouvait craindre. Elle confesse d’ailleurs que la « shaky camera », si prompte à planquer les manquements des acteurs et du réalisateur, lui file mal au coeur…

Sa sensibilité, elle la distille d’une autre façon. On devine sa formation de photographe par la rigueur graphique dont elle fait preuve, collaborant à merveille avec sa directrice de photo, Autumn Cheyenne Duralde. Elle fait un usage tout aussi avisé d’une bande originale très réussie et d’une bande-son stratégique. Gila ne fait pas un exercice de style, elle ne nous livre pas sa théorie cinématographique. Au contraire, elle s’efface derrière son sujet avec une tendresse et lucidité. Sans le montage inventif de Leo Scott, Palo Alto aurait surement été très différent, mais ce choix n’est pas anodin. Si elle se définit elle-même aux antipodes des audaces d’Harmony Korine, dont Scott est le monteur fidèle, l’association s’avère des plus constructives. Avec cette chronique personnelle et délicate d’une adolescence contemporaine, Gila fait son entrée en toute finesse dans le club des Coppola. On est très impatient d’en voir plus !

Information supplémentaires et l’avis du Parrain Margouillat

palo_alto afficheL’avis du margouillat : Singée ou analysée, l’adolescence reste un mystère universel. Gila Coppola nous en livre une vision sensible et très crédible. Parrainée par James Franco, entourée d’une équipe de qualité, elle conjugue l’inventivité du film indépendant avec la fraîcheur du premier film. Une première réussie et très prometteuse.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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