Nos actus
 

The Grand Budapest Hotel

 
grandhotel
grandhotel
grandhotel

 
Fiche Technique
 

Millésime: 26 février 2014
 
Réalisateur: Wes Anderson
 
Acteur: Ralph Fiennes, F Murray Abraham, Jude Law, Adrien Brody…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Tout y est. Le talent, l'inspiration, l'élégance, l'humour. Wes Anderson quoi !


Posté le 27 février 2014 par

 
Chronique
 
 

Raconter l’histoire du mythique Grand Budapest Hotel, c’est raconter la folle aventure de Monsieur Gustave, son homme aux clefs d’or. Et lorsque c’est Wes Anderson qui s’empare de cette pépite de comédie et de nostalgie, le plaisir est complet.

U

n écrivain en panne se ressource dans un vieux palace au passé prestigieux. Il trouve la plus fantastique des histoires lorsque l’énigmatique propriétaire des lieux lui raconte comment l’établissement est devenu sa propriété… Quand Wes Anderson sort un nouveau film, c’est le spectateur qui respire. Assuré de se glisser dans un imaginaire qui ne ressemble à aucun autre, il sait qu’il va devoir oublier ses certitudes et ses réflexes formatés pour se laisser guider par l’astuce, l’élégance et l’inventivité d’un conteur de talent. Wes Anderson n’est pas un réalisateur au style « décalé » comme on s’évertue à le répéter. Au contraire, il n’y a pas raconteur plus précis, plus fidèle, plus attaché à une exigence. Sauf que cette exigence n’appartient qu’à lui. Avec cette histoire de Palace d’un autre temps et de magistral homme aux clefs d’ors, il fait plus que revisiter l’image d’Épinal d’un luxe et d’une l’élégance. Inspiré par les écrits de Stefan Sweig, dont Jude Law incarne l’alter ego, il ressuscite avec une énergie surprenante tout un héritage de cinéma que l’on réserve d’habitude au ciné-club. Un cinéma bouillonnant d’énergie qui palpitait encore de ses racines du muet. Tout en format 4/3, le jeu des références prend ici une saveur aussi délicate que savoureuse. Ernst Lubitsch, Frank Capra et Les Marx Brothers ne sont jamais loin, surtout lorsque l’intrigue se pique d’une folle évasion que Charlie Chaplin n’aurait pas renié. Jouant du montage d’illustrations, parfois animé, la mise en image est aussi une magnifique référence aux génies des studios tchèques tels que Karel Zeman.

Les premiers à savoir la liberté qu’offre un exercice de style aussi raffiné, aussi personnel, ce sont les acteurs qui se joignent à la fête avec une gourmandise évidente, quand bien même l’apparition serait anecdotique. Les acteurs de renoms sont si nombreux dans la distribution que leur portrait en costume qu’ils suffisent à remplir entièrement l’affiche du film. Le vrai luxe est là. Disposant d’une réunion d’acteurs que tout Hollywood lui envierait, Wes Anderson en use avec raison et tendresse, soignant le plus petit accessoire de son histoire. Si Anderson retrouve sa famille fidèle – impeccable Edward Norton, Génialissime Willem Dafoe, indispensable Bill Murray, hallucinante Tilda Swinton…-, on compte des nouveaux venus qui brillent par leur excellence, tel F. Murray Abraham en conteur de luxe, un étrange Mathieu Amalric, la piquante Saoirse Ronan, et surtout Ralph Fiennes. Rarement sollicité pour le registre de la comédie, il compose un Monsieur Gustave amateur de vieilles dames argentées absolument formidable, trimballant sa classe des suites de luxe aux tréfonds des prisons les plus sombres. Face à cette débâcle d’étoiles, il faut saluer la performance du seul inconnu du casting, Tony Revolori, tout jeune acteur sud-américain qui s’en tire fort bien dans le rôle de Zero jeune. Raffiné et délirant, riche de références, libre et pétillant, le nouveau Wes Anderson nous emmène pour un formidable voyage dans la nostalgie. On se régale de bout en bout.

Informations supplémentaires et l’avis La splendeur de Anderson du Margouillat

Grand_Budapest_HotelL’avis du Margouillat : On reconnaît les plus grands au fait que lorsque l’on attend beaucoup d’eux, ils parviennent encore à nous surprendre. Ce Grand Hotel de Wes Anderson est aussi drôle que succulent. Une perle du plus pur Anderson.

Site

 

 

 

 

 

 


watchingmachine

 
watchingmachine
Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.