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The Conspiracy

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Christopher MacBride
 
Acteur: Aaron Poole, James Gilbert, Ian Anderson
 
Nationalité: Canadienne
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
9.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Un film habile, prenant, et une montée en angoisse maîtrisée et inventive

C'est un peu faible...


Attention, paranos s'abstenir !


Posté le 24 septembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Magnifique exercice de parano, The Conspiracy frappe par sa cohérence et son habileté. Un faux documentaire troublant dans lequel l’horreur n’est qu’un élément. Une belle réussite qui fait réfléchir !

M

égaphone en main, un homme seul hurle contre les immenses buildings de bureaux, interpelle les passants, quand il ne transporte pas des panneaux constellés de coupures de journaux dans les jardins publics pour expliquer sa vision du monde. Il s’appelle Terrance, et c’est le sujet du documentaire de Aaron et Jim. Terrance est un théoricien de la conspiration, convaincu que le monde est entre les mains d’organisations secrètes qui régentent la société des hommes pour disposer de chacun comme d’un esclave. Et que notre liberté n’est qu’une illusion. Dans la rue, il a tout d’un illuminé. Mais dans le calme de son appartement, ses arguments les plus stupéfiants bousculent par leur cohérence. En dépit de leur méfiance, les deux réalisateurs ne peuvent s’empêcher d’être rattrapé par le doute. L’une des théories de Terrance fait coïncider toutes les guerres et désastres à des évènements déclencheurs qui auraient pu être provoqués, instrumentalisés. Soudain, Terrance disparaît, laissant un appartement dévasté…

Servant notre défiance du pouvoir, nourri par les conflits d’intérêt qui ont, à l’échelle de sociétés ou des états, marqué notre siècle et le précédent, les théories de la conspiration sont un sujet en or

C’est parfaitement expliqué dans le film. Ce que la théorie du complot a de redoutable, c’est qu’on ne peut pas prouver noir sur blanc qu’elle est fausse, puisqu’elle repose sur des sociétés secrètes, des mensonges d’état. Des faits hors d’atteinte de toute façon camouflés par un pouvoir veillant au secret. Une telle mécanique de la spéculation peut entraîner les plus sensibles vers les tréfonds de la schizophrénie la plus délirante… et incite les esprits cartésiens les plus paisibles à réfléchir. Parce que, après tout… Servant notre défiance du pouvoir, nourri par les conflits d’intérêt qui ont, à l’échelle de sociétés ou des états, marqué notre siècle et le précédent, les théories de la conspiration sont un sujet en or. Encore faut-il jouer avec le doute sans tomber dans un parti-pris transparent. Pour son premier film, le canadien Christopher MacBride a parfaitement trouvé cet équilibre, empruntant au genre horrifique son jouet favori : le found footage. Suivant ses deux héros, jouant avec la chronologie des images, ce faux documentaire est extrêmement crédible. À vrai dire, si l’on diffusait à une heure de grande écoute la première moitié du film, il y a fort à parier que la majorité des téléspectateurs se laisseraient prendre au malaise provoqué. Utilisant tous les réseaux d’information, justifiant la présence d’infos étranges, rappelant intelligemment au passage le rôle du web, ce Big Brother que nous avons nous-même créé, The Conspiracy illustre la suspicion et la peur qu’ont engendré dans l’Amérique d’aujourd’hui les évènements du 11 septembre.

Usant de tous les ingrédients des théories, The conspiracy construit le doute avec une rigueur redoutable. Son utilisation des images d’actualité, et notamment des déclarations des officiels, de Bush Sr à Kennedy, participent efficacement à cette atmosphère dérangeante et fascinante. L’usage du terme d’Ordre Nouveau a de quoi faire frémir… Reposant sur un casting minimum mais de qualité, usant de moyens de prise d’images qui participent à merveille à cette atmosphère, MacBride prend bien soin d’intégrer les éléments de sa fiction avec mesure. Pour l’anecdote, l’intensité de la peur de Jim lors de la scène du sac n’a rien d’artificielle : l’acteur est vraiment claustrophobe… On est captivé, angoissé, et même si l’on s’est auparavant convaincu que tout ceci n’est qu’un film fantastique, on ne peut s’empêcher de réfléchir et d’établir des liens, d’interpréter des évènements. Si l’approche horrifique, extrêmement modérée et maîtrisée, intervient parfaitement dans cette intrigue piégeante, c’est bien la rigueur du traitement qui donne à ce film une solidité et une pertinence exemplaire. Gageons que d’ici peu, une théorie se baladera sur le net, prétendant qu’en fait, ce found footage est un vrai documentaire que certains ont déguisé en film d’horreur pour le discréditer…

Informations supplémentaires et l’avis paranoïaque du margouillat

the conspiracyL’avis du Margouillat : Ce faux documentaire joue avec une telle habileté des réseaux d’information et de nos questions sans réponses que l’on finirait par être aussi interpellé que les personnages du film. Un film habile, prenant, et une montée en angoisse maîtrisée et inventive

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...