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Snowpiercer, Le Transperceneige

 
SNOWPIERCER
SNOWPIERCER
SNOWPIERCER

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Bong Joon Ho
 
Acteur: Chris Evans, Song Kang-Ho, John Hurt, Ed Harris, Jamie Bell, Tilda Swinton
 
Nationalité: Sud-coréen
 
Genre: ,
 
Mise en scène
9.5


 
Scénario
9.0


 
Musique
8.5


 
Emotion
9.5


 
Notre note
9.1
9.1/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Une fable atroce sur la valeur de la vie avec une inspiration remarquable, transformant les limites physiques d'un tournage dans un train en atout narratif.

C'est un peu faible...


Un sans faute oppressant et brillant qui consacre Chris Evans. Incontournable !


Posté le 1 novembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Revisitant brillamment le chef d’œuvre de Lob, Rochette et Legrand, Bong Joon Ho signe un pur bijou de SF !

L

a solution qui devait sauver le climat de la planète a précipité le désastre d’une nouvelle ère glaciaire. Plus rien ne vit sur une Terre couverte d’une banquise immaculée. Les derniers survivants de l’humanité ont trouvé refuge dans un train immense parcourant le globe sans jamais s’arrêter : le transperceneige. À l’intérieur, la société des hommes a repris sa place. En tête, les nantis, ceux qui avaient réservé leur place sur cette arche délirante. En queue de train, ceux qui ont été sauvé in-extremis. Nourris par miséricorde, subissant la loi de la caste dirigeante, ils survivent dans des conditions extrêmes. Parmi ces déshérités corvéables à merci, Curtis incarne la seule chance de voir changer les choses. Bien qu’il refuse cette responsabilité, lui seul peut prendre la tête d’une révolte, et remonter les wagons un à un jusqu’à l’inventeur et maître du transperceneige…

Une œuvre obsédante, noire, d’une puissance évocatrice redoutable que l’on imaginait pas en film.

Il y a décidément des histoires qui attirent l’exception. D’abord écrite par Jacques Lob pour Alexis en 1977, le décès prématuré du dessinateur semble fatal à cette terrible histoire post-apocalyptique d’arche roulant, miroir cruel de notre société. Pourtant, le scénario renaît avec le dessin puissant de Jean-Marc Rochette en 1982. Le récit s’impose vite comme une œuvre culte, Benjamin Legrand reprenant le scénario pour boucler l’épopée en trois volumes. Une œuvre obsédante, noire, d’une puissance évocatrice redoutable que l’on imaginait pas en film. L’avènement de cette prouesse est encore plus stupéfiant : fou de train, c’est par hasard que Bong Joon Ho découvre en 2005 cette BD française dans une librairie de Séoul. « Le transperceneige m’apparaissait comme une œuvre qui m’était destinée. » déclare-t-il. Rachetant les droits de la BD, il s’attelle à la rédaction d’un « road movie se déroulant dans un train » pendant les tournages de The Host puis Mother. Le fruit de ce long travail est une adaptation particulièrement inspirée, totalement personnelle et pourtant parfaitement respectueuse de l’œuvre de Lob. Proloff, le héros de papier, n’est plus seul dans son voyage. Menée par Curtis, c’est en équipe que la découverte de ce train titanesque s’effectue. Mais ça n’est pas la seule invention du réalisateur. On lui doit aussi l’idée géniale de ces deux figures tutélaires qui s’affrontent, l’une en tête, l’autre en queue. Un enrichissement habile des enjeux qui lui permet d’imaginer un final ambitieux et particulièrement réussi…

Jouant à la fois de l’immensité du train et de l’exiguïté de ses wagons, il construit des personnages fascinants, se permettant des scènes stupéfiantes, habillant la plus grande violence d’un sens graphique qui n’est plus à vanter, passant de la noirceur d’un Soleil Vert à la fantaisie d’un Charlie et la chocolaterie façon Tim Burton ! Une mise en scène impressionnante qui repose sur un casting international remarquable. Song Kang-Ho (Memories of murder, Thist) retrouve sa partenaire de The Host, Ko Asung, pour un duo attachant. Ed Harris et John Hurt excellent en maîtres à penser, et Jamie Bell et Octavia Spencer se montrent indispensables. L’immense Tilda Swinton se livre pour sa part à un numéro incroyable dans le rôle de Mason. Débarrassé du vernis de Captain America, presque méconnaissable, Chris Evans trouve là le rôle qui lui manquait pour asseoir définitivement son talent. Il est parfait. Alternant sauvagerie et poésie, délire et pamphlet politique, Bong Joon Ho réussit l’impossible. Un suspens passionnant et obsédant dont on sort le souffle coupé, une fable profonde sur la survie et la notion d’humanité, une montée en puissance si bien pensée que l’hypothèse d’une version américaine tronquée de 20 minutes apparaît comme une aberration totale. Seule la conclusion du film peut apparaître comme une « trahison » au regard de l’œuvre originale. Une nuance dont le réalisateur s’étonne lui-même, et qui répondrait à un besoin viscéral de soleil… On lui concède bien volontiers ce privilège tant ce Snowpiercer : le Transperceneiges dépasse nos attentes. Attention, film culte en vue !

Informations supplémentaires et l’avis Durail du Margouillat

snowpiercer afficheL’avis du Margouillat : Parabole poignante sur la notion de survie, de civilisation, portrait au vitriol de nos sociétés, le film réussit aussi à être un vrai suspens jalonné de scènes impressionnantes. Vu les chef-d’œuvres que compte la BD française, l’avenir de la SF est beau !

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...