Nos actus
 

Snow in Paradise

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 4 mars 2015
 
Réalisateur: Andrew Hulme
 
Acteur: Frederick Schmidt, Martin Askew, Aymen Hamdouchi, David Spinx
 
Nationalité: Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un thème délicat traité avec finesse, une mise en image prenante.


0
Posté le 2 mars 2015 par

 
Chronique
 
 

Dave se voit truand respecté, mais ne réussi qu’a causer la mort de son seul ami. Le remord va bouleverser une existence promise à la criminalité… Inspiré par le parcours de son coscénariste, ce polar à l’anglaise utilise le genre pour aborder de front la notion de foi et d’Islam. Une audace payante.

D

ave veut devenir un vrai, un dur. Le crime est un héritage dans sa famille, et Dave entend y prendre sa place, à l’ombre d’un oncle terrifiant. Il emporte dans sa croisade mafieuse son seul vrai pote, Tariq, se moquant de ses envies de famille, de son respect pour la foi. Son arrogance aura des conséquences terribles, et c’est bien plus qu’un ami que Dave va perdre… Parler de foi sans sombrer dans le prosélytisme, c’est déjà un enjeu de taille. Mais aborder la foi en l’Islam par les temps qui courent, cela peut carrément devenir de la provocation. Respectant le vocabulaire du polar venimeux à l’anglaise, concentré sur un personnage d’apprenti mafieux méprisant et ignorant, Snow in Paradise évite les écueils et nous parle de cet apprenti musulman blanc cherchant sa voix, un répit dans un quotidien de crime et de peur. Portrait du remord, de la perte de toute valeur dans une société qui en tire sa fortune, sa respectabilité déviante, Dave aurait pu entrer dans une église au lieu d’une mosquée. Mais son ami s’appelait Tariq, ce qui change tout, et permet de dessiner par touche un Islam de tolérance bien loin des faits divers, en plein cœur de Londres.

Snow in Paradise n’aurait pas eu le même impact si le projet ne s’était construit sur une expérience vécue, celle du coscénariste Martin Askew, dont le passé a directement inspiré le personnage de Dave, et qui a échappé à la promesse d’un avenir criminel grâce à la découverte de l’Islam, et à l’écriture. Son influence sur le récit est si pertinente qu’à l’heure de trouver un comédien pour incarner l’effrayant oncle Jimmy, c’est Martin Askew lui-même qui a relevé le défi. Une performance particulièrement honorable, qui répond à l’engagement du premier rôle, Frederick Schmidt. Comédien novice trouvé dans la rue, il fait ici sa toute première expérience devant une caméra, et incarne Dave avec une force tout à fait surprenante. Snow in Paradise est aussi le premier film de son réalisateur, mais Andrew Hulme est loin d’être un débutant. On lui doit le montage de perles comme le segment 1974 de The Red Riding Hood Trilogy, Slevin, Control et The American de Anton Corbijn, le génial Gangster Number One, sans parler le sous-estimé The Reckoning… Mettant à profit son savoir-faire, Andrew Hume réussit parfaitement sa première réalisation. Un premier film intense et inspirant qui ne souffre que d’un vrai regret, pour lequel il n’a aucune responsabilité. Il faut savoir que Snow in Paradise avait une sorte de jumeau de cinéma, un parcours miroir racontant la découverte de la foi catholique par un musulman de naissance. Signé par la très indépendante Cheyenne Caron, L’Apôtre est un très bon film, empreint d’un respect et d’une intelligence répondant à l’entreprise de Hulme. Hélas, pour des raisons qui feront encore longtemps débat, le film qui souffrait déjà d’une distribution limitée s’est trouvé censuré à sa sortie. Pardon, « déprogrammé ». Ce que nous regrettons encore…

Informations supplémentaires et jugement emballé du Margouillat

SnowinparadiseAfficheL’avis du marguouillat 

Le thème est périlleux et pourrait être mal interprété. Mais avec la mise en image réussie de Hulme, l’énergie de ses acteurs et une volonté revendiquée de jouer avec les clichés, Snow in Paradise atteint son but : raconter un destin voué au crime, et aborder la notion de foi sans idéalisme béat. Le savoir-faire british dans l’art du polar est payant.

Site


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)