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The Humbling

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 8 avril 2015
 
Réalisateur: Barry Levinson
 
Acteur: Al Pacino, Greta Gerwig, Nina Arianda, Charles Grodin...
 
Nationalité: Américain, Italien
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.5
6.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Al Pacino. Faut-il en dire plus?

C'est un peu faible...


La performance et le thème sont un peu plombés par une intrigue pas très légère...


0
Posté le 7 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

Soudain abandonné par son talent, un célèbre acteur de théâtre saute de la scène. Récupérant de son étrange suicide, il s’abandonne à une retraite d’où une toute jeune femme va le déloger… Un acteur qui s’interroge sur son talent est une question qui prend de l’envergure quand Al Pacino pose la question. Un portrait de vieillesse qui dénote, amuse, jusqu’à en faire parfois un peu trop. Mais voilà, Pacino en scène, ça ne se refuse pas…

S

imon Axler se prend une énorme, une monumentale déprime. Comédien de théâtre réputé, le voilà soudain privé de ce feu qui alimentait sa passion des grands textes. Le choc est si fort qu’il se jette de la scène en pleine représentation. Entre groupe de parole et retraite, Axler en est à envisager les options qui lui restent, loin de la scène, quand la fille de vieux amis s’invite dans sa grande maison… Al Pacino et Barry Levinson n’ont plus grand-chose à prouver à personne. Aussi, lorsqu’ils se croisent, ils aiment se mettre un peu en danger. Lors de leur précédente rencontre, c’était à l’occasion d’un fort bon téléfilm pour la chaîne HBO, You don’t know Jack, qui abordait de front l’épineux problème de l’euthanasie. Cette fois, le duo se retrouve pour adapter une nouvelle de Philip Roth, et pas forcément l’une des plus appréciées. Mais à a sa lecture, Al Pacino a reconnu l’une de ses angoisses : le caractère volatile du talent s’imposant avec l’âge, et l’éventualité terrible que ce don pourrait du jour au lendemain disparaître. C’est donc dans un « film indépendant » que les deux stars se sont investies : petit budget, condition de tournage plutôt intime, une partie se déroulant dans la maison même de Barry Levinson, le tout bouclé en 20 jours… La comparaison avec le récemment Oscarisé Birdman est inévitable. Mais pas nécessaire. Car si les thèmes se rapprochent, l’exécution est très différente. Birdman nous plongeait dans le chaos d’un homme, The Humbling l’interprète. Et comme la partition est entre les mains d’un géant, l’attente est énorme. Une promesse qui est aussi un risque : que le film tourne au one man show stérile. Raconter une histoire ou se raconter, telle est la question mon cher Shakespeare !

Alors, Al Pacino cabotine-t-il pour lui-même ? Ou s’adonne-t-il à une performance dont il a le secret ? On en jugera suivant que l’on appréciera l’angle choisi. Car pour exploiter un thème pas forcément joyeux, que nous résumerons par la vieillesse, The Humble choisit la légèreté de la comédie. Un domaine dans lequel Al Pacino s’installe avec gourmandise. En rajoutant sur son âge, s’amusant avec perversion des humiliations, il arrive parfois à la frontière du slapstick. La scène dans la salle d’attente du vétérinaire n’a pas fini d’être citée en exemple. Une quête de la comédie qui peut parfois s’avérer encombrante, tirant le personnage vers la caricature trop grossière. Comme cette relation impromptue, et maladroitement provocante, avec une lesbienne trop jeune. Une rencontre amusante parce qu’entraînant des situations insensées, mais un poil « too much ». En dépit de la belle complicité entre Al Pacino et la talentueuse Greta Gerwig. Heureusement, la star en retraite attire des cinglés, comme l’épatante Nina Arianda ou Kyra Sedgwick, qui viennent habiter un cadre parfois un peu vide. The Humbling possède de fait deux atouts. Le premier tient à Barry Levinson, qui évoque les raisons du mal qui nargue notre héros mais, à l’exception de la scène du spermographe, maintient le doute et nous épargne tout exposé médical. L’autre atout, bien sûr, c’est Al Pacino lui-même. Qui à chaque fois que l’exercice de solitude peut devenir redondant, nous rappelle avec une force surprenante son talent bien vivant. Plus son personnage périclite dans l’histoire, plus son jeu s’intensifie. Tempéré par la caméra complice de Barry Levinson, l’acteur accomplit un grand écart tout de même fascinant. Entre le vieillard affalé dans le canapé, incapable de se redresser, et ce comédien concentré qui s’apprête à enter sur scène, le personnage perd ou gagne dix ans à volonté. Un exercice de style sûrement un peu théâtral, manquant de finesse peut-être, mais taillé sur mesure pour Al Pacino et son amour inconditionnel des planches. Impossible de rester insensible à cette scène finale qui joue avec nos certitudes jusqu’au bout…

Informations supplémentaires et l’avis du margouillat

humblingAffiche
L’avis du margouillat : 
C’est vrai, l’histoire d’amour du vieil acteur qui perd ses moyens avec la jeune lesbienne n’est pas de la plus grande finesse. Mais c’est l’occasion pour Al Pacino de faire un pied de nez à la vieillesse, taquinant le drame pour mieux oser en rire. Al Pacino s’amuse et il ne faut pas faire trop d’effort pour en profiter aussi…

Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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