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Suneung

 
sunueng
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Fiche Technique
 

Millésime: 09 avril 2014
 
Réalisateur: Shin Su-won
 
Acteur: David Lee, Sung June, Kim Khob-bi, Cho Sung-ha
 
Nationalité: Sud-coréenne
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Le suspens est efficace, le casting séduisant, et le récit évocateur

C'est un peu faible...


Habiller un constat accablant des conventions du polar peut décevoir. Mais c’est pour chipoter.


Posté le 11 avril 2014 par

 
Chronique
 
 

La réussite en Corée du sud est conditionnée par des études où la compétition et les cours particuliers font loi. Ce polar en livre un instantané passionnant et révélateur. Quand le cinéma coréen regarde sa société dans les yeux, c’est toujours très fort…

L

e meurtre de Yujin a été filmé par le téléphone d’un autre élève de terminal, son camarade June. Deux élèves qui comptent parmi les meilleurs de l’établissement en lice pour le Suneung… Le Suneung est bien plus qu’un simple examen, et un manque de réussite lors de ce rendez-vous incontournable est pire qu’une sanction. Classant les élèves de terminale pour leur entrée à l’université à l’échelle de toute la Corée du sud, il conditionne leur place dans les meilleurs établissements, et fixe ainsi leur avenir professionnel, les postes et les salaires auxquels ils pourront prétendre, et induit les classes sociales parmi lesquelles ils choisiront leur conjoint pour fonder une famille. Le Suneung, c’est la clef de la réussite Coréenne, et pour obtenir les meilleures places, les études sont le sésame. Les meilleures études, qui ne permettent l’excellence qu’avec le renfort des meilleurs cours particuliers, avec les professeurs les plus chers. C’est donc dès le début de ses études que l’élève est plongé dans un système où la compétition est permanente, et la pression hallucinante. Suneung est une fiction qui use habilement des codes du policier, mais l’exercice prend un relief bien particulier lorsque l’on apprend que la réalisatrice a consacré dix années de sa vie à l’enseignement dans ce type d’établissement…

Suneung est le second long métrage de Shin Su-Won, déjà récompensée à la semaine internationale de la critique à Cannes en 2012 pour son court métrage Circle Line. Bien construit, jouant d’un montage habile, il prend son temps pour installer des personnages consistants et une atmosphère prenante. Un jeu de piste qui reflète la perversité d’un système en même temps qu’il dévoile la réalité de ses personnages. La rencontre entre June et Yujin, parfaitement campés par David Lee et Sung June, est particulièrement juste et captivante. À eux deux, ils incarnent les deux extrêmes d’un système conditionné par les moyens financiers de leur famille, une donnée sociale qui achève de pervertir tout un système cultivant la compétition à son paroxysme. La réalisatrice et scénariste assume totalement les lois du genre qu’elle a choisi pour mettre en scène son récit, avec ses excès et ses conventions. Mais aussi loin que nous mène la fiction, et le plaisir que l’on prend à remonter dans cette spirale terrible, le film ne cesse jamais d’être l’écho cruel d’une réalité. Le portrait d’une jeunesse piégée entre un système ultracompétitif et les ambitions de leurs parents. Le témoignage d’un mal-être d’une violence effarante, à laquelle répond l’un des plus tristes records de la Corée du sud : le nombre de suicides parmi les adolescents…

Informations supplémentaires et l’avis P.R.O.F du Margouillat

SuneungL’avis du Margouillat : Le cinéma coréen a la réputation d’être aussi inventif que cinglant. Pour parler d’un drame de société, la réalisatrice choisit un polar malin, qui adoucit un peu la violence des faits. Mais l’humanité de ses personnages nous fait parfaitement ressentir le désarroi d’un drame national…

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...