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Under the skin

 
Undertheskin
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Fiche Technique
 

Millésime: 27 juin 2014
 
Réalisateur: Jonathan Glazer
 
Acteur: Scarlett Johansson, Jeremy McWilliams, Lynsey Taylor Mackay, Dougie McConnell…
 
Nationalité: Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Porté par une Scarlett Johansson fascinante, Glazer nous hypnotise.

C'est un peu faible...


Les esprits cartésiens et les amateurs d’histoires transparentes vont souffrir


0
Posté le 27 juin 2014 par

 
Chronique
 
 

En jouant avec les conventions de la science-fiction, Jonathan Glazer nous piège dans cette tragédie silencieuse, une fuite désespérée qui nous échappe autant qu’elle nous fascine.

Une extra-terrestre arpente les routes d’Écosse, séduit des hommes et les attire dans son piège mortel. Inflexible et cruelle, elle va pourtant perdre ce détachement… Il y a ceux qui répètent les codes, chérissent les références, cultivent les héritages. Et puis il y a ceux qui s’emploient à trouver d’autres chemins vers des émotions plus intimes. D’autres façons de raconter pour inviter le spectateur à ne plus être un complice passif, mais à prendre parti dans l’intrigue. La démarche est audacieuse et dangereuse, mais lorsqu’elle atteint son but, elle peut être d’une force qui vous laisse désemparé, privé de certitude. Sinon celle d’avoir vécu une expérience forte, privilégiée. Un voyage qui vous a emporté sans que vous ne puissiez jamais le percer à jour, en deviner les détours. Après deux films cultivant le décalage de genre, le fantastique avec Birth et le polar avec Sexy Beast, Jonathan Glazer atteint cet équilibre. Under the Skin est de ces films qui nous échappent autant qu’ils nous hantent, et ne se contentent pas de la catégorie dans laquelle les besogneux chroniqueurs s’efforcent de les caser. Adaptant le roman de Michel Faber, les précisions apportées par le réalisateur n’apporteront que peu au spectateur égaré. Comme inspiration, il ne cite pas de films de science fiction mais… La grande Illusion de Jean Renoir, pour avoir su évoquer la notion d’emprisonnement. Poisseux, fascinant, rebutant, la routine mortelle de ce prédateur extraterrestre nous fait sombrer dans la terrible solitude d’une créature qui n’est qu’un instrument funeste, dont le corps n’est qu’un appât. Lorsque, à force de victimes, sa froide indifférence est érodée par le doute des sentiments, elle nous entraine dans une autre errance, pleine de peur et d’incertitude.

Alternant scènes au graphisme très soigné et prises de vue volées, puisque la plupart des hommes abordés étaient des passants filmés en caméra cachée, Under the skin apparait comme un piège à même de maintenir nos sens en alerte. Lumière, photo, son et musique forgent un univers fascinant, laissant toujours pointer l’inquiétant sous le triste quotidien, et nous laissant dans l’attente. Parce qu’il ne répond jamais aux questions qui s’accumulent et nous prive du confort classique d’un récit linéaire, il nous contraint à rester au plus prêt de son personnage principal, Laura. C’est de l’aveu du réalisateur le seul objectif de son film : comprendre ce qu’elle ressent à toutes les étapes de son histoire. Et la prestation irréprochable de Scarlett Johansson est un atout majeur dans ce jeu des apparences et des attitudes, de la plus implacable distance à la détresse totale. Elle donne à certaines scènes une épaisseur étonnante, bouleversante à force de se dévoiler. À chacun dès lors de donner son interprétation de cette fuite désespérée. Dans une terrible solitude, voilà un être interchangeable, anonyme, privé de sentiment et de but, dont l’apparence n’est qu’un mensonge, un instrument qui sacrifie au hasard pour le compte d’une autorité supérieure. Miroir dérangeant ou sombre parabole, Under the Skin vous interroge longtemps après le mot fin.

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

undertheskinL’avis du Margouillat : Le film a de quoi dérouter tant son prétexte fantastique s’efface vite devant une démarche beaucoup plus personnelle. À force d’images fortes et grâce à l’interprétation remarquable de Scarlett Johansson, le spectateur se laisse gagner par une emprise inquiétante et fascinante. Un ovni.

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Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.


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