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Tante Hilda

 
Tante Hilda
Tante Hilda
Tante Hilda

 
Fiche Technique
 

Millésime: 12 février 2014
 
Réalisateur: Jacques Rémy Girerd et Benoit Chieux
 
Acteur: Sabine Azéma, Josiane Balasko, Gilles Detroit, François Morel, Bruno Lochet
 
Nationalité: Française
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Coup de poker graphique gonflé, histoire militante.

C'est un peu faible...


Evidemment, le trait va déplaire à certains


Posté le 27 février 2014 par

 
Chronique
 
 

Animé d’une conscience écologique vivace, Jacques Rémy Girerd consacre sa dernière réalisation à l’inconstance des apprentis sorciers de nos industries. Une charge sous forme de comédie tout public, servie par une animation détonante, véritable célébration du « coup de crayon ».

Alors qu’une céréale miracle envahit la planète avec la promesse d’être la solution à tout, une botaniste s’évertue à annoncer un désastre écologique. Face aux industriels tout puissants et à un gouvernement aveugle, Tante Hilda veille sur ses précieuses serres, ultime sanctuaire de la nature… Miyazaki aurait pu s’intéresser à pareille intrigue, mais c’est un autre fou de nature qui y consacre son dernier long métrage en tant que réalisateur. Tête pensante de Folimage, heureux papa de bijoux comme La prophétie des grenouilles et Mia et le Migou, Jacque-Rémy Girerd pose la question qui le taraude : peut-on jouer impunément avec le vivant ? S’adressant au plus grand nombre, il fait l’impasse sur des personnages enfantins pour miser sur une comédie burlesque et un fantastique de fable. Évitant l’écueil d’un militantisme baba cool réducteur, Tante Hilda entend aussi s’affranchir de toute convention esthétique propre à l’animation. Pour aller à l’encontre d’une uniformisation par les outils infographiques, et décidé à remettre au cœur de son film l’énergie même du trait, Girerd a entrepris avec son complice et co-réalisateur Benoit Chieux de réaliser un long métrage entièrement dessiné avec un modèle précis de stylo. Privée de l’usage de la gomme, toute l’équipe d’animateurs a été formée à travailler avec cet ustensile exigeant pour que le premier trait soit toujours le bon, au fil de quelque 137 800 planches… Et au bout de 7 années d’un travail de titan, le résultat est étonnant. Libéré, parfois très proche du rough, le trait bouillonne d’énergie et de vivacité. Habilement mis en rythme par un assemblage numérique de pointe, la vivacité de cette animation artisanale nous ramène en mémoire les références d’une illustration sortant sans cesse des cadres. On s’attendrait presque à croiser le grand Duduche de Cabu, la verve de Tomi Ungerer ou de Ronald Searle, le gros dégueulasse de Reiser ou le Tarzoon de Picha !

Pour ce qui est des couleurs, c’est Sempé qui nous vient en tête. Car parmi les conventions que brise ce film, l’une des plus importantes est l’omniprésence du blanc, celui de la feuille de papier. Si la démarche déstabilise les inconditionnels du graphisme de synthèse, allergique à ce concept, elle emballe les autres. Car tout ce qui n’est pas montré, c’est le spectateur qui se charge de l’imaginer… Un vrai coup de poker graphique qui convient à merveille à un casting de voix épatant. Sabine Azema et Josiane Balasko s’affrontent avec jubilation, pendant que Morel et Lochet retrouvent leur complicité des Deschiens pour donner vie à un duo de malfaisants qui doit beaucoup au burlesque. Assumant la naïveté de son histoire, s’amusant du manichéisme enfantin entre la gentille tantine et la méchante Bolo, le ton de la comédie reste léger, agréablement fantastique. Et le message passe d’autant mieux, évoquant la rapacité des grands groupes industriels comme la passivité complice des gouvernements… Décidé à s’occuper désormais des projets des autres, Jean Remy Girerd conclut donc sa carrière de réalisateur avec un dessin animé sincère, audacieux et très original. Une audace récompensée : le film a été sélectionné pour le festival de Berlin…

Informations supplémentaires et l’avis Fleuri du Margouillat

Tante Hilda afficheL’avis du Margouillat : Le coup de poker graphique est vraiment gonflé, l’histoire astucieusement militante, et l’ensemble richement dosé en énergie et en fantaisie. Il est donc facile de tomber sous le charme de cette écolo au grand cœur et de sa croisade pour protéger la nature. Surprenant et décapant.

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Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.