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Suite Française

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 1 avril 2015
 
Réalisateur: Saul Dibb
 
Acteur: Michelle Williams, Matthias Schoenaerts, Kristin Scott Thomas, Sam Riley...
 
Nationalité: britannique, français, belge
 
Genre: ,
 
Mise en scène
6.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Michelle Williams s'empare de son rôle avec une belle émotion, et la reconstitution est soignée.

C'est un peu faible...


Difficile de rendre toute l'ampleur d'un livre aussi fort. Et Matthias Schoenaerts est trop en retrait...


0
Posté le 1 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

Lucie assiste impuissante à l’exode et à l’arrivée de l’occupant dans son village. L’officier allemand qu’elle doit héberger va bouleverser sa vie transparente… Devenu best-seller 50 ans après son écriture, le livre est un miraculé de l’Histoire. Si cette adaptation fait revivre l’occupation au quotidien, elle ne parvient pas toujours à en exploiter toute l’intensité. Heureusement, il y a Michelle Williams, particulièrement touchante dans ce très beau rôle.

E

n attendant le retour de son mari parti sur le front, Lucie vit dans le petit village de Bussy avec sa belle-mère, une femme inflexible qui l’écrase de son autorité. Toutes deux assistent au désastre de l’exode, puis à l’arrivée de l’occupant allemand. Comme toutes les familles aisées, elles devront abriter un officier. Mais c’est grâce à un piano que Lucie rencontre vraiment le lieutenant Bruno von Falk… Pas facile de faire un film à la hauteur du livre qu’il adapte. Car l’émotion de ce best-seller tient autant à la plume qui l’a signé qu’à son propre destin. C’est en pleine occupation que Irène Némirovsky écrit son épopée romantique, cet amour sacrilège entre une Française et un allemand, alors que l‘occupation révèle les pires travers des uns et des autres. Sur les cinq volumes prévus, elle n’en finira que deux, et laissera le troisième à l’état d’ébauche. Déportée, elle décède au camp d’Auschwitz en 1942. 50 ans plus tard, sa fille Denise Epstein osera enfin ouvrir une valise confiée par son père, pour lire ce qu’elle croit être un journal intime. Elle passera ensuite deux années à recopier le contenu de ces carnets, un manuscrit qui confié à un éditeur deviendra un best-seller. Un miracle donc, qui restitue l’une des pires périodes qu’ait connue la France, détaillée de l’intérieur par une femme, un angle rare. L’adaptation se devait de choisir dans ce récit foisonnant, pour retrouver le fil de l’histoire d’amour comme celui de l’Histoire avec un grand H. Il y parvient pour l’essentiel.

Qu’un casting essentiellement anglo-saxon incarne une histoire intimement française n’est pas un problème. Le doublage nous épargne de toute façon le débat des accents à adopter… L’essentiel est dans le délicat équilibre entre le romantisme de cette histoire d’amour impossible, et la puissance du contexte historique. La reconstitution est franchement convaincante. La France de l’occupation est crédible, et ce point de vue de campagne permet de la présenter sous plusieurs abords très humains. Règlement de compte des dénonciations, la peur bien sur, mais aussi cette arrivée d’hommes dans un endroit déserté par maris et pères depuis longtemps. Le récit pointe notamment de façon accusatrice comment le clivage social s’est creusé dramatiquement dans ces conditions extrêmes. Dans ce cadre sobre mais juste, le choc entre les deux solitudes est bien amené, mais aurait pu être plus passionné encore. Trop engoncé dans ses personnages, le récit apparaît étrangement trop confortable. Sans la voix de la narratrice, fort utile, le récit aurait sûrement gagné en force et en cruauté. Défavorisé par ces confidences, le personnage interprété par l’excellent Matthias Schoenaerts manque d’envergure. Comme s’il lui manquait quelques scènes de plus pour vraiment s’imposer. L’acteur avait pourtant en lui tout pour nous bouleverser, comme il le laisse voir dans la scène de l’exécution du Vicomte. Soutenue par Kristin Scott Thomas, toujours magistrale, Michelle Williams porte le récit sur ses épaules, jouant de son innocence pour montrer une femme qui prend son destin en main, changeant complètement de nature par la force des évènements. L’actrice est indubitablement le meilleur atout d’un film qui, s’il aurait pu nous toucher plus encore, reste une histoire forte et évocatrice.

Informations supplémentaires et avis du margouillat

SUiteFrançaise Affiche

L’avis du margouillat : La passion de cette liaison sulfureuse aurait pu être amplifiée si la voix-off ne déséquilibrait pas le couple d’amants. Schoenaerts ne peut pas se donner à fond avec cette mise en scène un peu trop académique. Mais Michelle Williams opère au fil de l’intrigue une belle métamorphose. Un manque de souffle tempéré par un récit qui reste fort.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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