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The Major

 
The Major Affiche
The Major Affiche
The Major Affiche

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Youri Bykov
 
Acteur: Denis Shevod, Irina Nizina, Youri Bykov, Ilya Issaïev…
 
Nationalité: Russe
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Efficace et soutenu par des acteurs impeccables, ce polar noir bouscule quelques certitudes…

C'est un peu faible...


Quelques longueurs


Posté le 5 novembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Il fait rarement la Une, mais le cinéma indépendant russe existe. Inspiré par Sidney Lumet et le polar des seventies, celui de Youri Bykov est aussi prenant qu’humain, aussi captivant que profond. Une belle baffe.

T

rop pressé de rejoindre sa femme à la maternité, un capitaine de police renverse un enfant. Sous le choc, il appelle ses collègues à l’aide, et va devoir choisir entre affronter ses responsabilités ou laisser un système l’en débarrasser… Avec des pointures comme Bekmantetov, le cinéma russe a su se faire remarquer par des productions à gros budgets. Il est nettement plus rare de découvrir un cinéma indépendant dont on soupçonne à peine l’existence. On peut le regretter vivement lorsque l’on découvre The Major. Intense, captivant, d’une pertinence sociale évidente, rigoureux dans son rythme comme son développement, c’est une révélation. À la fois scénariste, réalisateur, monteur et compositeur, c’est le second film de Youri Bykov, acteur au Théâtre d’Art de Moscou Tchekov. Un acteur qui incarne aussi l’un des rôles les plus délicats de la distribution: Korshunov, le collègue fidèle de Sobolev, l’instrument du système et d’un destin implacable. Désenchanté et brillant, l’impossible chemin de Sobolev vers une rédemption compromise illustre toute une défiance vis-à-vis d’un système en place, mais sans jamais départir ses personnages d’une humanité sincère. Dans le premier rôle, Denis Shevod est formidable. Illustrant comment un mauvais choix peut ensuite tout détruire, les consciences comme les vies, The Major est une mécanique du drame et du suspens parfaitement dosée. Bykov peut revendiquer ses influences: le cinéma américain des années 70, en tête duquel Sidney Lumet, le western de la fin des années 60, mais aussi Un Prophète de Jacques Audiard, qu’il considère à juste titre comme leur héritier, et des films russes qui nous sont hélas inconnus, signés Paniflov ou Balayan, cités par le réalisateur pour avoir su en leur temps contourner la censure.

Lucide, implacable, soutenu par des comédiens formidables, The Major bouscule, prend aux tripes dès les premières images.

Âpre, intense, noire et juste, l’intrigue de The Major dépeint la société russe sous un jour terrible, et on peut s’étonner que pareil portrait de la compromission de l’administration nous parvienne. Le réalisateur s’en explique par la définition russe de la censure.  » La censure en Russie, c’est l’indifférence. Personne ne vous interdit de crier haut et fort que la société va mal, car personne ne vous écoute… Un film comme The Major ne rencontrera jamais un public suffisamment large pour provoquer un réveil des consciences… La majorité de la population pense avant tout à survivre au quotidien et à se distraire lorsqu’ils ont éventuellement du temps libre. On s’assure en Russie que le peuple réfléchisse de moins en moins et pose peu de questions. La télévision, le cinéma et internet participent tous à ce mouvement.. » Lucide, implacable, soutenu par des comédiens formidables, The Major bouscule, prend aux tripes dès les premières images, parvenant à saisir une réalité russe et en même temps à évoquer des thèmes de conscience universels. Salué par tous pour sa qualité, il est bien dommage que le film soit parti de Cannes sans la moindre reconnaissance officielle. Il le méritait pourtant. Il serait urgent que justice lui soit rendue en salle.

Informations supplémentaires et l’avis Un peu Mouette du Margouillat

The MajorL’avis du Margouillat : Du cinoche puissant, passionnant, profond et subversif made in Russie? Cela peut surprendre, mais ça existe, The Major en est la preuve.

 

 

 

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...