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The Strangers

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 6 juiillet 2016
 
Réalisateur: Na Hong-jin
 
Acteur: Kwak Do-Won, Hwang Jeong-min, Chun Woo-hee, Jun Kunimura
 
Nationalité: Sud-Coréen
 
Genre: ,
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.3
8.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Le trouble entre thriller sanglant et horreur surnaturel est entretenu avec une maitrise qui file le frisson. Hypnotique.

C'est un peu faible...


Trop court ? Non, même pas. Un flip mystique de 2h30, c'est déjà très balèze...


0
Posté le 24 septembre 2016 par

 
Chronique
 
 

strangersAffiche

D

ès son premier film, The Chaser, Na Hong-Jin nous a cloués à notre fauteuil, imprimant dans notre mémoire des plages entières d’une tension totale, jouant avec nos nerfs, notre dégout, notre voyeurisme aussi, et s’élevant parmi les talents les plus prometteurs d’un cinéma sud-coréen qui ne cesse de nous éblouir. Avec l’excellent The Murderer, il prouvait que The Chaser n’avait rien d’un hasard. Autant dire que son troisième film était très attendu. D’autant qu’il annonçait la couleur : son sens du thriller noir et viscéral se nourrirait cette fois de fantastique et d’horreur ! Dans sa quête perverse, sa maîtrise glaçante du suspens, Na Hong-Jin creuse son sillon jusqu’aux idoles du mal et de la peur. Mais son fantastique n’a rien à voir avec un commerce de genre qui a si facilement tendance à se contenter de ses clichés. L’intention du réalisateur est à lire dans le jeu d’acteurs au naturel déconcertant. Ces héros bancals incarnent parfaitement de sympathiques incompétents, incapables de faire face aux évènements qui leur tombe dessus. Jouant avec l’intimité de ses personnages, The Strangers nous prive de ce qui d’ordinaire jalonne le chemin vers le frisson. Dilués dans un quotidien sans éclat, les symptômes de contagion et les cauchemars alimentent l’angoisse dont l’intensité se nourrit de cadavres en pagaille, d’assassins envoûtés et de soupçons. Car si la dimension mystique vient vite se mêler au sort des victimes, notre antihéros reste lui boulonné à son bon sens. C’est la grande force de The Strangers, peut-être plus encore présente que dans les deux précédentes merveilles de Na Hong Jin. Loin de se perdre au profit du fantastique, son horreur dépouillée et fébrile a toujours un sens, une interprétation qui ramène à l’humain, à nos angoisses universelles, à nos peurs contemporaines. Et même si le film assume les choix de son réalisateur, l’horreur surnaturelle de The Strangers conserve toujours sa couleur rouge sang de thriller, la rudesse d’une peinture sociale à l’acide dont personne ne sort indemne. Avec ses 2 h 30 de trouble et d’angoisse à couper au couteau, Na Hong-Jin approfondie le portrait de sa comédie humaine bien personnelle. Une fantasmagorie terrifiante qui, si elle est réservée à un public prévenu, est absolument indispensable.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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