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Stoker

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Park Chan-wook
 
Acteur: Mia Wasikowska, Nicole Kidman, Matthew Goode, David Alford
 
Nationalité: Américaine
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
8.5


 
Notre note
8.4
8.4/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un film monstrueusement classe, des acteurs glaçants, un rythme soutenu

C'est un peu faible...


Un autre Chan-Wook, certain lui reprocheront, mais il est loin du naufrage d'un John Woo ou autres réalisateurs écrasés par la machine hollywoodienne.


0
Posté le 6 mai 2013 par

 
Chronique
 
 

Park Chan-Wook signe son premier film américain, et s’il se montre plus sage, ça n’est qu’en apparence. Magnifiant ses acteurs, il compose un thriller noir d’un raffinement hypnotique.

India est une adolescente solitaire, marginale. Murée dans son monde, elle communique le moins possible avec les autres, dont sa sublime mère Evie. La mort accidentelle de son père, le seul avec qui elle entretient un lien fort, bouleverse cet isolement confortable. Un déséquilibre que vient accentuer l’arrivée d’un oncle dont elle ignorait l’existence. Par sa simple présence à l’enterrement, l’oncle Charlie provoque l’émoi parmi le cercle des proches. Mais il brille aussi par sa serviabilité et sa séduction, et Evie ne tarde pas à l’inviter à rester. Alors que Oncle Charlie s’installe dans la vaste demeure et que d’étranges évènements se produisent, India ne va cesser d’hésiter entre l’angoisse que lui inspire cet homme énigmatique, et l’attirance irrépressible qu’elle éprouve pour lui…

Précis, méticuleux, il orchestre cette noire danse de la séduction en dirigeant un trio d’acteurs fascinants.

Depuis l’annonce de l’événement, les amateurs du maître sud-coréen tremblaient de voir formaté l’un des conteurs les plus remarquables de sa génération. Comment le réalisateur de Old Boy, de Thirst, de Sympathy for Mr Vengeance allait pouvoir concilier la sauvagerie sublime de son esthétisme aux canons hollywoodiens ? En choisissant une autre démarche. D’abord, et pour la première fois, en ne signant pas lui-même le scénario. Il a choisi celui d’un débutant, Ted Foulke. Pseudonyme comique – Foulke est le nom de son chien… – choisi par une star météorique du petit écran pour signer en toute discrétion ses premiers scenarii, puisque c’est le prisonnier tatoué de Prison Break, Wentworth Miller, qui en est l’auteur. Esthétiquement aussi, Park Chan-Wook modifie son approche, notamment pour des raisons pratiques : en raison de la rapidité du tournage, le réalisateur a du renoncer à ses fameux plans séquences. Ce qui profite indirectement à son adaptation à la culture américaine. Déployant un raffinement esthétique fascinant autour de cette adolescent perturbée, de son monde si rangé et à la fois si bancal, il se concentre sur le décor majeur de la maison des Stoker, que son fidèle directeur de photo, Chung-Hoon Chung, habille au fil des sentiments de ses personnages. Précis, méticuleux, il orchestre cette noire danse de la séduction en dirigeant un trio d’acteurs fascinants.

Lumineuse et émouvante, Nicole Kidman compose une marâtre de conte de fée, piégée par le jeu d’un autre. Etrange Alice aux cheveux noirs découvrant que son pays des merveilles est un jardin venimeux, Mia Wasikowska est remarquable dans le rôle de India, jeune fille s’ouvrant aux sentiments amoureux. Et compose un fascinant duo avec l’excellent Matthew Goode, qui compose avec un charme terrible un sacré personnage, qui tient autant du vicomte de Valmont que d’Anthony Perkins… Avec la même précision que ses changements de plan, Park Chan-Wook compose une intrigue qui dévoile délicatement ses ramifications, ses symboles. La famille Stoker fait par son nom référence à Bram Stoker, l’auteur de Dracula, maître manipulateur et chasseur émérite, tout comme India et Oncle Charlie. En même temps qu’il met en place les pièces de son puzzle délicat, Park Chan-Wook compose un portrait de famille qui vaut par sa noirceur ses précédentes œuvres. Et cela sur une belle musique de Clint Mansell et une pièce de piano remarquable signée Philip Glass. C’est sûrement un autre Park Chan-Wook que ses inconditionnels vont découvrir, mais celui-ci a su franchir l’obstacle des cultures sans rien perdre de son talent. A ne pas rater.

Informations supplémentaires et l’avis vieux garçon du Margouillat

stokerL’avis du Margouillat : Une oeuvre ambiguë où notre metteur en scène chouchou a su garder une certaine liberté de ton.

Site : Stocker

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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