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Selma

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 11 mars 2015
 
Réalisateur: Ava DuVernay
 
Acteur: David Oyelowo, Tom Wilkinson, Carmen Ejogo, Tim Roth...
 
Nationalité: Américain et Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un retenue qui profite à à l'universalité du propos, des acteurs parfaits, et une reconstitution qui prend aux tripes

C'est un peu faible...


le style est peut-être académique, mais c'est préférable à une idolâtrie qui aurait pu partager les publics


0
Posté le 11 mars 2015 par

 
Chronique
 
 

Il reste une bataille à gagner pour Martin Luther King : que le droit de vote devienne une réalité pour les noirs américain dans les états du sud. Et c’est à Selma, dans la plus totale hostilité, que le leader ira chercher sa victoire… Parce qu’elle rend leur humanité à ces icônes historiques, parce qu’elle reprend les événements avec précision sans s’en servir, parce qu’elle préfère l’émotion intime aux poses allégoriques, Ava DuVernay accomplit un exploit : le premier film consacré à Martin Luther King.

L

e long combat contre la ségrégation porte ses fruits, et la couleur de la peau n’est plus un fardeau. Sur le papier. Lorsqu’un noir veut voter dans la ville de Selma, en Alabama, il ne peut simplement pas s’inscrire. Le vote est pourtant la clef d’une égalité crédible. Pour mener cette bataille de tous les dangers, Martin Luther King choisit Selma. Parce que la situation y est épouvantable, parce que le pire peut y arriver d’un instant à l’autre. Et parce qu’il saura attirer l’attention de l’Amérique et du monde pour le constater… Martin Luther King est une icône d’une force incroyable. Son rôle est tellement central dans le destin du monde occidental que l’on a en fin de compte rarement eu l’occasion de l’évoquer au-delà des pages de l’Histoire Américaine qu’il a écrit. En fait, si son ombre plane toujours sur son époque, pas un film ne lui avait été consacré. C’est dire si Selma est important. D’autant que le film s’intéresse à une étape cruciale de son parcours et du destin américain. Dernière d’une longue liste de réalisateurs attachés au projet depuis 8 ans, c’est Ava DuVernay qui signe ce que l’on peut considérer comme une leçon d’Histoire. Car si la terre entière connait la portée de ces combats, quelques noms qui leur sont indissociables, nous n’avons jamais pu saisir la chronologie de ces évènements dans leurs passionnants détails. Selma y parvient avec beaucoup de talent.

Sans trop céder à l’allégorie de moments et de paroles gravées dans l’héritage Américain, Ava DuVernay s’efforce de replacer chaque composant de cet instant dramatique. A l’échelle politique d’abord, avec les tergiversations du président Lyndon Johnson, les manœuvres des pro-ségrégationnistes menés par le gouverneur Georges Wallace (génial Tim Roth !), mais aussi à l’échelle locale, reconstituant le cercle des proches dont elles détachent à juste titre les personnalités féminines, déterminantes et trop souvent oubliées. Et très vite c’est dans le cercle intime du leader qu’elle parachève son portrait. Entre doute, peur, colère et courage, la personnalité de Martin Luther King se révèle avec finesse, loin de l’idole. Et la force de son message n’en n’est que plus intense. Un recul salutaire, important pour que le film ait une portée universelle. David Oyelowo a fait plus que se raser la tête et prendre du poids pour incarner Martin Luther King. Voilà plus de 7 ans que cet acteur britannique se passionne pour le personnage qu’il rêvait d’incarner. Une démarche forcément profitable à son interprétation, et c’est un compliment que l’on peut aussi adresser à Tom Wilkinson, un autre britannique, qui par ce décalage culturel donne au controversé Lyndon Johnson une réalité poignante. Tourné à Selma même, servi par un casting irréprochable, Selma est une réussite qui révèle les dessous d’un bouleversement politique et humain, qui sait nous toucher, nous terrifier aussi, mêlant aux pires moments images de fiction et images d’archives. On appréciera aussi l’usage avisé d’une belle BO. Quelle belle idée d’utiliser la musique de Fink pour cette scène … Un récit limpide, pertinent et bouleversant qui dévoile brillamment l’arme dont Martin Luther King le pacifiste su jouer avec génie : les médias, et surtout l’impact de la télévision. Un film sincère et important qui, comme les beaux livres d’Histoires, ne vieillira pas..

Informations supplémentaires et le jugement d’un margouillat ému

selmaAffiche

L’avis du margouillat : Songer qu’aucun film n’ait été tourné sur Martin Luther King est surréaliste. La tâche n’était que plus délicate. Parvenant à évoquer avec justesse ces évènements essentiels sur le terrain comme dans les coulisses, Selma nous emballe définitivement par sa volonté de montrer des humains et pas seulement des noms dans un livre d’Histoire. Magnifique, David Oyelowo accomplit la performance de sa carrière.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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